Article proposé par Exponaute

Le château en 2012 © Moonik – Wikimedia Commons
C’est l’histoire d’un gigantesque gâchis. Situé sur la commune de Boulogne-Billancourt, dans le département des Hauts-de-Seine, se dresse le squelette de ce que fut une magnifique bâtisse de style Louis XIV, érigée à la demande du banquier James de Rothschild (1792–1868). La façade principale s’étend sur 120 mètres et, à l’intérieur, les plus habiles artisans du milieu du XIXe siècle furent sollicités par le financier pour orner sa demeure.
Très vite, le château devient un lieu de mondanités, couru par de nombreuses personnalités de la seconde moitié du XIXe siècle : Adolphe Thiers, Gioachino Rossini ou bien Frédéric Chopin ont fréquenté le domaine et arpenté son parc. Ce dernier était splendide, mêlant habilement les styles des jardins à la française et à l’anglaise, et s’étendait sur une trentaine d’hectares. Malheureusement, au fil des années, l’héritier Edmond de Rothschild (1845–1934) se désintéressa peu à peu de la demeure.

Le château en 2012 © Moonik – Wikimedia Commons
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, le château est pillé par l’occupant nazi, puis endommagé par les troupes américaines. Le temps et l’oubli font alors leur irréversible œuvre de sape : la propriété se dégrade, tombe peu à peu en ruine. Enfin, en 1979, le baron Edmond de Rothschild (1926–1997) décide de se séparer définitivement de l’encombrante propriété, en la cédant pour un franc symbolique à la commune de Boulogne-Billancourt. À compter de cette date, les dégradations vont s’accélérer.
En effet, la ville ne tarda pas à revendre le domaine dont elle ne savait que faire. Le gendre du dirigeant d’Arabie Saoudite de l’époque, le cheikh Khalid Abdulaziz Al Ibrahim, achète l’ensemble de la propriété pour une somme de plusieurs millions de francs en 1986. Dans quel but ? On l’ignore puisqu’une fois la transaction effectuée, celui-ci sembla totalement se désintéresser de son nouvel achat. Depuis cette date, le château Rothschild est totalement à l’abandon.

Le château en 2016 © Stéphane de Sakutin – AFP
Délabré, squatté, taggé sur toutes ses façades, lieu d’organisation de rave-party clandestines, terrain de jeu pour les amateurs d’urbex, le domaine n’est aujourd’hui plus qu’une ruine. Jusqu’à un récent rebondissement. En fin de semaine dernière, le promoteur immobiliser Novaxia a racheté le domaine, espérant par-là lui offrir une nouvelle vie.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les habitants de Boulogne n’y croyaient plus ! Depuis près de trente ans, les propositions de rachat et autres plans de réhabilitation se succédaient, mais étaient tous rapidement abandonnés, face à l’ampleur des dégâts. Entre les dégradations volontaires, la mérule, les infiltrations d’eau et les traces d’incendie, environ 70% de l’intérieur du château est à refaire totalement. Évaluation du coût ? Pas moins de vingt millions d’euros pour des travaux complets.
Pour le moment, le projet de réhabilitation prévoit de transformer le château en un hôtel ou un musée (la décision finale sera prise en accord avec la mairie de Boulogne). Le promoteur a également quelques projets pour le parc environnant, qui pourrait accueillir des logements modernes en bois, tandis que quatre hectares supplémentaires de terrain ont été achetés afin d’agrandir le parc. Mais pour le moment, les projets n’en sont qu’au stade de l’étude. Si tout se passe bien, les travaux pourraient débuter à partir de l’an prochain.
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