Article proposé par Exponaute

© Stev’nn Hall
Pour réaliser ses œuvres, Stev’nn Hall n’a pas besoin de beaucoup de matériel : un boîtier reflex numérique sur lequel est monté un objectif de 35mm, de la peinture, un soupçon d’imagination… et le tour est joué ! L’artiste canadien installé dans la province de l’Ontario réalise la grande majorité de ses clichés à quelques pas de chez lui, parfois simplement depuis le rebord de sa fenêtre lorsqu’il braque sa focale sur le ciel et le ballet des nuages gris et blancs dans l’horizon canadien.
Jusqu’ici nous direz-vous, voilà quelque chose de somme toute classique : un artiste qui photographie de beaux paysages, des étangs, des lacs, des ciels changeants… Et c’est justement là où il faut regarder un peu plus en détail le travail de Stev’nn Hall, puisque celui-ci ne se contente évidemment pas de tirer ensuite ses photographies en grand format dans le but de les exposer dans des galeries.

© Stev’nn Hall
Non, le créateur canadien va bien plus loin et c’est là que son âme d’artiste se met véritablement en place. En guise d’influence et d’inspiration, le créateur que nous mettons en lumière aujourd’hui sur exponaute cite volontiers l’école Impressionniste avec, comme chef de file on le devine, le grand Claude Monet, qu’on ne présente plus. Hall revendique d’ailleurs parfaitement cette filiation, trouvant dans la série de tableaux les Nymphéas une source d’inspiration infinie et sans cesse renouvelée.
Avec comme base de travail un tirage en grand format d’une de ses photographies, il saisit alors peinture à l’huile, pastels, acrylique et autres outils puis recouvre le papier glacé de ses propres dessins et appositions de couleurs, qui viennent tout droit de son imagination. Sa main est seulement guidée par sa fantaisie : soit il choisit de suivre scrupuleusement les motifs saisis par son appareil photo, soit il repense totalement l’atmosphère de l’image de sorte à produire un résultat final coloré et saisissant de fantaisie.

© Stev’nn Hall
Que pouvons-nous alors véritablement admirer sur ces œuvres originales ? Ni une photographie, ni une peinture ; en vérité, plutôt un syncrétisme inattendu des deux, un pont hypnotisant entre réalisme et impressionnisme, entre monde réel et univers chimérique. On peut passer de longues minutes à observer les œuvres de Stev’nn Hall, chercher à se demander qu’est-ce qui est du ressort du numérique et qu’est-ce qui a ensuite été rajouté à partir de peinture ou de pastel.
Parfois, la séparation est tellement infime entre les deux qu’il est très délicat de définir quel détail a été réalisé à l’aide de quelle technique. Et c’est probablement là le plus intéressant dans le travail de l’artiste canadien : ces frontières rendues floues entre les techniques et les formes. On pense à Monet, on pense à Turner, ou bien à Pissarro. Mais surtout, on se laisse étrangement transporter, lentement, dans un autre univers, onirique, qui fleure bon l’enfance comme l’Histoire de l’art ; et ça fait du bien.

© Stev’nn Hall
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