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John William Waterhouse en 2 minutes

John William Waterhouse (1849–1917) en bref

Artiste célèbre en son temps, bien introduit au sein de la belle société, le peintre anglais John William Waterhouse n’a laissé que peu de traces sur sa vie. Mais son œuvre parle pour lui. Peintre sensible, très productif, il met en scène avec lyrisme et poésie ses sujets liés à la mélancolie, à l’amour et la beauté. La représentation féminine tient une place capitale dans l’œuvre de ce peintre de l’époque victorienne, considéré comme un préraphaélite tardif.

Portrait de John William Waterhouse dans son atelier
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Portrait de John William Waterhouse dans son atelier

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© Elliott & Fry / © Wikimedia Commons

On a dit de lui

« Il vit avec son imagination qui est un monde, un monde ignorant le tumulte et les efforts de la vie moderne et dominé par une note de douce mélancolie, dépourvue d’amertume et de sentimentalité » (Le Studio, 1908)

La vie de John William Waterhouse en quelques dates

Un fils d’artiste

John William Waterhouse naît à Rome en 1849. Son père, William Waterhouse, est peintre. En 1854, la famille rentre à Londres. Très vite, elle est frappée par la perte malheureuse de la mère et des deux plus jeunes frères, atteints par la tuberculose. John William est inscrit à l’école de Leeds et envisage d’abord de devenir ingénieur. De retour à Londres, il devient l’assistant de son père, connu pour son activité de portraitiste. En 1870, Waterhouse entre à l’école de la Royal Academy.

Les débuts à la Royal Academy of Arts

Élève studieux, Waterhouse voit sa première œuvre exposée à la Royal Academy en 1874. Dans ce milieu, il est couvert d’éloges en présentant des œuvres de facture classique, traitant de sujets en lien avec l’histoire ancienne et mythologique. Waterhouse a le souci du détail archéologique ; en 1877, il effectue d’ailleurs un voyage d’étude à Pompéi.

Les années 1880, une décennie charnière

À partir de 1883, les œuvres de Waterhouse intéressent les galeristes et les musées. Il épouse Esther Kenworthy, peintre de fleurs. Le couple s’établit à Londres. Durant ces années 1880, les tableaux de Waterhouse rencontrent un écho très positif au sein de la Royal Academy comme à la Grosvenor Gallery. Il devient membre de différents cercles élitistes et prestigieux. En 1885, l’artiste est élu associé de la Royal Academy et devient enseignant par intermittence. De 1887 à 1893, ses œuvres sont distinguées aux Expositions universelles de Paris, Chicago et Bruxelles. En 1888, Waterhouse peint son œuvre la plus célèbre, La Dame de Shalott, associée à l’esthétique préraphaélite.

Le tournant des années 1890

Dans les années 1890, après la mort de son père, Waterhouse aborde une fascination nouvelle pour les thèmes ovidiens et homériques, mettant en scène des enchanteresses. Le peintre s’attache au thème de la jeune fille mélancolique, légèrement sensuel, au cœur d’un univers surnaturel. Le succès de ses œuvres, très méticuleusement peintes et intégrant des pigments précieux tels que des feuilles d’or, s’accroît. En 1895, Waterhouse est élu académicien et poursuit dans cette veine, mettant en scène des femmes dans des jardins ou au bord de l’eau. Il s’attache de grands collectionneurs comme la famille Henderson qui acquiert 30 de ses œuvres. Le peintre décède d’un cancer du foie, à 68 ans, en 1917.

Ses œuvres clés

Le Cercle magique, 1886

John William Waterhouse, Le Cercle magique
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John William Waterhouse, Le Cercle magique, 1886

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Huile sur toile • 183 × 127 cm • Coll. Tate Britain, Londres • © Christie’s Images / Bridgeman Images

Première toile présentée par Waterhouse au titre de sociétaire de la Royal Academy, cette œuvre atteste de son intérêt pour l’occultisme et la magie. Elle met en scène une sorcière chantant des incantations devant un chaudron dans un décor quasi désertique. Le thème du cercle magique peut évoquer un rite protecteur, mais il est aussi le symbole de la réunion des mauvais esprits. L’interprétation est donc sibylline, équivoque, laissant une place à l’imaginaire du spectateur.

La Dame de Shalott, 1888

John William Waterhouse, La Dame de Shalott
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John William Waterhouse, La Dame de Shalott, 1888

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Huile sur toile • 153 × 200 cm • Coll. Tate Britain, Londres

Tableau inscrit dans l’héritage préraphaélite, cette œuvre emprunte son sujet à une scène du poème d’Alfred Tennyson et n’est pas sans rappeler l’immense succès de l’Ophélie de John Everett Millais (1851–1852). Dans cet univers onirique et aquatique, un peu inquiétant, il met en scène une héroïne arthurienne, une fée face à un destin tragique. Elle semble prisonnière de cette barque, prête à affronter une mort certaine. Le moment de la narration est en suspension, et le souffle presque dernier qu’exhale sa bouche fait écho au thème de l’extase, déjà présent dans l’œuvre de peintres préraphaélites tels que Dante Gabriel Rossetti.

Hylas et les nymphes, 1896

John William Waterhouse, Hylas et les nymphes
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John William Waterhouse, Hylas et les nymphes, 1896

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Huile sur toile • 132.1 × 197.5 cm • Coll. Manchester Art Gallery, UK • © Manchester Art Gallery / Bridgeman Images

Cette toile luxuriante, à l’érotisme à peine voilé, dévoile un sujet tragique : la prise au piège du jeune homme, compagnon de Jason et des Argonautes, dans une mare. Parti chercher de l’eau pour ses compagnons, il est attiré par une source dans laquelle s’ébattent des nymphes qui l’amènent vers elles. Le thème de l’envoûtement est au cœur de cette œuvre qui lie la beauté et le désir à la mort.

Par • le 4 août 2025

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