SÉRIE – 40 MERVEILLES DU MONDE

Sainte-Sophie : l’église devenue mosquée qui domine Istanbul

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Publié le , mis à jour le
Redevenue mosquée après des années d’ouverture sur le monde en tant que musée ouvert à tous, Sainte-Sophie est la plus spectaculaire architecture d’Istanbul, et l’épicentre de ses bouleversements politiques et religieux. Dans cette série estivale, Beaux Arts vous emmène tous les jours, du lundi au vendredi, aux quatre coins du monde à la découverte des plus beaux sites, monuments et merveilles de l’humanité à visiter (au moins) une fois dans sa vie.
La mosquée Sainte-Sophie à Istanbul
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La mosquée Sainte-Sophie à Istanbul

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© Alamy / Hemis

Sa silhouette massive domine Istanbul, de jour comme de nuit, et en incarne l’identité composite. Sainte-Sophie a récemment attiré l’attention du monde entier en repassant du statut d’un musée ouvert à tous, selon la volonté du premier président de la république de Turquie Mustafa Kemal Atatürk (1881–1938) de « l’offrir à l’humanité » en 1934, à celui d’une mosquée, certes en partie ouverte à la visite. La décision, condamnée dans une large mesure par la communauté internationale, marque le conservatisme et la défense des intérêts musulmans du mandat de l’actuel président Recep Tayyip Erdoğan.

Pour comprendre l’importance de Sainte-Sophie, il faut remonter jusqu’au VIe siècle de notre ère, date à laquelle les Byzantins, menés par l’empereur Justinien (vers 482–565), mettent en œuvre différents travaux pour faire de Constantinople l’équivalent de Rome pour l’Orient. Le physicien Isidore de Milet (442–537) et le mathématicien Anthémius de Tralles (vers 474-vers 534) sont choisis comme architectes ; très logiquement, ils décident pour ce projet de basilique de s’inspirer du Panthéon de Rome. Les matériaux sont choisis avec soin, et viennent de tout l’Empire byzantin : des pierres noires du Bosphore, du porphyre d’Égypte, du marbre vert de Thessalie…

Ce qu’il faut savoir sur Sainte-Sophie

Plus de 10 000 ouvriers ont été employés pour construire la basilique, et la terminer en un peu moins de six ans. L’exploit est phénoménal, tant pour l’époque que pour les dimensions de ce bâtiment surnommé « la Grande Église », longue de 77 mètres sur 72 de large. Mais c’est surtout sa coupole qui impressionne, avec ses 31 mètres de diamètre, à 55 mètres du sol. Quelques années après son inauguration en 537, un tremblement de terre en provoque l’effondrement ; une nouvelle coupole est aussitôt reconstruite, ce qui offre à l’empereur Justinien l’occasion d’inaugurer sa basilique une seconde fois, à l’âge de 80 ans.

Le dôme, les colonnes et les fresques de Sainte-Sophie
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Le dôme, les colonnes et les fresques de Sainte-Sophie

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© Alamy / Hemis

En 1453, Mehmet II s’empare de Constantinople, et décide de ne pas détruire Sainte-Sophie, grandiose malgré son piteux état (elle a été pillée, endommagée, mal entretenue), mais de la restaurer et d’en faire une mosquée. Les représentations des anges et du Christ sont alors soigneusement dissimulées, et laissent place à de fines décorations emblématiques de l’art islamique. Ainsi, lorsqu’elle devient musée en 1934, les trois millions de visiteurs annuels peuvent observer l’étonnant entrelacement de deux religions et de siècles d’embellissement…

À noter

C’est une nouveauté : autrefois libre d’accès, la mosquée de Sainte-Sophie demande depuis le début de l’année 2024 un droit d’entrée de 25 euros par personne aux touristes, mais également aux fidèles étrangers. Aussi, la principale entrée étant désormais réservée aux seuls citoyens turcs, les visiteurs sont obligés d’emprunter une entrée plus discrète.

Le panneau de « mosaïque Deisis » dans Sainte-Sophie. Jean Baptiste à droite, le Christ au centre et la Vierge Marie à gauche
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Le panneau de « mosaïque Deisis » dans Sainte-Sophie. Jean Baptiste à droite, le Christ au centre et la Vierge Marie à gauche

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© Alamy / Hemis / Photo Jean-Baptiste Rabouan

Certes onéreux, ce billet d’entrée permettra à la mosquée d’entreprendre des travaux de rénovation, sur une recommandation de l’UNESCO. Il semblerait en effet que les visiteurs montrent nettement moins de respect pour une mosquée en usage que pour un musée… La visite se limite donc désormais à la galerie du premier étage et à un espace muséal.

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Sainte-Sophie

Turquie

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