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Sculpteur célèbre de la Renaissance, Donatello (1383 ou 1386 – 1466) fut un génie solitaire. Cet élève du célèbre Lorenzo Ghiberti, sculpteur-orfèvre, avait de grandes connaissances techniques, tant pour tailler le marbre que pour manier le bronze. Donatello a doté les églises d’Italie de statues puissantes, inspirées de l’Antique mais exprimant une sensibilité nouvelle. Il apporta un supplément d’âme à la statuaire de son temps. Son approche psychologique et spirituelle des personnages lui confère une place particulière parmi les sculpteurs de la Renaissance.
Girolamo Torrini, Statue de Donatello, sur la façade de la galerie des Offices, Florence, 1800
Coll. Galerie des Offices, Florence • © Eric Vandeville / akg-images
« Donatello est, sans contredit, le plus grand des sculpteurs toscans qui précèdent Michel-Ange. » Charles Perkins
De son nom véritable Donato di Niccolò di Betto Bardi, Donatello est né près de Florence, berceau de la Renaissance italienne. Sa date de naissance est encore discutée. Il vient d’un milieu modeste, mais son éducation est prise en charge par un riche banquier qui le place chez un sculpteur sur pierre.
En 1402, Donatello entre dans l’atelier de Lorenzo Ghiberti, un artiste réputé qui lui apprend de nombreuses techniques et l’associe à des chantiers importants. Il s’essaye à l’orfèvrerie et devient l’un des apprentis les mieux rémunérés de tout l’atelier.
À partir de 1406, Donatello se voit confier de grandes commandes : deux statues de prophètes pour la cathédrale de Florence (un chantier colossal !), un David grandeur nature (qui est son chef-d’œuvre), une statue de Saint-Marc qui fera l’admiration du jeune Michel-Ange… Les années 1410 sont particulièrement intenses.
Donatello soigne le traitement des drapés, mais surtout dote ses personnages d’une grande expressivité, au travers des gestes et des regards. Dès lors, les commandes, toutes plus prestigieuses les unes que les autres, n’arrêteront pas d’affluer. Travaillant la ronde-bosse, il exécute également des bas-reliefs traités en méplats, ce qui lui permet de donner une dimension picturale aux scènes sculptées en soignant les effets de perspective.
D’après Giorgio Vasari, Donatello se rend à Rome avec son ami Filippo Brunelleschi en 1409. Tous deux admirent les ruines du Forum antique. Le sculpteur effectue un second voyage à Rome vers 1430.
Dès 1416, Donatello monte son propre atelier à Florence. Grâce à ses assistants, il peut honorer ses nombreux commanditaires. Il travaille pour Florence, mais aussi pour Sienne. Ses sculptures ont vocation à être exposées dans des contextes religieux.
En 1432, Cosme l’Ancien devient son mécène, le mettant définitivement à l’abri de tout tracas financier. Donatello continue de travailler pour d’autres cités, en particulier Padoue où il s’installe en 1443 pendant dix ans. Il conçoit une importante sculpture à la gloire du condottiere Erasmo da Narni, dit il Gattamelata, revisitant le thème de l’effigie équestre. En 1454, le sculpteur revient à Florence. Il continue de travailler sans relâche, et ses œuvres ont gagné en expressionnisme comme le montre la Madeleine Pénitente (1455).
L’artiste est mort en 1466, à l’âge de 80 ans. Ses funérailles furent un événement national. Donatello repose tout près de Cosme de Médicis, son indéfectible mécène, dans la basilique San Lorenzo.
Donatello, David, vers 1430
Bronze • 158 cm • Coll. Musée national du Bargello, Florence • © akg-images / Rabatti – Domingie
David, vers 1430
Considéré comme le premier grand bronze depuis l’Antiquité, David est le chef-d’œuvre de Donatello, réalisé à la demande de Cosme de Médicis. Elle représente le jeune héros nu, tenant l’épée de Goliath. Le combat est achevé. La grande beauté et le naturel de David ont impressionné les contemporains de l’artiste, à tel point que l’on suspecta Donatello d’avoir moulé un véritable corps. Le sculpteur transgresse le genre habituel de la nudité héroïque pour livrer une image sensuelle du héros, jouant sur son ambiguïté morale.
Donatello, Crucifixion, entre 1443 et 1454
Bronze • 46 × 28,8 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle
Crucifixion, entre 1443 et 1454
Dans l’art du bas-relief, Donatello rivalise avec les peintres. Il met en application le principe de l’Ut Pictura Poesis (la comparaison entre les arts), cher aux artistes de la Renaissance. Bien sûr, on ne peut ignorer que Donatello fut l’élève de Ghiberti, auteur des célèbres portes pour le baptistère de la cathédrale de Florence. De cette volonté de picturalité – ici, la représentation du Christ en croix accompagné de personnages sur différents plans en faible saillie –, Donatello exprime une vision moderne de la piété.
Donatello, La Madeleine pénitente, 1455
Sculpture en bois polychrome • 188 cm • Coll.Museo dell’Opera del Duomo, Florence • © Bridegman Images
La Madeleine pénitente, 1455
Commandée pour le baptistère de Florence, cette Marie Madeleine est une œuvre de maturité. Donatello maîtrisait parfaitement la représentation anatomique. Le corps de la pénitente, une vieille femme, est particulièrement décharné, émergeant comme un squelette de sa longue gaine de cheveux poisseux. L’image est fortement pathétique, ce qui explique le peu de succès qu’elle connut à Florence à la fin du XVe siècle. Madeleine incarne l’ascétisme et la vieillesse.
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