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Sylvie Fleury, Gucci Handcuffs, 2001-2002
Métal plaqué or • 23 x 9 cm • Courtesy galerie Thaddaeus Ropac, Paris, Londres, Salzbourg © Sylvie Fleury
Lingot d’or chinois, Lingot d’or chinois, épave du Prince de Conty, 1746
Le lingot comptable
Revenant d’un voyage de Chine, le navire Prince de Conty s’est abîmé le 3 décembre 1746 au large de Belle‑Île, avec dans ses entrailles des porcelaines de Chine, du thé, des soieries, du bois rouge et des lingots d’or, dont cet exemplaire retrouvé en 1985 avec deux autres. Son poids oscille entre 368 et 375 grammes, soit dix taels, monnaie de compte chinoise. « Au centre, inscrits dans une double gourde, symbole de longévité, les signes JANG‑JI associent le principe de l’éternité et la notion d’un enregistrement comptable à vocation financiere », écrivent Florence Richez et Michel L’Hour, du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous‑marines. S. P.
Or • 8 × 2,5 × 1,4 cm ; 368 g • Coll. Departement des recherches archéologiques subaquatiques et sous‑marines, Marseille • © Mucem/Yves Inchierman.
Franck Scurti, Empty Worlds (sous-titre : Série B), 2009
Un commerce entravé
Alors que les jarres antiques sont toutes identiques, retrouvées par centaines ou par milliers dans les cales des épaves au fond des mers, Franck Scurti les façonne ici toutes différentes, imprimant dans la terre encore molle l’écrasement de ceintures qui entravent l’épanouissement d’un commerce mythique de jarres emplies d’or. S. P.
Terre cuite, or et cuir ; réalisée pour l’exposition Franck Scurti au Musée Picasso, Vallauris, 2011 • 29 céramiques, dimensions variables, H. max. 75 cm • Coll. Centre national des arts plastiques, Paris. Dépôt du Cnap au musée d’Art moderne et contemporain de la Ville de Strasbourg • © Adagp, Paris, 2018/CNAP/Franck Scurti.
Gilles Barbier, The Treasure Room (Fourth Stomach), 2012
Le trésor dans toute sa splendeur
Gilles Barbier résume dans cette image tous les fantasmes que l’idée même de trésor suscite dans l’imaginaire collectif et que l’on retrouve dans les contes : un amoncellement de monnaies, de pierres précieuses, de bijoux, de lingots… qu’une vie ne suffirait pas à détailler. La seule jouissance envisageable ici est celle de la possession égoïste soustraite à la vue de tous, enfermée par une cupidité maladive. S. P.
Encre et gouache sur papier • 4 panneaux de 144,2 x 254,3 cm chacun • Coll. particulière, Paris • Courtesy galerie GP & N Vallois, Paris/ Photo Jean-Christophe Lett © Adagp, Paris 2018
Piero Manzoni, Merde d’artiste n°31, Mai 1961
Quand l’or fait le faux et le faux l’or
À quel niveau d’enchères Piero Manzoni rêvait-il d’élever sa propre production fécale ? Dûment scellée dans une boîte de conserve, elle était supposée valoir de l’or par sa seule signature. D’une telle marque il fallait à l’inverse faire disparaître toute trace de la tiare de Saïtapharnès. Le faussaire qui en fut l’artisan virtuose, Israël Rouchomowsky, dut en effet s’effacer tout entier au profit du seul éclat de l’or, garant trompeur de la prétendue authenticité de ce bonnet royal imaginé de toutes pièces. P.J.
À droite : Israël Rouchomowsky, Tiare de Saïtapharnès Odessa, fin du XIXe siècle, Or, D. 18 cm ; H. 17,5 cm ; 443 g. Coll. musée du Louvre, Paris. © RMN-GP (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski.
Métal, papier • 5 x 6,5 cm • Coll. Centre Pompidou – Musée National d'Art Moderne/Centre de Création Industrielle, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN_GP/Philippe Migeat/Adagp Paris 2018.
Bonnet, Tchécoslovaquie, seconde moitié du XIXe- première moitié du XXe siècle
Scintiller de mille feux
La procession fait l’éclat de l’or… le temps de celle-ci. Un éclat partagé avec celui ou celle qui en est paré. Ces coiffes évoquent un moment privilégié, dont le Mucem conserve une mémoire riche en témoins, celui de leur port initial, à l’occasion du mariage. Attachées aux jeunes filles en noces, elles les accompagnaient ensuite tout au long de la vie et de ses événements, privés, publics ou sacrés, justifiant qu’on les fabriquât avec du fil d’or, à l’image de l’entrelacs de notre existence. P. J.
À droite : Costume de torero [détail] ; Séville (Espagne), XXe siècle, Tissu brodé, paillettes, fil métallique, 73,5 × 49 cm. Coll. Mucem, Marseille
Fil d’or, soie, carton, tulle, toile de coton, paillettes • 43,5 x 25 x 22 cm • Coll. Mucem, Marseille • © Mucem/Yves Inchierman.
Or
Du 25 avril 2018 au 10 septembre 2018
Mucem - Musée des Civilisations et de la Méditerranée • 1 Esplanade J4 • 13002 Marseille
www.mucem.org
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L’aliénation des esprits
Décalage et ironie sont les maîtres mots de Sylvie Fleury dont le terrain de jeu est la critique des excès de la consommation et la vulgarité qui en découle. L’obsession de l’or ou celle des marques de luxe relève de la même aliénation, comme elle l’illustre ici avec ces menottes siglées Gucci plaquées or. S. P.