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Les émeutiers brûlent un monument dédié aux esclaves résistants

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Nicolas Alquin, “Solitude”, le monument aux esclaves résistants
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Nicolas Alquin, “Solitude”, le monument aux esclaves résistants, 2007

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Bois brûlé et fonte de fer • 400 x 400 x 400 cm • Rond-point Schweitzer, Bagneux • Courtesy de l'artiste © Photo Wikimedia Commons

À Bagneux, dans la nuit du 29 au 30 juin, des émeutiers ont détruit un monument qui rendait hommage aux esclaves résistants. Inauguré sur l’avenue Henri Barbusse le 10 mai 2007, Solitude, désormais calciné et à moitié réduit en cendres, était l’œuvre de l’artiste français Nicolas Alquin (né en 1958), fils du peintre Pierre Alechinsky.

Si son élément central en fonte de fer a survécu, les deux autres grands totems qui la composaient, faits d’iroko (un bois tropical offert par le chef du village ivoirien de Béoua, provenant d’un arbre abattu lors d’une cérémonie rituelle), sont irrécupérables, selon les informations obtenues par nos confrères du Journal des arts.

Solitude, le nom d’une esclave métisse

Portrait de l’artiste Nicolas Alquin
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Portrait de l’artiste Nicolas Alquin

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© Diocèse De Rouen

Chaque année, musiciens, élus et élèves locaux se réunissaient autour de l’œuvre pour commémorer l’abolition de l’esclavage. La sculpture portait le nom (et figurait la silhouette) d’une esclave métisse dont la mère, elle aussi réduite en servitude, avait été violée par un marin blanc sur le navire négrier qui la transportait vers les Antilles. Née en 1772, Solitude (de son vrai nom Rosalie) avait vécu l’abolition de l’esclavage en 1794 avant de s’engager contre son rétablissement en Guadeloupe par Napoléon Bonaparte en 1802. Mais la rebelle, enceinte, avait été capturée le 23 mai de cette même année, puis suppliciée jusqu’à la mort le 29 novembre, le lendemain de son accouchement.

L’œuvre « Solitude » de Nicolas Alquin, retrouvée calcinée suite aux émeutes du 29 juin
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L’œuvre « Solitude » de Nicolas Alquin, retrouvée calcinée suite aux émeutes du 29 juin

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Courtesy Nicolas Alquin

Cette destruction s’ajoute aux nombreux pillages, incendies et attaques qui ont pris pour cible des bureaux de police, des commerces, des bâtiments municipaux, des médiathèques, des centres sociaux, des maisons et des voitures dans le cadre des émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk, adolescent franco-algérien de 17 ans tué par balle à Nanterre par un policier suite à un refus d’obtempérer.

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