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Hyacinthe Rigaud, Portrait de Henri-Oswald de la Tour d’Auvergne, 1735 © L’Huillier & Associés
Quand on évoque le nom d’Hyacinthe Rigaud, il y a de grandes chances pour que la première image qui s’impose aux esprits soit celle-ci : l’immensément célèbre portrait de Louis XIV en grand costume royal, exécuté en 1701. Une œuvre qui a entériné l’image que tout un chacun se fait du Roi-Soleil. Pourtant, Rigaud, ce n’est pas seulement le portraitiste attiré du souverain à l’origine du Château de Versailles, mais un artiste baroque (1659–1743) des plus influents qui fit sa réputation grâce à sa fidélité à la dynastie des Bourbons. De son vivant, l’artiste était une véritable célébrité et il figure parmi les peintres de l’Ancien Régime à avoir le mieux gagné sa vie dans sa branche professionnelle. Admiré de ses pairs, très demandé par la noblesse française, cette renommée s’explique par l’abondance surprenante de son œuvre peint mais aussi par une grande constance dans la précision de son style pictural.

Hyacinthe Rigaud, Louis XIV en grand costume royal, 1701 © Musée du Louvre
Hyacinthe Rigaud serait-il toujours une star, quelque 273 ans après sa mort ? On pourrait le croire, au vue de la vente qui s’est tenue en ce début de semaine à Paris. Le 4 avril dernier, la société L’Huillier & Associés vendait, sous le marteau de la chambre des ventes aux enchères Drouot une œuvre du maître baroque : une superbe huile sur toile de 146 × 112 cm, exécutée en 1735. Le portrait est celui de Henri-Oswald de la Tour d’Auvergne, aussi appelé le « Cardinal d’Auvergne », et qui vécut de 1671 à 1747.
Ce personnage influent du XVIIIe siècle fut le premier aumônier du roi Louis XV ainsi qu’une figure culturelle influente, fréquentant assidûment les salons littéraires les plus courus de son époque. Encore une fois, on retrouve le penchant de Hyacinthe Rigaud pour les portraits de personnages fortunés, politiquement importants et capables de lui verser des salaires conséquents pour l’exécution de leurs portraits qui leur permettraient de passer à la postérité, tout du moins par l’image.
Il faut savoir que la peinture avait été initialement estimée entre 120 00 et 150 000 euros. Une estimation qui, finalement, se révéla bien loin du compte, puisque le tableau a été finalement adjugé pour la coquette somme de… 812 500 euros (avec les frais). La vente confirmerait-elle la cote importante de Rigaud sur le marché de l’art ? On peut le penser, quand on sait qu’une œuvre de l’artiste avait déjà atteint des sommets lors d’une vente chez Sotheby’s en 2008. Un portrait de Pierre-Vincent Bertin avait été vendu pour 394 000 livres sterling (un peu moins de 490 000 euros).
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