Les ruines de la mosquée Kharbouche, située sur la place Jemaa el-Fna, Septembre 2023
© Reuters / Abdelhak Balhaki
Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 septembre, le Maroc, et plus particulièrement la région de Marrakech, a été secoué par un puissant séisme de magnitude 7 qui a frappé la capitale ainsi que les villes de Rabat, Casablanca, Meknès, Fès, Agadir et Taroudant, causant plus de 2 000 morts et 1 400 blessés – un bilan provisoire qui ne cesse de s’alourdir. À ce terrible drame humain s’ajoutent de nombreux dégâts matériels, qui concernent notamment des joyaux patrimoniaux.
Bâtiment détruit dans un village du Haut Atlas
© Said Echarif / Anadolu Agency via AFP
Plusieurs monuments historiques ont été touchés, en particulier dans la médina (vieille ville) de Marrakech, classée au patrimoine de l’UNESCO. Dès ce week-end, l’organisation internationale y a missionné des experts afin de dresser un inventaire des dégâts. Parmi les principaux dommages, des portions de la muraille historique de la cité (constituée de terre rouge, comme la plupart des monuments anciens de la capitale, d’où son surnom de « ville ocre ») ont été détruites ou fissurées, tandis qu’une partie importante du minaret de la mosquée Kharbouche, sur la célèbre place Jemaa el-Fna, a été réduite en miettes. Surplombant cette même place, la fameuse mosquée médiévale de Koutoubia reste quant à elle debout, mais fragilisée par des fissures structurelles. La Kasbah d’Agadir Oufella apparaît, de son côté, éventrée en plusieurs endroits suite à l’effondrement de plusieurs sections de ses remparts en pierre. Fondée en 1540, cette forteresse avait déjà beaucoup souffert d’un précédent séisme en 1960.
Les musées n’ont pas été épargnés. Samedi, la Fondation nationale des musées du Maroc (FNM) a envoyé une équipe de spécialistes chargés de dresser un bilan des dégâts dans ce domaine et de poser des échafaudages de consolidation provisoire des murs fragilisés. Si le palais Dar el Bacha, qui abrite les musées des confluences et du patrimoine immatériel de Jemaa el-Fna, présente des fissures, ses collections sont sorties indemnes de la catastrophe. Selon la FNM, les dommages seraient « relativement légers » dans « tous ses musées », sauf un : le musée du Tissage et du Tapis, plus gravement atteint. Installé depuis 2018 dans la superbe demeure palatiale Dar Si Saïd, érigée au XIXe siècle dans la médina de Marrakech (et désormais fissurée en de nombreux endroits), l’établissement abritait en effet, outre ses centaines de tapis, une importante collection de poteries et de céramiques, dont une grande partie se sont malheureusement brisées lors du séisme. Qui, à ce jour, serait le plus dévastateur de l’histoire du pays.
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