En partenariat avec La Piscine – Roubaix

La Piscine a 20 ans, 2021
© Paul Tahon
Qui a eu cette idée folle, d’un jour transformer une piscine en musée ? Dans les années 1930, la piscine municipale de Roubaix, flambant neuve, fait la fierté des habitants. Conçue comme un temple de l’hygiénisme, son architecture somptueuse – chef-d’œuvre Art déco pensé par Albert Baert –, fait autant référence à l’esprit néobyzantin qu’au plan des abbayes cisterciennes. À l’intérieur, le bassin se déploie en majesté tel la nef d’une église, tandis que de part et d’autre se dressent deux imposants vitraux couleur feu, symbolisant chacun le soleil qui se lève puis se couche. On y aménage aussi des baignoires, un salon de coiffure ou encore une laverie. Très vite, la piscine devient un lieu de rencontre – un exemple de vivre ensemble où pataugent, dans le même bain, enfant d’ouvriers et de bourgeois.
Bassin en construction, 1930
© Emile Fiévet
Mais près de cinquante ans après sa mise en service, les Roubaisiens voient à regret les portes de leur piscine se fermer… La voûte menace de s’effondrer ! Vidé de ses nageurs, le lieu n’est plus qu’une coquille vide. Mais grâce à l’architecte Jean-Paul Philippon, il va, dix ans plus tard, connaître une nouvelle vie. En effet, à la fin des années 1980, la ville de Roubaix cherche un lieu pour abriter les collections de son musée national (qui avait fermé pendant la Seconde Guerre mondiale) ainsi que le fonds du peintre mondain roubaisien Jean-Joseph Weerts. Son ambition ? Créer un vaste musée solidaire, fidèle à l’esprit socialiste de Roubaix. Et quoi de mieux que cette vieille piscine abandonnée, qui rappelle aux habitants tant de joyeux souvenirs ? Après une importante campagne de travaux de réhabilitation, La Piscine, musée d’art et d’industrie André Diligent, ouvre ses portes le 21 octobre 2001. Il y a pile 20 ans !
Violaine Desportes, La Petite Châtelaine, 2021
© A. Leprince
Pour fêter cet anniversaire, l’institution a vu grand ! La Petite Châtelaine de Camille Claudel, surnommée affectueusement « la Joconde roubaisienne », sera installée à deux pas du grand bassin, le regard tourné vers une « ligne du temps » qui se déroule le long des cabines du rez-de-chaussée et retrace ces 20 ans d’histoire ponctués d’acquisitions exceptionnelles. En face, chacune des cabines repeintes en couleurs pop – selon le souhait des scénographes Jean-Étienne et Jacqueline Grislain – présente des ensembles d’objets hétéroclites, sortis des réserves du musée pour l’occasion et classés par taille. Où l’on croise aussi bien des curiosités (comme d’improbables figurines de communiants, récupérées à la fermeture d’un magasin emblématique de Roubaix) que des objets du quotidien (plaques de rues, service à vaisselle…) et des œuvres d’artistes contemporains à l’instar d’Hervé Di Rosa. Un panorama drôle et éclatant de la collection de ce musée qui, décidément, n’a pas fini de nous surprendre !
Alexej von Jawlensky, Tête abstraite : Karma, 1933
Huile sur carton collé sur bois • 42,6 × 33 cm • Collection particulière • © Alexej von Jawlensky-Archiv S.A., Muralto
Après une année et demie masquée, on se réjouit de ces face-à-face colorés !
Temps fort de cette riche programmation anniversaire, l’exposition « Alexej Jawlensky. La promesse du visage » ouvrira ses portes à partir du 6 novembre. Peu connu en France, ce peintre russe né en 1864 a été le compagnon de route de Kandinsky. Ni tout à fait abstraite ni vraiment figurative, la peinture haute en couleur de Jawlensky oscille entre expressionnisme et fauvisme. D’abord porté sur la nature morte et les paysages, l’artiste s’est ensuite pris de passion pour le visage, sujet qui traversera toute son œuvre. Après une année et demie masquée, on se réjouit de ces face-à-face colorés !
Susanne Hay, Piscine II, 1996
Huile sur toile • Collection particulière • © DR
À quelques pas de là, le musée rend hommage à la peintre allemande Susanne Hay (1962–2004) et consacre (c’est une première pour un musée) une exposition à ses sujets dits « aquatiques ». Réalisée dans une piscine publique parisienne, cette série est teintée d’un sentiment d’inquiétante étrangeté. Cachés derrière leurs lunettes, la tête couverte d’un bonnet de bain, les hommes représentés par l’artiste semblent absents, voire aliénés. Tantôt onirique ou ironique, la peinture de Susanne Hay fait la part belle aux motifs ambigus.
Jean-François Fouilhoux, Le chant de la terre, 2021
© Nicolas Coquel
Pour conclure la visite, un dernier passage par le bassin s’impose. C’est aussi là que sont présentées les céramiques de Jean-François Fouilhoux, dont la parfaite maîtrise du Céladon lui a valu d’être reconnu comme maître de céramique en Chine (extrêmement rare pour un artiste occidental !). Ses œuvres délicates semblent bientôt prendre leur envol, et nous avec elles… Alors, prêts pour le grand plongeon ?
La Piscine a 20 ans !
Toute la programmation des 20 ans de La Piscine : https://bit.ly/Programmation20ans
Rendez-vous pour un grand week-end festif les 13 et 14 novembre : https://bit.ly/Week-endfestif
Alexej Jawlensky. La promesse du visage
Du 6 novembre 2021 au 6 février 2022
La Piscine • 23 Rue de l'Espérance • 59100 Roubaix
www.roubaix-lapiscine.com
Susanne Hay : à la piscine
Du 6 novembre 2021 au 6 février 2022
La Piscine • 23 Rue de l'Espérance • 59100 Roubaix
www.roubaix-lapiscine.com
Jean François Fouilhoux : le chant de la terre
Du 6 novembre 2021 au 6 février 2022
La Piscine • 23 Rue de l'Espérance • 59100 Roubaix
www.roubaix-lapiscine.com
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