Article proposé par Exponaute

Les archéologues au travail sur l’île de Lindisfarne © Northumberland County Council, 2017
Les passionnés d’histoire anglaise ont forcément déjà entendu parler de l’île de Lindisfarne, à l’extrême nord de l’Angleterre, sur la côte de la Northumbrie. Accessible uniquement à marée basse via une voie submersible, cette langue de terre abrite le célèbre monastère de Lindisfarne, ainsi que les ruines d’un château du XVIe siècle. Du fait de son riche passé, le site est régulièrement fouillé par des équipes de scientifiques. Et justement, l’une d’entre elles vient de faire une découverte absolument surprenante…
Des archéologues ont en effet retrouvé les ruines de ce qui serait un des plus anciens complexes religieux d’Angleterre. La trouvaille, faite sur l’île de Lindisfarne, est d’une importance historique capitale, car l’église (dont il ne reste aujourd’hui que les fondations) aurait été bâtie vers la fin du VIIe siècle après Jésus-Christ, c’est-à-dire à l’époque où les îles britanniques ont commencé à être christianisées.
Si les fouilles n’en sont encore qu’à leurs débuts, les archéologues caressent beaucoup d’espoirs quant à cette trouvaille, l’église ayant probablement été un site clé dans la vie spirituelle de Lindisfarne aux VIIe et VIIIe siècles, époque à laquelle ont été exécutés les fameux Évangiles de Lindisfarne, aujourd’hui conservés à la British Library. Le lieu de culte serait donc contemporain du moine irlandais Saint Aidan, missionnaire chrétien connu pour avoir imposé le christianisme en Northumbrie.

Les fondations de l’ancienne église © Diocèse de Newcastle, 2017
Mais ce qui surprend le plus les scientifiques, c’est bien la zone géographique où a été bâtie l’ancienne église. Les moines ont en effet choisi de s’établir sur un promontoire rocheux fortement exposé aux vents et aux intempéries, symbole évident de la forte volonté chrétienne de se répandre en Angleterre. L’église devait faire face au palais du roi chrétien Saint Oswald de Northumbrie, également situé sur cette île située à quelques encablures de la frontière écossaise.
À l’heure actuelle, les chercheurs ont exhumé de nombreuses pièces de maçonnerie, comme des encadrements de fenêtres en pierre, de forme grossière, mais aussi et surtout, les restes de l’autel de l’église. Son emplacement, à l’ouest du lieu de culte (au lieu d’être placé contre le mur est du bâtiment), renforce la conviction des scientifiques que l’édifice remonte bien à la fin du VIIe siècle de notre ère.

Le château de Lindisfarne, au nord de l’Angleterre © Wikimedia Commons
Enfin, l’édifice a été élevé à l’aide de grès de couleur claire, permettant à l’église de capter la lumière du soleil et le rendant ainsi parfaitement visible depuis une longue distance. Les murs blancs du lieu de culte, perchés ainsi sur leur éperon rocheux face à la mer, devaient attirer regards et fidèles.
La découverte archéologique est particulièrement importante pour la connaissance de l’histoire religieuse de l’Angleterre. En effet, avant la fin du VIIe siècle après Jésus-Christ, les églises étaient principalement construites en bois, ce qui explique que nous n’ayons retrouvé que très peu de traces de cette période.
Le bois se conservant évidemment bien moins que la roche, les ruines remontant à cette période de l’histoire sont rares, voire inexistantes. En attendant, les fouilles n’en sont encore qu’à leur début. L’équipe d’archéologues, issue de l’Université de Newcastle et chapeautée par le chercheur Richard Carlton, espère bien faire de nouvelles découvertes dans les semaines à venir…
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