Article proposé par Exponaute

Le papyrus présenté au Caire © Mohamed Adb El Ghany – Reuter
C’est une étroite bande de papyrus, jauni par le temps, et malheureusement en grande partie déchiré, qui attire désormais tous les regards au sein du Musée du Caire, en Égypte. Pour la première fois, l’institution culturelle va exposer au public le plus ancien texte écrit sur papyrus jamais découvert. Sa datation a permis de situer sa période de rédaction à l’époque de l’érection de la grande pyramide du pharaon Khéops, qui a régné en Égypte antique aux alentours de 2550 avant Jésus-Christ.
Ce manuscrit, exceptionnel du fait de sa rareté, a été découvert par une équipe d’archéologues français et égyptiens en 2013, lors d’une campagne de fouilles au sud du Caire, dans la région de Wadi El-Jarf. Trois ans plus tard, et après bien des analyses, datations, préservations et numérisations, le précieux document s’apprête à se retrouver face aux visiteurs du XXIe siècle, mais pour une très courte durée : deux semaines seulement.

L’entrée du Musée du Caire © Wikimedia Commons
Interrogé par l’AFP, l’archéologue Sayed Mahfouz, qui faisait partie de l’équipe à l’origine de la découverte de 2013, a expliqué qu’il s’agit et bien du plus vieux texte écrit jamais découvert. Malheureusement, cette bande de papyrus n’a pas été exhumée dans l’état où on peut la voir aujourd’hui : elle était, littéralement, en mille morceaux. Ce qui a donné bien du fil à retordre aux chercheurs pour le reconstituer minutieusement, avant d’espérer pouvoir le déchiffrer…
Mais d’ailleurs, que raconte-t-il, ce papyrus vieux de 4500 ans ? Celui-ci raconte le labeur et le mode de vie des ouvriers qui travaillaient sur le pharaonique (c’est le cas de le dire) chantier de construction de la Grande Pyramide du plateau de Gizeh, la plus haute des trois plus célèbres pyramides d’Égypte. Ces ouvriers, établis dans le port de Wadi El-Jarf, montre comment se déroulait le quotidien de ces ouvriers salariés qui ont bâti cette immense structure, la seule des sept merveilles du monde à être encore visible de nos jours.

Les pyramides d’Égypte, sur le plateau de Gizeh © Wikimedia Commons
Ce papyrus devait probablement faire partie d’un ensemble plus vaste, probablement un registre, tenu par un inspecteur public du nom de Merer. Celui-ci était en charge d’une équipe d’ouvriers qui avaient pour tâche d’acheminer de gros blocs de calcaire extraits de la carrière de Torah, jusqu’au plateau de Gizeh. Le texte est riche en descriptions, mais également en chiffres. Cela va de la description du repas des ouvriers au nombre de blocs de calcaire transportés par jour en passant par la quantité de moutons nécessaires à l’alimentation des travailleurs !
Mais le point le plus crucial de ce papyrus est qu’il livre une information capitale. Jusqu’alors, les égyptologues hésitaient quant à la durée véritable du règne du pharaon Khéops, dont les dates sont très incertaines. Or, le papyrus tenu par ce mystérieux Merer indique que le souverain antique aurait régné sur l’Égypte pendant 26 ans, éclairant enfin la lanterne des chercheurs.
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