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Illustration de David Lanaspa pour Beaux Arts Magazine
© David Lanaspa / Agence Marie Bastille pour Beaux Arts Magazine
Designer, artiste plasticien, graphiste, photographe, restaurateur d’œuvres d’art, illustrateur, créateur verrier, styliste, mangaka, céramiste, storyboarder, typographe, directeur artistique, architecte d’intérieur, doreur, animateur de personnages 3D, scénographe… Riches de savoir-faire variés, les écoles d’art offrent un large éventail de débouchés professionnels. Difficile alors de faire un choix, d’autant que les établissements sont nombreux et que les plus réputés imposent une sélection drastique. Quelles questions poser – et se poser – pour ne pas se tromper ? Réponse en 10 points clés.
Longue est la liste des critères à prendre en compte pour sélectionner son école : ressources pédagogiques, options (Art, Design ou Communication), corps enseignant, réseau professionnel, vie associative, qualité de vie, partenariats académiques, insertion professionnelle… Cependant, quand on a du mal à faire son choix, le meilleur moyen est encore de se rendre, si possible, dans l’établissement au moment des portes ouvertes. Et de discuter avec des étudiants et des enseignants.
« Ce sera l’occasion d’observer les conditions d’accueil, les infrastructures, de découvrir les cursus, de sentir l’ambiance et de voir si le territoire est dynamique en termes de création. Chaque école a une identité. Aussi est-il important de bien regarder les options et les spécialités proposées. N’éliminez pas une école sur la base de rumeurs, sans avoir creusé l’offre pédagogique. Dernier point, et non des moindres, vérifiez la reconnaissance des diplômes et la certification, qu’elle soit du ministère de la Culture, de l’Éducation nationale ou de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Certains bachelors et mastères non reconnus par l’État sont à éviter », souligne Nathalie Pierron, directrice adjointe de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Lyon, en charge des études et de la recherche.
Il en existerait plus de 300 en France. Ces dernières sont majoritairement proposées par le secteur privé, qui accueille 11 700 étudiants à des tarifs avoisinant les 7 500 €/an, « socialement discriminants » selon la Cour des comptes qui a publié en 2020 une enquête sur l’enseignement supérieur en arts plastiques. Afin de franchir le barrage des concours, particulièrement sélectif dans les écoles publiques (le taux d’admission y est de 9 % en moyenne), nombre de bacheliers passent par la case prépa. Deux tiers des étudiants en première année d’école supérieure d’art publique en sont issus.
« Avec le recul, je me rends compte que je n’avais pas les codes. »
Lucas Zambon, étudiant-chercheur de 27 ans
Une année en classe prépa n’est certes pas un passage obligé pour réussir l’examen d’entrée au concours. Elle peut cependant permettre à l’étudiant de réfléchir à son orientation en explorant de nombreux médiums et en se créant un champ référentiel. Lucas Zambon, étudiantchercheur en DSRA (diplôme supérieur de recherche en art) à l’ENSBA de Lyon, en témoigne : « Au sortir du bac, j’ai tenté le concours aux Beaux-Arts de Lyon et de SaintÉtienne mais mon dossier n’est pas passé. Avec le recul, je me rends compte que je n’avais pas les codes. J’avais un travail de dessin très classique, un peu naïf, qui ne correspondait pas aux critères attendus. Pas évident de comprendre ça quand on a 17 ans. Je me suis alors tourné vers une prépa qui m’a aidé à questionner ma pratique et à passer avec succès le cap des concours. »
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Le but de cette année préparatoire est de permettre aux jeunes de prendre la mesure des particularités des études artistiques et de développer leur sens de l’autonomie. « C’est un accompagnement sur mesure, explique Stephen Touron, directeur du Concept-École d’art du Calaisis et coprésident de l’Association nationale des prépas publiques aux écoles supérieures d’art (APPEA). Elles vont aider l’élève à formaliser le dossier de travaux personnels et à préparer les épreuves du concours. Elles permettent de bien cibler les écoles en fonction de son profil et de ses envies. C’est une arme pour mieux réussir ses études supérieures. »
Avant de s’engager, il est toutefois nécessaire de bien vérifier les cours dispensés et le taux de réussite aux concours. Qu’elles soient publiques ou privées, les prépas ne se fondent jamais sur le dossier scolaire. « Nous ne regardons pas les notes ni les résultats du bac, confirme Stephen Touron. Le candidat doit témoigner d’une singularité et surtout d’une grande motivation. Lors de l’entretien avec le jury, il faut que l’on décèle une vraie envie de croquer le monde de la création. »
Certaines écoles publiques sont accessibles sans le bac sur dérogation (une demande par lettre argumentée, motivée et accompagnée de justificatifs). Mais attention, cela ne prive pas de passer le concours d’entrée. Ainsi, en première année d’écoles d’art publiques, un candidat sur cent n’a pas le bac. Selon l’ANDEA (Association nationale des écoles supérieures d’art), si la proportion de non-bacheliers est très faible, leur taux de réussite aux concours d’entrée apparaît meilleur que pour d’autres catégories. Du côté des écoles privées, certaines recrutent à niveau bac, comme Penninghen ou l’École bleue, à Paris.
Chaque école organise son propre examen d’entrée, en passant ou non par Parcoursup. Mais quels que soient les établissements, les critères de sélection restent assez similaires. Les 44 écoles d’art publiques relevant du ministère de la Culture recrutent ainsi à partir d’un book, d’épreuves d’arts plastiques, d’histoire de l’art, parfois même de langue, et bien évidemment d’un oral. Cet entretien devant un jury constitue l’épreuve centrale du processus de sélection. Il permet d’évaluer la curiosité et l’ambition des candidats.
« La personnalité, la motivation, l’engagement, le projet d’études comptent plus que les notes au bac. »
Sandrine Rebeyrat, de l’EESI (Angoulême / Poitiers).
« Comme un casting, on recherche des étudiants motivés. La personnalité, la motivation, l’engagement, le projet d’études comptent plus que les notes au bac. Ce qui est visé, c’est un regard particulier. On essaie également de voir quelles sont les représentations culturelles des candidats sur la vie d’artiste. Ce sont des métiers difficiles, souvent précaires. Il faut être prêt à faire des sacrifices. Et contrairement aux idées reçues, ces études demandent beaucoup d’investissement et une grande capacité de travail », souligne Sandrine Rebeyrat, directrice des études de l’École européenne supérieure de l’image (Angoulême/Poitiers).
Pourquoi postulez-vous dans cette école ? Que souhaitez-vous y faire ? Que regardez-vous ? La dernière exposition que vous avez vue ? Qu’est-ce qui vous intéresse ? sont les questions qui ont toutes les chances d’être posées à l’oral. Du côté des écoles privées, les procédures d’admission varient également d’un établissement à l’autre. Ainsi, pour intégrer l’École Émile Cohl à Lyon – une référence dans les métiers du cinéma d’animation et des réalisations 3D –, il faut un bon niveau de dessin d’observation et une motivation à toute épreuve : « Ces études demandent de l’organisation, de la rigueur, de l’assiduité et de la persévérance. Le rythme est soutenu : compter de trente-sept à quarante heures de cours de dessin chaque semaine. Globalement, une année de formation représente un millier d’heures de cours de dessin, hors projets personnels », insiste Aymeric Hays-Narbonne, directeur pédagogique
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L’alternance n’est pas courante dans les écoles d’art publiques. La plupart n’en proposent pas. Pourtant, la question est à l’ordre du jour au ministère de la Culture. Pour en profiter, il faut se tourner du côté des écoles publiques d’arts appliqués (Duperré ou les Gobelins, par exemple) ou des écoles privées. L’École de design Nantes Atlantique propose ainsi, au sein de son CFA « Design & Innovation », des formations en apprentissage au niveau bac +3 (contrat d’apprentissage possible en 3e année du DN MADE ou diplôme national des métiers d’art et du design) et bac +5 (contrat d’apprentissage possible en 4e et 5e années du cycle master), dont une formation en partenariat avec l’université de Nantes. Seules certaines écoles publiques reconnaissent le statut d’étudiant salarié. Il permet de présenter le DNA (diplôme national d’art) en quatre ans ou le DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique) en trois ans.
L’art d’apprendre et d’enseigner l’art
Du 5 février au 29 août • Centre Pompidou-Metz 1, parvis des Droits de l’Homme
Comment les artistes apprennent à faire de l’art et comment cet apprentissage devient parfois une forme d’art à part entière ? Des happenings Fluxus (Robert Filliou, Allan Kaprow…) aux expériences participatives féministes (Doris Stauffer…) en passant par les pratiques d’auto-construction de Dan Peterman, l’exposition «L’art d’apprendre – Une école des créateurs» à Metz aborde «la question de la pédagogie depuis l’école d’art pour ensuite basculer dans le grand bain des apprentissages». Au cœur de l’exposition, une véritable salle de cours réservée à des élèves de CM1/CM2 a même été aménagée. Trois classes y seront en résidence chaque semaine jusqu’en avril. Une exposition à vivre autant qu’à rêver avec, entre autres, Yto Barrada, Joseph Beuys, Lygia Clark, Camille Henrot, Otobong Nkanga, Corita Kent ou encore le collectif d’architectes italiens Superstudio.
Si les DNA, DNSEP, DN MADE, DMA (métiers d’art) et autres DSAA (arts appliqués) sont des diplômes correspondant à une nomenclature nationale, certains établissements délivrent des titres qui leur sont propres. « Pour les distinguer, il faut vérifier la réputation de l’école et la réussite de ses diplômés », conseille Stephen Touron, du Concept-École d’art du Calaisis. Le diplôme peut aussi être « visé », ce qui signifie que l’école le délivre au nom de l’État et qu’il offre donc des équivalences.
Il pourra enfin être inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) : il est alors reconnu par les professionnels du secteur. Pour le vérifier, il suffit d’aller sur l’espace officiel de la certification professionnelle géré par France compétences (francecompetences.fr). Certaines écoles privées peuvent également délivrer des certificats ou des titres reconnus par la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP). Mais, attention, une certification professionnelle ne garantit pas l’obtention systématique d’équivalences universitaires (décision de chaque université).
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L’idée qu’une école d’art offre peu de débouchés est tenace, mais elle est fausse. Cependant, les possibilités varient selon les établissements, les spécialités et le niveau d’études. Ainsi, les enquêtes du ministère de la Culture montrent que le taux d’insertion professionnelle des diplômés des écoles publiques est de 80 % trois ans après, « ce qui est le plus faible de l’enseignement supérieur de son réseau [c’est-à-dire sous la tutelle du ministère de la Culture] », selon la Cour des comptes. Une difficulté d’insertion qui touche davantage les titulaires de la filière Art : 78 % sont en activité, dont 58 % dans le champ de leur diplôme. « Reste que nos débouchés sont réels. Tous nos diplômés ne deviendront pas des artistes, mais ils travailleront dans le secteur de la création grâce à leurs capacités d’adaptation, d’autonomie et de polyvalence développées au cours de leurs études », souligne Nathalie Pierron, de l’ENSBA de Lyon.
Pour les y aider, des programmes de préparation à la vie professionnelle sont proposés par l’ensemble des écoles, ainsi que des programmes de soutien aux étudiants diplômés – résidences, expositions, bourses, ateliers, etc. Au MO.CO.ESBA, l’école des beaux-arts de Montpellier, ce sont les deux tiers des diplômés de 5e année (soit une vingtaine de personnes) qui, chaque année, sont soutenus et accompagnés par ce biais. De leur côté, les cursus privés, dont l’objectif est de former des professionnels de la création et non des artistes, construisent leurs programmes en interaction avec les réalités du monde du travail.
En témoignent Strate-École de design (Paris / Lyon), qui affiche un taux d’insertion des jeunes diplômés dépassant les 90 % dans plusieurs branches du design six mois après leur sortie d’école, ou encore l’École Émile Cohl (Lyon). « Tout au long de leurs études, les étudiants sont confrontés à des contraintes techniques, de temps et de budget, leur permettant d’être rapidement opérationnels au sein d’une structure. D’ailleurs, dans le secteur de l’animation et du jeu vidéo, métiers en tension, ils trouvent rapidement un emploi et ce dès leur dernière année de stage », affirme Aymeric Hays-Narbonne, directeur pédagogique de l’école lyonnaise.
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Le stage fait partie intégrante du cursus. Il est obligatoire en 1er cycle et peut se dérouler en France ou à l’étranger. Il constitue un terrain d’opportunités professionnelles et permet d’accéder plus concrètement à tous les aspects des métiers de la création, aux réseaux institutionnels (galeries, musées…), aux activités plus techniques et à la recherche. Les étudiants en 2e année de l’école des beaux-arts de Montpellier sont associés au fonctionnement des deux espaces d’exposition du MO.CO. (la Panacée et l’Hôtel des collections), lors d’un stage obligatoire de quinze jours. « Ces stages ont lieu au sein des différents services – production, montage, régie des expositions, etc. –, ce qui permet aux étudiants de se confronter à la réalité du monde de l’art et de mieux comprendre ce milieu dans lequel ils vont évoluer », explique Yann Mazeas, directeur de l’enseignement.
Échanges et voyages d’études, workshops, visites d’ateliers, participation à des manifestations, stages… L’international est une dimension incontournable. Beaucoup d’établissements travaillent dans le cadre des conventions Erasmus. Des mobilités d’études, consistant à effectuer une partie de son cursus dans une école étrangère partenaire, peuvent également être au programme. Enfin, des cours d’anglais ou en anglais sont proposés par la plupart des écoles tout au long du cursus.
Dernier point et non des moindres, le budget. Si l’enseignement est gratuit dans les écoles relevant du ministère de l’Éducation nationale (Estienne, Boulle, Duperré ou Olivier de Serres), il faut compter entre 400 et 800 € dans les autres établissements publics. On est loin des tarifs du privé où une année d’études coûte entre 3000 et 18000 € par an (pour une formation internationale full english). Ajoutez à cela les frais d’inscription ou de concours, qui peuvent grimper dans le privé jusqu’à 900 €. D’autres coûts sont également à prévoir comme les frais de matériels, qui varient en fonction des spécialités
400 étudiants européens invités au Grand Palais éphémère
«EuroFabrique» du 7 au 10 février • Grand Palais éphémère place Joffre • Paris 7e
Trente-cinq écoles d’art françaises et européennes, accompagnées d’une 36e imaginée pour l’occasion et qui rassemble des étudiants et des artistes en exil, sont invitées à concevoir et produire de nouvelles représentations pour l’Europe. C’est le propos d’«EuroFabrique», organisé au Grand Palais éphémère à Paris, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne. Chaque école française a travaillé en binôme avec une école européenne, comme l’ISDAT (Institut supérieur des arts et du design de Toulouse) et la Casa Encendida (de la Fundación Montemadrid), ou encore l’École des Arts décoratifs de Paris et la Swedish School of Textiles/University of Borås.
Ouverture au public le 10 février seulement avec la présentation des projets, une projection, des lectures, une installation et un débat sur un «nouveau Bauhaus européen» lancé par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.
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