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La station du Verbier, dans le canton du Valais en Suisse
© Philippe Renault / hemis
À 1500 mètres d’altitude, le petit village alpin de Verbier, niché au milieu des sommets enneigés, est un haut lieu du ski en Suisse et de la musique classique grâce au Verbier Festival. C’est aussi, depuis trois ans, un lieu de rendez-vous pour les artistes, conservateurs et penseurs du monde de l’art. Fondé par une fiscaliste hollandaise reconvertie, Anneliek Sijbrandij, le Verbier Art Summit propose une série de conférences ouvertes au public (et retransmises en direct sur la chaîne youtube de l’événement) et données par un prestigieux panel international. La liste des orateurs invités est, chaque année, à la hauteur du surnom du sommet : le « Davos de l’art ». Lors des éditions précédentes, les stars Anicka Yi, Olafur Eliasson, Tino Sehgal, Rem Koolhaas ou encore Susanne Pfeffer ont ainsi fait entendre leurs voix. Aujourd’hui, la curatrice de la 10e Biennale de Berlin, Gabi Ngcobo, le neurophysiologiste Wolf Singer, l’artiste Latifa Echakhch ou encore Ernesto Neto sont de la partie. Jochen Volz, le directeur de la Pinacothèque de l’État de São Paulo, s’est chargé quant à lui de les convoquer et de superviser les débats.
Il est urgent de mobiliser celles et ceux qui ont tourné le dos à l’art.
D’après Jochen Voltz et la directrice de la Tate, Maria Balshaw, qui figurent parmi les prestigieux invités, les institutions sont propices à l’accomplissement de cette mission. Elles proposent en effet aujourd’hui des relectures (féministes, queer, post-coloniales…) de l’histoire de l’art. Elles mettent également en avant des pratiques artistiques marginalisées. Selon le directeur de la Pinacothèque de São Paulo, elles ouvrent « des espaces où les libres penseurs et individus aux options contradictoires se sentent en sécurité ». Mais est-ce suffisant ? On ne peut s’empêcher alors de penser que la reconfiguration des savoirs reste largement l’affaire des classes privilégiées. Les musées ne sont pas encore des espaces démocratiques et civiques suffisamment efficients.
Fervente défenseure d’une éthique du musée comme lieu de soin, Maria Balshaw apporte finalement un élément de réponse. Elle ajoute qu’il est urgent de mobiliser celles et ceux qui ont tourné le dos à l’art en allant « dans les territoires où les gens ne veulent pas de nous ». Aussi louables soient ces vœux, la question des méthodes et moyens pour les concrétiser reste en suspens. Dommage, car n’est-ce pas ce que l’on attend d’un colloque professionnel de cet acabit ? Non seulement une réaffirmation de l’impact social de l’art, mais aussi des solutions nouvelles, inventives et originales ? Le Verbier Art Summit 2019 était donc tristement un peu hors-sol.
Verbier Art Summit
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