La Façade du British Museum à Londres
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Les militants écologistes viennent de remporter un combat de longue haleine. Car cela faisait plus d’une décennie que le British Museum faisait face à des manifestations (jusque dans son hall où des actions spectaculaires avaient été menées, notamment en 2015) réclamant l’arrêt de son partenariat avec la compagnie BP (anciennement British Petroleum, fondée en 1909), spécialisée dans l’extraction, le raffinage et la vente de pétrole et de gaz. Après avoir longtemps fait la sourde oreille, le célèbre musée londonien a finalement cédé à la pression : le contrat qui le liait à ce géant des énergies fossiles, qui fut son sponsor durant pas moins de 27 ans, prendra fin au terme de cette année et ne sera pas renouvelé, a dévoilé le groupe d’activistes Culture Unstained.
En 2022, les activistes « BP or not BP » protestaient contre le parrainage du British Museum par BP
© AFP / Justin Tallis
En décembre, le British Museum avait annoncé son ambition de devenir un établissement « zéro carbone » et un exemple de transition écologique. Plusieurs institutions britanniques avaient déjà coupé le cordon avec BP, dont la Tate en 2016, la National Portrait Gallery en 2022, et la Royal Opera House de Londres en février 2023. Ces décisions interviennent dans un contexte de prise de conscience grandissante de l’urgence écologique, et suite aux nombreuses actions menées ces derniers mois dans les musées par des groupes militants, dont plusieurs cherchaient à attirer l’attention sur les choix de partenariats des institutions visées. Ainsi, fin 2022 au musée Leopold de Vienne, un Klimt protégé par une vitre avait été aspergé de liquide noir pour protester contre les liens entre l’établissement et le géant pétrolier OMV.
Des militants manifestaient déjà en 2022 au British Museum contre BP, l’une de ses plus anciennes entreprises mécènes
© Getty Images via AFP / Hollie Adams
En tant qu’espaces de questionnement, d’éveil et de diffusion du savoir où sont régulièrement explorées (à travers expositions et débats) des problématiques actuelles dont celles liées à la crise climatique, les musées sont en première ligne : plus que jamais, il est attendu d’eux qu’ils montrent l’exemple en matière de transition écologique, en limitant leur bilan carbone, dont on sait qu’il reste encore très élevé dans ce secteur. Emploi de cimaises réutilisables, baisse de la consommation énergétique des bâtiments, recyclage, lutte contre le gaspillage… De nombreux musées se positionnent déjà comme des modèles.
Or comment se présenter comme un musée vert tout en étant financé par un grand pollueur ? Seul problème : les sponsors fortunés étant souvent de grands groupes industriels polluants, trouver des financements écolo-compatibles risque de devenir un casse-tête ! Sans oublier d’autres problèmes éthiques à prendre en compte : ainsi, le rôle de la famille Sackler (grands mécènes qui ont fait fortune dans l’industrie pharmaceutique) dans la crise des opioïdes la rend aujourd’hui indésirable.
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