PRIX CARTA BIANCA

Grâce au prix Carta Bianca, artistes et patients imaginent la renaissance

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Créé par Isabelle et Éric Pujade-Lauraine en soutien à la création artistique contemporaine, entre la France et l’Italie, le prix Carta Bianca noue des liens entre les artistes et les patients après un cancer. Force intérieure née de la vulnérabilité, élan vital de transformation, humanité sont les maîtres-mots de cette initiative forte qui parle du dépassement de notre fragilité dans ce monde.
Xie Lie, Révélations
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Xie Lie, Révélations, 2022

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© Courtesy de l’artiste

C’est un fait, les artistes ont le pouvoir de changer notre regard sur notre environnement. Avec cette conviction chevillée au corps, et au cœur, Isabelle et Éric Pujade-Lauraine ont créé, il y a trois ans, le prix Carta Bianca, lequel soutient la création artistique : « du fil tissé entre les artistes et les patients naissent les œuvres », affirme le couple de passionnés d’art et philanthropes.

Tout commence en pleine pandémie. Isabelle est ancienne haute fonctionnaire au ministère de la Santé, reconvertie en coach aidant les personnes après un cancer à reprendre la vie professionnelle, tandis que Éric est cancérologue, éminent spécialiste des cancers féminins ; il a longtemps été responsable du service d’oncologie médicale à l’Hôtel-Dieu. Un déclic s’opère chez ces fins amateurs d’art contemporain qui, depuis l’enfance, baignent parmi les tableaux et les sculptures : « dès l’âge de onze ans, je m’intéresse à l’art, car mon grand-père collectionnait, notamment les peintres impressionnistes », retrace Éric Pujade-Lauraine. « Ma famille était imprégnée de l’école de Paris », renchérit son épouse Isabelle.

Cécile Granier de Cassagnac, Très, très longtemps rien 			, et puis, une fois, vos yeux
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Cécile Granier de Cassagnac, Très, très longtemps rien, et puis, une fois, vos yeux, 2024

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© Courtesy de l’artiste

Le couple aurait pu se contenter d’en rester là. Mais la conviction que l’art peut réparer, créer du lien, restaurer la confiance en soi, était trop forte : « il fallait que nous partagions, nous engager en soutenant la création contemporaine ! »

De la transformation par l’art

Mel O'Callaghan, Vue de l’installation « Respire Respire » au Museum of Contemporary Art and Design MCAD, Manille (PH)
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Mel O’Callaghan, Vue de l’installation « Respire Respire » au Museum of Contemporary Art and Design MCAD, Manille (PH), 2019

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© Maculangan

Au fil de leurs années passées à exercer dans le milieu de la Santé, l’attention aux autres est devenue le mantra de ces deux êtres attachés à l’humain, lecteurs des œuvres philosophiques de Paul Ricœur et qui érigent la valeur du partage sur un piédestal : « Les personnes qui ont traversé le cancer sont capables d’une réelle métamorphose, ils sont un modèle de transformation », observe Isabelle Pujade-Lauraine. Ainsi se dessinent les contours du prix qu’ils ont lancé entre Paris et Naples (où ils demeurent la moitié du temps) et intitulé « Carta Bianca ». « C’est cet élan vital de transformation, poursuivent Isabelle et Éric, qui est au cœur du message porté par les patients et que les artistes vont mettre en forme selon leur propre démarche artistique. Nous pensons personnellement qu’elle pourra appeler à une conversion du regard. »

Un jury de professionnels du monde de l’art et de la santé

Le 23 avril dernier s’est réuni le jury du prix Carta Bianca. « Sont associées au projet des personnalités expertes – Kathy Alliou, Chantal Colleu-Dumond, Cristiana Perrella, Kathryn Weir, Bénédicte Alliot, Hanru Hou, Numa Hambursin et Eugenio Viola – et Olivier Kaeppelin, « grand témoin », figure du milieu culturel qui a dirigé de prestigieuses institutions et des biennales internationales d’art », souligne Isabelle Pujade-Lauraine. Pour cette troisième édition, ces spécialistes internationaux de l’art sont rejoints par un comité santé autour des deux fondateurs, Nathalie Feldman, art-thérapeute, Nicolas Pouget, cancérologue et Véronique Barreau, représentant les patients.

Diego Cibelli, When I was the sky itself
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Diego Cibelli, When I was the sky itself, 2023

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Premier Prix 2024

Courtesy de l’artiste et Alfonso Artiaco © Francesco Squaglia

Objectif commun : parmi les huit artistes (un nom par juré) – sans critère d’âge, ni de nationalité, (le prix étant ouvert à ceux qui résident en France ou en Italie) – le jury choisit le Premier Prix Carta Bianca qui cette année est Diego Cibelli, artiste qui renouvelle la grande tradition napolitaine de la céramique, tandis que les sept autres : Xie Lie, Cécile Granier de Cassagnac, Mel O’Callaghan, Leila Demoisy, Aïcha Snoussi, H.H. Lim, Chiara Camoni, sont lauréats du Prix.

Créer un dialogue entre artistes et patients

Doté de 50 000 euros (25 000 euros pour la création et 25 000 euros en soutien à l’artiste), le Premier Prix Carta Bianca est invité à nouer un lien direct auprès de patients tout au long de l’année par le biais de rencontres régulières et à établir un dialogue autour de ses œuvres afin de réaliser une production nourrie par cet engagement. Le fruit de cette expérience fera l’objet d’une restitution. Outre le Premier Prix, les sept autres lauréats reçoivent chacun une dotation de 2 500 euros et peuvent bénéficier aussi d’une commande à 10 000 euros pour imaginer une œuvre avec des patients.

À gauche : « Si mon corps est une île », Marine Nouvel, 2021 ; À droite : Evi Keller dans son atelier, septembre 2023
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À gauche : « Si mon corps est une île », Marine Nouvel, 2021 ; À droite : Evi Keller dans son atelier, septembre 2023

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À gauche : Courtesy de l’artiste, tous droits réservés ; À droite : © Evi Keller

On peut ainsi citer le travail engagé par les artistes déjà récompensés lors des précédentes éditions du prix Carta Bianca, à l’instar de Marine Nouvel. Lauréate en 2023 aux côtés de Stéphanie Saadé et de Romina de Novellis, cette jeune artiste propose de faire « renaître les corps » en moulant le torse des patientes opérées d’un cancer du sein et en faisant de leur cicatrice un terreau prêt à fleurir ou une ruche pleine de miel. L’an passé, le Premier Prix est revenu à Evi Keller, plasticienne allemande qui vit et travaille à Paris, et qui a réveillé « l’élan vital » de Sandra, une des patientes rencontrées tout au long de l’année : « je me sens maintenant différemment connectée au monde grâce à mon passeur d’histoire, à cette authentique humaniste, exploratrice des au-delà », écrit cette dernière. Grâce au prix Carta Bianca, l’artiste devient le porte-voix de ceux qui sont rarement écoutés.

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Calendrier du prix

Mardi 23 avril 2024
Délibérations du jury à Paris
Annonce des lauréats et du Premier Prix de la troisième édition.

Jeudi 10 octobre 2024
Remise du prix à l’occasion de la Semaine de l’art de Paris

Pour en savoir plus.

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