Article proposé par Exponaute

Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872, Paris, musée Marmottan-Monet.
Fêter un demi-millénaire, ça se prépare bien à l’avance ; et ce n’est pas la ville du Havre qui nous dira le contraire ! C’est ainsi que la commune normande voit loin, et que son maire, Édouard Philippe (LR), a dévoilé avec une fierté non dissimulée (et on le comprend) au cours de la traditionnelle cérémonie des vœux quelques moments importants des célébrations qui allaient ponctuer l’anniversaire si attendu de la création de la Cité océane par le roi de France François Ier (le 8 octobre 1517, pour être tout à fait précis).
Et le point d’orgue de ces festivités sera sans conteste le retour dans la ville, après 145 longues années d’absence, de la plus célèbre des toiles de Claude Monet : Impression, soleil levant, peinte au Havre en 1872. Le prêt a été accordé par le Musée Marmottan-Monet (qui consacrait une expo entière à la toile en 2014), et l’œuvre impressionniste sera donc exposée au sein du MuMa (Musée d’Art Moderne de la ville du Havre) pendant un mois.
Car c’est bien dans la ville du Havre que Claude Monet donna naissance à ce tableau exceptionnel, qui marqua un profond tournant dans l’histoire de l’art, redéfinissant les codes classiques de la peinture, signifiant l’abandon du dessin préparatoire, et faisant de l’air libre l’atelier de l’artiste. C’est également dans cette même ville du Havre que le peintre a passé toute son enfance, bien que né à Paris; et c’est dans cette cité de bord de mer qu’il réalisa ses premières peintures qui ne tarderont pas à le rendre célèbre.

Claude Monet, La Mer au Havre, 1868, musée des Beaux-Arts de Rouen.
Après un passage par Londres pour fuir la guerre franco-prussienne de 1870, il séjourna à de nombreuses reprises à la Porte océane. Baie du Havre, estuaire de la Seine, baie de Sainte-Adresse, puis le petit port devenu symbole de modernité passé la seconde moitié du XIXe siècle… nombre de motifs typiques de la ville portuaire ont été immortalisés par la touche de l’artiste.
De ce port, Monet exécutera dix représentations entre 1872 et 1874, changeant à chaque fois de point de vue. Parfois le chevalet à même le bord de mer, mais également depuis une petite chambre d’hôtel, l’artiste n’oublie aucun détail de la vue qui s’étend devant lui ; mais celle qui restera dans les mémoires, par la douceur de ses teintes et l’atmosphère irréelle qui s’en dégage, demeure Impression, soleil levant.
Présentée à l’exposition de la société anonyme coopérative d’artistes en 1874, dans un atelier prêté par le photographe Gaspard-Félix Tournachon, plus connu sous le pseudonyme de Nadar, la petite marine de 48 sur 63 centimètres changera plusieurs fois de titre. D’abord simplement intitulée Vue du Havre par Monet, le journaliste Edmond Renoir (le frère de…) suggérera un nouveau titre plus original : Monet optera alors pour Impression que Renoir complétera ensuite par Soleil levant.

Nadar, portrait de Claude Monet, 1899
Ainsi, en septembre 2017, le plus célèbre des tableaux impressionnistes retrouvera sa ville qui l’a vu naître, et sera accroché dans les cimaises du MuMa le temps d’une exposition en forme d’hommage à Claude Monet de quatre semaines. Une sorte de retour aux sources pour cette œuvre qui est entrée à Marmottan-Monet en 1940, suite à un don de l’amatrice et collectionneuse Victorine Donop de Monchy.
Le Musée d’art moderne de la ville est en effet construit à l’entrée du port, c’est-à-dire à quelques mètres seulement de l’hôtel aujourd’hui disparu où Claude Monet réalisa son œuvre, et Impression, soleil levant pourra ainsi retrouver son passé et son lieu d’inspiration initial.
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