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Peter Doig, Nan Goldin… De grands noms de l’art demandent un cessez-le-feu à Gaza, des artistes israéliens leur répondent

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À gauche un portrait de l’artiste Nan Goldin, à droite un portrait de l’artiste Peter Doig
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À gauche un portrait de l’artiste Nan Goldin, à droite un portrait de l’artiste Peter Doig

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© Alamy / Hemis / Photo Cheese Scientist (2PGDBTE). DR

Plusieurs lettres ouvertes signées par des artistes et personnalités culturelles de premier plan ont appelé à un cessez-le-feu à Gaza, en état de siège et sous le feu des frappes israéliennes (qui auraient fait à ce jour environ 5 000 morts dont de nombreux enfants selon le Hamas) suite à l’attaque meurtrière du 7 octobre perpétrée par le Hamas en Israël. L’ une d’elles, adressée le 19 octobre « par la communauté artistique aux institutions culturelles », et qui clame sa « solidarité à l’égard du peuple palestinien » qu’elle dit victime « d’actes génocidaires », a été signée par le peintre écossais Peter Doig (actuellement exposé au musée d’Orsay), la photographe engagée américaine Nan Goldin, sa compatriote l’artiste conceptuelle Barbara Kruger, le plasticien argentin Tomás Saraceno, l’artiste française Laure Prouvost, la cinéaste Laura Poitras, le musicien britannique Brian Eno, ou encore la peintre allemande Katharina Grosse.

Cette lettre s’inscrit dans le sillage d’une autre missive : « Artists for Palestine UK ». Publiée le 17 octobre, cette dernière recueille désormais près de 3 900 signatures, dont celles de l’actrice Tilda Swinton, mais aussi de réalisateurs (Asif Kapadia, Michael Winterbottom…), d’auteurs (Gillian Slovo), et de plasticiens reconnus parmi lesquels Tai Shani (co-Turner Prize 2019), Oreet Ashery, Larissa Sansour, Rosalind Nashashibi, Florence Peake et Georgina Starr.

« Nous sommes témoins d’un crime, écrivent ces derniers. Israël a quasiment réduit Gaza à un tas de ruines, coupé l’accès à l’eau, l’électricité et aux soins à 2,3 millions de Palestiniens. […] Gaza est déjà une société de réfugiés et d’enfants de réfugiés. Maintenant, bombardés […], les Palestiniens […] sont à nouveau forcés de fuir – ou de faire face à une punition collective à une échelle inimaginable ». Les signataires dénoncent enfin la « complicité » des gouvernements qui « tolèrent des crimes de guerre » et leur « apportent leur aide ».

Le milieu de l’art sous tension

Samedi 21 octobre, des membres de la communauté artistique israélienne ont répondu à ces lettres ouvertes par la leur, relayée sur Instagram par le magazine israélien Erev Rav Art Magazine. Ses auteurs s’y sont d’abord indignés du fait que ces demandes de cessez-le-feu n’aient pas mentionné l’attaque sanglante du Hamas (mouvement terroriste islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza) lancée le 7 octobre, qui a fait parmi les citoyens israéliens 1 400 morts et 3 500 blessés, auxquels s’ajoutent 200 otages, des viols et des actes de torture.

« Le plus troublant reste l’absence totale de toute mention des plus de 200 personnes kidnappées, pour la plupart des civils, dont des bébés, des enfants, des personnes âgées et malades. Ces otages ne font pas partie de l’humanité qu’ils défendent. Par omission, ils donnent de la légitimité à ces enlèvements de civils », affirment les auteurs, qui ajoutent qu’il « ne devrait pas y avoir de contradiction entre s’opposer à l’occupation israélienne et aux crimes à Gaza, et condamner sans équivoque les actes d’extrême violence perpétrés contre des civils innocents en Israël ».

Sur la place du musée d’Art de Tel-Aviv, en Israël, une œuvre avait été installée vendredi 20 octobre par des volontaires à l’occasion de shabbat, fête juive hebdomadaire au cours de laquelle les familles se réunissent autour d’un repas convivial : une longue table dressée de 203 couverts sans convives, afin de symboliser l’absence de ces personnes toujours détenues par le Hamas.

Dans le monde, le milieu de l’art apparaît sous tension, déchiré entre ceux qui prennent publiquement position pour la cause palestinienne, et ceux qui souhaiteraient réagir en faveur d’Israël, ou du moins exprimer leur solidarité suite aux attaques du Hamas, mais n’osent pas le faire par peur de représailles ou de harcèlement sur les réseaux sociaux, comme l’affirmait récemment le média en ligne Slate. Dénoncé par des personnalités comme la chanteuse Keren Ann et le dessinateur Joann Sfar, ce silence, qui se renforce au fur et à mesure que se déploie la riposte militaire israélienne, ajoute de la crispation au débat.

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