Reportage

Au Louvre, les secrets de tournage de « L’Art du crime », série aux 5 millions de téléspectateurs

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Publié le , mis à jour le
Avis aux aficionados : la série L’Art du crime revient ce lundi 3 février sur France 2 ! Avec deux épisodes inédits, dont l’un a été en partie tourné au musée du Louvre, dans les salles consacrées aux peintures de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Nous nous sommes glissés sur son tournage, en mai dernier. L’occasion de décrypter les raisons d’un succès hors du commun, aux cinq millions de téléspectateurs.
“L’Art du crime”. Nicolas Gob et Éléonore Bernheim dans l’épisode “La Nouvelle Olympia” de la saison 6
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“L’Art du crime”. Nicolas Gob et Éléonore Bernheim dans l’épisode “La Nouvelle Olympia” de la saison 6

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© Serena Porcher-Carli - Gaumont - FTV

Le mardi, le musée du Louvre est fermé aux visiteurs… Mais ses salles sont loin d’être vides. Au contraire : en ce 14 mai pluvieux, le musée nous apparaît comme une ruche joyeuse – quoique concentrée. En cause ? Le tournage d’un nouvel épisode de L’Art du crime, série à succès produite par Gaumont et diffusée sur France 2 depuis 2017. « Nous accueillons entre 400 et 500 tournages par an », nous indique d’emblée avec un grand sourire Nanxi Cheng, responsable du développement des fictions au musée. « Sont produits des documentaires, des reportages, des contenus pour les réseaux sociaux, des publicités, et des fictions. »

Ce jour-là, donc, c’est au tour de l’équipe de L’Art du crime d’investir les lieux. Elle les connaît bien, puisque la série met en scène des enquêtes criminelles imprégnées d’art, menées par un policier, Antoine Verlay (interprété par Nicolas Gob), et une sémillante historienne de l’art du Louvre, Florence Chassagne (Éléonore Bernheim) – la question qui taraude le cœur des spectateurs étant : vont-ils un jour se mettre en couple ?

L’Art du crime, saison 8 au château de Chantilly avec Éléonore Bernheim et Nicolas Gob
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L’Art du crime, saison 8 au château de Chantilly avec Éléonore Bernheim et Nicolas Gob, 2024

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© Jean-Philippe Baltel / FTV / Gaumont

En attendant, pour ce 24e épisode (diffusé ce lundi 10 février), c’est sur une œuvre de Jean-Auguste-Dominique Ingres que plane l’ombre d’un meurtre… Alors qu’Éléonore Bernheim attire l’attention de Nicolas Gob sur un détail (« Qu’est-ce que vous voyez là, sur le cadre ? »), nous nous éclipsons pour discuter avec le duo de scénaristes à l’origine de la série.

En prime time, un créneau réticent aux contenus culturels

« Il nous est arrivé de trouver des réponses dans des ouvrages ultra spécialisés. Les premiers enquêteurs, c’est nous ! »

Angèle Herry-Leclerc

« Initialement, nous avions reçu une demande de Gaumont, qui voulait créer une série plutôt patrimoniale, mettant en valeur les monuments régionaux », se souviennent Angèle Herry-Leclerc et Pierre-Yves Mora. « On leur a proposé un concept avec une historienne de l’art » – plutôt « novateur » donc, puisque la série doit être diffusée en prime time sur France 2, un créneau traditionnellement réticent aux contenus culturels, « considérés comme rébarbatifs ». Mais il y a le personnage joué par Nicolas Gob, « ce flic qui n’y connaît rien », lequel permet à l’historienne d’aborder avec pédagogie les dessous des chefs-d’œuvre, quitte à faire quelques raccourcis pour se faire comprendre de son acolyte réfractaire… « Ce dispositif permet de rendre le propos accessible au grand public. »

« On a découvert que les historiens d’art sont de véritables enquêteurs, qui font des recherches sur de tout petits détails… Il y a là une très bonne matière à polar. »

L’enjeu est ici de mettre l’art au cœur de chaque intrigue (« en contrebande », sourit Pierre-Yves Mora), en faisant d’œuvres emblématiques – telles que le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, le Triptyque du vagabond de Jérôme Bosch ou encore la Petite Danseuse de quatorze ans d’Edgar Degas – des pièces à conviction truffées d’indices. Une idée pas si insolite, selon Angèle Herry-Leclerc : « On a découvert que les historiens d’art sont de véritables enquêteurs, qui font des recherches sur de tout petits détails… Il y a là une très bonne matière à polar. »

Une collaboration avec l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels

Pour écrire leurs scénarios, ils arpentent les musées, vont au Louvre, à Orsay. « On lit, on cherche le moteur de notre histoire, et ça peut être parfois très pointu, continue la scénariste. Il nous est arrivé, par exemple pour Bosch, de trouver des réponses dans des ouvrages ultra spécialisés. Les premiers enquêteurs, c’est nous ! » Aussi, ils insistent : tout ce qui est dit dans la série est vrai. Les scénaristes travaillent ainsi directement avec la brigade de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), à laquelle appartient le personnage du policier. « La seule différence, c’est que l’OCBC ne traite pas de meurtres. »

L’art du crime, S08E01, Nicolas Gob au musée du Louvre
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L’art du crime, S08E01, Nicolas Gob au musée du Louvre, 2025

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© Jean-Philippe Baltel – Gaumont – France Télévisions

« Si ce sont Gaumont et France Télévisions qui définissent le scénario, le musée peut avoir des suggestions en amont ou en aval », complète Nanxi Cheng du Louvre. Cette dernière n’hésite donc pas à mettre en lien les scénaristes avec des conservateurs – tels que Vincent Rondot, directeur du département des Antiquités égyptiennes, qui avait été de bon conseil pour l’épisode « La malédiction d’Osiris ».

Deux jours de tournage au Louvre

Car il a lieu sur la journée hebdomadaire de fermeture, le tournage au musée du Louvre doit être vite fait et bien fait. Sur 39 jours de tournage pour deux épisodes (l’autre se déroule au château de Chantilly), seuls deux pourront être effectués au musée… Les dates de tournage sont ainsi réservées un an à l’avance ; en ce jour de mai, 103 techniciens, 15 figurants et trois comédiens sont sur place, du matin au soir. Dans les prochains jours, ils rejoindront les studios de Pantin, où sont reconstitués les bureaux du policier et de l’historienne, mais aussi le décor du Bain turc d’Ingres (1862), pour une plongée grandeur nature dans ce chef-d’œuvre entouré de mystères…

« Beaucoup de professeurs d’histoire de l’art se servent de la série dans leurs cours ! »

Les deux scénaristes le confessent au passage : « On a un petit côté prof’ tous les deux », qui explique leur envie de faire passer des connaissances par le biais d’une série populaire. Une démarche couronnée de succès : selon un récent communiqué de presse de France Télévisions, « la dernière saison a réuni en moyenne cinq millions de téléspectateurs en cumulé », ce qui en fait l’une des plus belles réussites de la chaîne. Vendue dans une soixantaine de pays, L’Art du crime séduit jusqu’aux professeurs d’histoire de l’art : « Beaucoup se servent de la série dans leurs cours ! »

L’art du crime, S08E01, Benoît Rabille en Raphaël et Éléonore Bernheim
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L’art du crime, S08E01, Benoît Rabille en Raphaël et Éléonore Bernheim, 2025

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©Jean-Philippe Baltel – Gaumont – France Télévisions

Quant aux acteurs, ils ne boudent pas leur plaisir. Attrapée dans un escalier, juste avant le dîner sous une grande tente installée dans la cour du musée, Éléonore Bernheim a conscience de l’importance de son rôle : « Il y a dans mon personnage un émerveillement intact. Je partage son engouement ! Mais quand je reçois les textes, c’est parfois un peu ardu. Je dois rendre la part historique de l’art plus accessible… Il s’agit presque de parler une seconde langue, de tout malaxer pour que ce soit plus fluide ! » Quant à Nicolas Gob, il sourit : « On s’emploie à jouer de toutes petites choses dans des endroits monumentaux, magnifiques. On y ramène de la vie par l’intime… » De quoi, effectivement, séduire les foules – et, espérons-le, leur donner envie de venir voir les toiles en vrai.

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L'Art du crime

Série diffusée sur France 2

Le lundi 3 février à 21h05 : épisode 23 “Mission Raphaël”

Le lundi 10 février à 21h05 : épisode 24 “La Deuxième Odalisque”

À voir aussi en replay sur le site france.tv

Retrouvez dans l’Encyclo : Jean-Auguste-Dominique Ingres

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