Lossapardo dans son atelier, photographié par Rayan Nohra
Photo Rayan Nohra
Il fait partie de ces artistes un peu agaçants tant ils voguent d’un art à l’autre avec facilité et brio. Peintre, musicien, réalisateur de courts-métrages… À 28 ans, Lossapardo vient de sortir son premier album, intitulé If I Were To Paint It (« Si je devais le peindre »).
Dans son atelier inondé de lumière à Torcy, en Seine-et-Marne, il a pensé cet album de A à Z ; c’est-à-dire de l’écriture des onze morceaux jusqu’à leur composition, en passant par la pochette, peinte sur une immense toile. Le jeune artiste qui a déjà collaboré avec Dinos, Luidji ou encore Enchantée Julia, affirme sa voix mélancolique aux tonalités mêlant soul et pop.
Lossapardo, Couverture de l’album « If I Were To Paint It » (Si je devais le peindre)
© Lossapardo
En anglais ou en français, il chante la nostalgie de l’enfance et sa solitude contemplative. Dans ses morceaux, il évoque aussi les tableaux qui habitent son esprit et son atelier. Souvent, il s’agit d’autoportraits qui lui permettent de disséquer ses émotions. Tantôt enfant, tantôt adulte, il se représente un pinceau à la main ou au milieu d’une foule. Dans un style réaliste-intimiste qui rappelle Edward Hopper, il trace les contours d’instants suspendus. Et en révèle les failles : l’entrebâillement d’une porte, le reflet d’une fenêtre, l’intensité d’un regard… De là surgit la lumière.
« Je vois l’animation comme un exercice.
À force de peindre de manière répétée une image, je m’améliore techniquement. »
Sur les onze titres de son album, deux étaient déjà sortis en avant-première : « Nostalgia » et « This Place ». Il en a même réalisé les clips, à partir de ses propres peintures à l’acrylique. Une évidence pour celui qui a toujours voulu réunir ses deux passions de la manière la plus cohérente possible. « L’animation me permet de retranscrire des émotions que je ne peux pas faire passer autrement. Ni en peinture, ni en musique », explique-t-il. Mais Lossapardo n’en est pas à son coup d’essai ! Pour l’artiste électro FKJ, il avait déjà conçu le clip de « Risk », titre issu de l’album Ylang Ylang sorti en 2019.
Entièrement faits main, ses films d’animation supposent un travail colossal et chronophage sur plusieurs mois. « Je le vois aussi comme un exercice. À force de peindre de manière répétée une image, je m’améliore techniquement », analyse le peintre autodidacte qui avait tenté, plus jeune, le concours des Beaux-Arts et des Arts-Déco, sans succès. Lossapardo est déterminé à aller toujours plus loin dans la création artistique, quel que soit le format, tant qu’il peut faire entendre sa voix. Ce qu’il aime avant tout ? Apprivoiser l’ombre et la lumière. Traquer la beauté d’un instant évanescent pour le traduire en notes, formes et couleurs.
Découvrez l'univers de Lossapardo
Lossapardo - "If I Were To Paint It"
Roche Musique, 2024
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