La Piscine après rénovation. Le grand bassin bordé de sculptures, 2018
© A. Leprince M.A.I.A.D. Roubaix
Cela en valait la peine : après deux ans de travaux, la Piscine a rouvert ses portes. Le bâtiment initial inauguré en 2001 ne pouvait plus contenir des collections sans cesse croissantes et, souvenez-vous, visiteurs du Nord et d’ailleurs, on y jouait des coudes… Les volumes existants ont été valorisés et le parcours fluidifié. Surtout, le musée s’enrichit de 2 000 m2 de nouveaux espaces d’exposition. L’aile neuve est attenante au bassin. Elle comprend une salle dédiée à l’histoire de Roubaix, avec notamment un panorama de 1911 restauré, jamais exposé depuis l’année de sa création. Point fort des collections, la sculpture des XIXe et XXe siècles a désormais droit à une vaste galerie terminée par un patio. L’une des pièces fortes est la restitution de l’atelier d’Henri Bouchard, dont la scénographie reprend fidèlement celle d’origine, dans le 16e arrondissement parisien. L’ancienne entrée de la Piscine est désormais consacrée au dynamisme du « Groupe de Roubaix » dans les Trente Glorieuses, grâce à l’action de la ville pour racheter la plus grande partie de la collection Prouvost à la fin des années 1990. Amateurs du peintre Manessier ou du sculpteur Dodeigne seront servis !
La Piscine après rénovation. Reconstitution de l’atelier Bouchard, 2018
© A. Leprince M.A.I.A.D. Roubaix
Pour célébrer l’événement, le musée offre une brassée d’expositions. Et des expositions de poids : « Picasso, l’Homme au mouton » et « Alberto Giacometti, portrait d’un héros : Hommage à Rol-Tanguy », qui explorent leur vision du monumental et leur engagement pour la Résistance – dans un dialogue avec le parcours permanent ; « Hervé di Rosa, l’œuvre au monde », qui met en lumière son goût du brassage des cultures, du recours à l’artisanat et des pratiques vernaculaires en différents points du globe. Ce travail de l’artiste globe-trotter prend un sens particulier dans une ville multiculturelle comme Roubaix. Enfin, la céramique contemporaine et les jeunes artistes de la région sont présentés, deux autres marottes de l’institution.
On aime quand des travaux classent plutôt qu’ils ne cassent. C’est le cas à Roubaix, peut-être grâce à l’engagement de quelques-uns pour le site : l’architecte Jean-Paul Philippon et le directeur Bruno Gaudichon. Ainsi, la pépite reste le bassin d’Albert Baert et les sculptures qui le bordent. Les cabines renferment toujours des trésors. Il ne vous reste plus qu’à faire le saut dans le grand bain de l’art !
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique