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Erwin Olaf, clown triste de la photographie, est mort à l’âge de 64 ans

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Erwin Olaf, I Wish, I Am, I Will Be
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Erwin Olaf, I Wish, I Am, I Will Be, 2009

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Autoportraits 1985 - 2015 • Photographies, 75 × 56,5 cm • © Erwin Olaf / Courtesy Galerie Rabouan Moussion, Paris

Emporté par la maladie pulmonaire contre laquelle il luttait depuis des années, le célèbre photographe néerlandais Erwin Olaf est mort à Amsterdam, à l’âge de 64 ans. Après avoir souffert d’un emphysème pulmonaire en 1996, l’artiste avait subi une transplantation pulmonaire il y a quelques semaines, opération dont il ne s’est malheureusement pas remis, a précisé sa famille sur le faire-part de décès.

Né en 1959 à Hilversum (Pays-Bas), Erwin Olaf a découvert l’art à travers la peinture flamande, qui a durablement influencé son œuvre. Militant LGBTQ+, il a un temps couvert l’actualité dans des journaux gays avant de se tourner rapidement vers la photographie d’art, de mode et publicitaire. Mêlant cabinet de curiosités, fétichisme, imaginaire merveilleux et éléments morbides, sa sombre et inquiétante série « Chessmen », proche de l’univers provocateur de Joel-Peter Witkin, lui a valu le premier prix au concours Young Photographer Awards de la FEP (Fédération européenne de la photographie) en 1988.

Erwin Olaf, Barbara, de la série Grief
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Erwin Olaf, Barbara, de la série Grief, 2007

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Photographie • 30,6 x 24 cm • © Erwin Olaf / Courtesy Galerie Rabouan Moussion, Paris

Clowns étranges, paysages brumeux, érotisme noir, l’artiste s’est fait remarquer pour son univers puissant et mystérieux, ponctué de personnages solitaires et mélancoliques, et pour ses mises en scène figées à l’éclairage léché, évoquant des tableaux anciens ou des plans cinématographiques. Son travail lui a valu de nombreuses récompenses, dont le prix Johannes Vermeer pour l’ensemble de son œuvre en 2011 et la médaille d’honneur pour l’Art et la Science de l’Ordre de la maison d’Orange, décernée par le roi des Pays-Bas Willem-Alexander en mars 2023.

Le mal qui le rongeait lui avait notamment inspiré un triptyque d’autoportraits, I Wish, I Am, I Will Be (2009) [ill. en Une], le montrant torse nu retouché tel qu’il aimerait être, puis tel qu’il est, et enfin intubé, la bouche ouverte et les yeux hagards – soit la menace pesante de son état futur. Le photographe s’était souvent mis en scène dans son travail, tantôt en clown blanc coiffé d’un chapeau pointu, déambulant seul dans un supermarché (2020), tantôt le visage enduit de goudron et de plumes (2012), ou encore de dos, en réincarnation du personnage romantique du Voyageur contemplant une mer de nuages (1818) du peintre Caspar David Friedrich, dans sa série en noir et blanc « Im Wald » (2020). Un éternel rêveur solitaire…

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