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L’œuvre qui a changé ma vie 

Arielle Dombasle : « Cette sculpture fut mon premier grand frisson »

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Publié le , mis à jour le
Chaque mois, une personnalité nous raconte sa rencontre décisive avec une œuvre d’art. En ce début d’été, nous avons posé la question à Arielle Dombasle, voix alliée de Nicolas Ker sur Empire, un album foudroyant et déjà disponible. Chanteuse aussi à l’aise dans le lyrique que le mambo ou l’électro, également réalisatrice et actrice, la palette artistique d’Arielle Dombasle est aussi riche que ses références visuelles. Un musée imaginaire où le mystère sert de guide…
Arielle Dombasle
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Arielle Dombasle, 2020

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© Charlélie Marangé

« Je suis née entourée de dieux, le dieu du maïs, celui des enfers, et Tlaloc, dieu de la pluie qui habitait ma chambre d’enfant. Au Mexique, où j’ai grandi, mon père grand collectionneur d’art précolombien en disposait dans chaque pièce de la maison. Ils s’articulaient sur des socles en pierre sacrificielle, sous des éclairages savants baignant ma chambre d’une lueur dans la nuit. Ces divinités se répondaient les unes aux autres dans la logique malrucienne d’un musée imaginaire, en miroirs d’obsidiennes : des dieux féroces, jaguars et autres serpents à plumes, des masques olmèques grimaçants et menaçants, d’une beauté sauvage sans appel.

Plus tard, ma grand-mère, Marat Garreau Dombasle – mon grand modèle, une poétesse, l’épistolière la plus délicate du monde – m’a initiée, dans mes voyages européens, aux joies de la découverte des cloîtres, des abbayes, des cathédrales et grands musées du monde. Avec elle, je découvrais à Florence les Offices, à Venise, l’Accademia, l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, mais aussi les coursives du Louvre, Versailles, le musée Guimet, me forçant un peu, je l’avoue, à admirer tableaux, retables et sculptures à l’infini… Je me pliais ainsi à l’apprentissage du beau sous l’égide de mon guide absolu Man’ha.

Et puis, un jour, je me souviens c’était en Italie, je devais avoir 14 ans quand soudain, aux thermes de Caracalla, je découvrais saisie de stupeur L’Hermaphrodite endormi. Ce fut mon premier grand frisson. Tout en courbes, en marbre et abandonné, la nuque reposant sur un bras replié, L’Hermaphrodite endormi cultive l’art absolu de l’ambiguïté, une volupté innocente, une grâce toute en songe vêtue. Cet hermaphrodite me marqua à tout jamais par sa beauté étrange, son infini mystère. Une révélation. La beauté est toujours étrange. »

Hermaphrodite endormi, IIe siècle avant J.-C. (copie d'un original grec du IIe siècle avant J.-C.)

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marbre • 37 × 56 × 150 cm • Coll. museo Nazionale-Palazzo Massimo alle Terme, Rome • © Susana Guzman / Alamy Stock Photo / hémis

Hermaphrodite endormi, IIe siècle avant J.-C. (copie d'un original grec du IIe siècle avant J.-C.)

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marbre • 37 × 56 × 150 cm • Coll. museo Nazionale-Palazzo Massimo alle Terme, Rome • © Adam Eastland / Alamy Stock Photo / hémis

Arielle Dombasle et Nicolas Ker, L’album “Empire”, 2020

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Album "Empire" (Barclay-Mercury)

Par Arielle Dombasle & Nicolas Ker

Album déjà disponible.

En concert à la Maroquinerie, le 17 septembre 2020.

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À voir :

Nicolas Ker & Arielle Dombasle, "Le Chant des sirènes"

Clip réalisé par Arielle Dombasle

Universal Music Division Barclay

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À faire :

Pick up the plastic ! Cet été, où que vous soyez, faites un geste, ramassez le plastique et postez votre geste. #jesauveunesirene

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