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Occupée par 250 jeunes migrants sans-abri, la Gaîté Lyrique ferme ses portes jusqu’à nouvel ordre

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La façade de la Gaîté Lyrique à Paris placardée d’affiches et occupée par de jeunes migrants sans-abri
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La façade de la Gaîté Lyrique à Paris placardée d’affiches et occupée par de jeunes migrants sans-abri, 2024

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© Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Rien ne va plus à la Gaîté Lyrique. Depuis le 10 décembre, cette salle de spectacle du 3e arrondissement reconvertie en centre culturel de la Ville de Paris est occupée par 250 jeunes migrants sans-abri, déclarés comme mineurs isolés, qui y ont trouvé refuge, transformant ce lieu consacré aux arts numériques et aux musiques actuelles en campement d’urgence. Des adolescents dorment à même le sol ou sur des tables, font la queue pour se laver aux toilettes, et des repas s’y organisent tant bien que mal grâce à des associations et à une cagnotte en ligne. Sur le seuil et dans le hall, les occupants armés de mégaphones et de banderoles réclament un toit. Contraint d’annuler de nombreux événements, l’établissement, qui tentait malgré tout de rester ouvert depuis une semaine, a annoncé ce 17 décembre vers 16h30 sa « fermeture au public jusqu’à nouvel ordre »

« La situation ne permet plus d’accueillir le public dans les meilleures conditions » précise dans son communiqué le Gaîté Lyrique, qui faisait aussi face à la montée de « tensions » dues à cette situation précaire, les espaces et les moyens sanitaires de l’établissement étant « inadaptés » (comme il l’avait rappelé dans un précédent texte) pour loger 250 personnes « dans le respect de la dignité humaine ».

« À défaut de quelque proposition concrète de relogement de la part de la Ville de Paris ou de l’État, il est impensable, au risque de les mettre en danger, de rejeter ces personnes à la rue, au milieu du mois de décembre, alors que les températures avoisinent 0° » ajoute aujourd’hui l’établissement, qui « demande » donc de nouveau « instamment » aux « autorités compétentes et responsables » de fournir « sans délai » un toit à ces jeunes. Une exhortation appuyée par une tribune publiée sur le site de Libération ce 17 décembre vers 17h30.

Rassemblement du 11 décembre devant la Gaîté Lyrique en soutien aux mineurs isolés
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Rassemblement du 11 décembre devant la Gaîté Lyrique en soutien aux mineurs isolés

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© Matthieu Delaty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

« Nous savons que notre situation n’est pas due à un manque de moyens, mais est le résultat de choix politiques répétés visant à précariser et criminaliser les personnes migrantes. Nous ne quitterons pas la Gaîté Lyrique sans proposition d’hébergement digne », clame sur un blog le collectif des Jeunes du Parc de Belleville. Constitué en septembre 2023 au sein du campement de fortune du même nom, ce dernier a déjà occupé plusieurs lieux comme la Maison de l’Air et l’Académie du Climat, ce qui leur a permis d’obtenir 450 places d’hébergement. Mais ces 250 mineurs et jeunes restent encore à la rue.

La Gaîté Lyrique obligée d’annuler une partie de sa programmation

250 mineurs isolés trouvent refuge à la Gaîté Lyrique à Paris
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250 mineurs isolés trouvent refuge à la Gaîté Lyrique à Paris

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© Romuald Meigneux / SIPA

Face à cette situation, la Gaîté Lyrique avait dû annuler la moitié de sa programmation, dont le festival musical Marathon!, qui était prévu le 14 décembre au soir. Les 60 employés craignaient, en raison du manque à gagner, et d’autant plus aujourd’hui avec sa fermeture complète, la faillite de l’établissement. « Les conséquences économiques sont immenses », avait déploré Juliette Donadieu, directrice générale du lieu, aux micros des journalistes dépêchés sur place.

« La Gaîté Lyrique regrette le caractère subi et soudain de cette occupation, mais rappelle le caractère légitime de la revendication du collectif visant à obtenir un toit pour ces 200 personnes », avait cependant déclaré le centre culturel dans un communiqué publié le 14 décembre. N’étant « en aucun cas compétent » pour gérer seul la situation, l’établissement fustigeait avec véhémence l’inaction des autorités.

Une situation sans issue visible

En réponse, la Ville avait assuré être en pourparlers avec la Région Île-de-France pour reloger ces jeunes dans l’ancien lycée Brassaï situé dans le 15e arrondissement. Mais Philippe Goujon, le maire LR de ce dernier, avait déclaré notamment sur X être « fermement » opposé à ce projet, en rappelant que l’établissement scolaire en question serait actuellement en travaux et destiné à accueillir les élèves du lycée Drouant, et donc indisponible. Ce qui n’empêche pas son arrondissement de se montrer actif en matière de solidarité, assure-t-il, « avec plus de 2 000 places d’hébergement pour les personnes en difficulté ».

« Il s’agit d’une occupation illicite d’un bâtiment par des migrants reconnus majeurs par les services sociaux de la Ville de Paris », avait quant à elle répliqué à l’AFP la préfecture d’Île-de-France. « Il appartient au propriétaire, s’il le souhaite, de saisir les autorités judiciaires et de police de cette situation », avait-elle ajouté. Laissant la Gaîté Lyrique face à un dilemme cornélien qui s’est aujourd’hui conclu par sa fermeture.

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