L’Institut du monde arabe photographié au moment de la Nuit Blanche, 2017
Photo Bertrand Gardel / © Hemis.fr
L’Institut du monde arabe s’est senti obligé de réagir. Après l’attaque violente du Hamas en Israël, qui aurait fait à ce jour plus de 1 200 morts côté israélien (dont de nombreux civils massacrés au sol par des infiltrés, ou victimes de tirs de roquettes), et plus de 1 000 chez les Palestiniens de Gaza suite à la contre-offensive, l’institution parisienne a décidé d’annuler les concerts, conférences et autres événements culturels organisés dans le cadre de sa saison « Palestine », en cours depuis juin. Une manifestation très politique, puisqu’elle marque le 75e anniversaire de la Nakba (« catastrophe » en arabe) – une expression utilisée pour désigner l’exil des Palestiniens suite à la création de l’État d’Israël en 1948.
« Au regard des tragiques événements actuels, l’Institut du monde arabe est conduit à reporter à une date ultérieure les événements programmés du 12 au 15 octobre dans le cadre de ‘Ce que la Palestine apporte au monde’. Nous vous remercions pour votre compréhension. Les places achetées en ligne vous seront remboursées automatiquement », peut-on lire sur la page d’accueil du site web officiel de l’IMA, qui précise que les trois expositions du programme demeurent quant à elles ouvertes jusqu’au 19 novembre.
Ce que la Palestine apporte au monde, 2023
Livre de la collection Araborama créée par l’IMA • © Seuil
Reconnu par 70 % des États membres de l’ONU, l’État de Palestine, dont les frontières sont celles de la Cisjordanie (gouvernée partiellement depuis 1994 par l’Autorité palestinienne) et de la bande de Gaza (depuis 2007 sous contrôle du Hamas, mouvement islamiste antisioniste responsable des attaques) est toujours un sujet brûlant. Mais les événements qui se déroulent depuis le 7 octobre complexifient nettement la situation.
Respect pour les victimes, crainte sécuritaire : quelle que soit la principale raison de la décision de l’IMA, cette dernière est historique de la part de cette institution financée par la Ligue arabe, dont est membre la Palestine, et qui se présente comme « la seule au monde à accorder une telle importance à la scène culturelle et artistique palestinienne ». Preuve de cette implication, le commissaire général de la saison culturelle en question n’est autre qu’Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l’UNESCO. Celui-ci devait justement participer ce 12 octobre à l’IMA à un débat sur la Nakba. Rendez-vous désormais annulé.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique