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Trump et Epstein main dans la main : la mystérieuse statue installée devant le Capitole, déjà retirée et partiellement détruite

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La sculpture représentant le président Donald Trump et Jeffrey Epstein sur le National Mall à Washington
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La sculpture représentant le président Donald Trump et Jeffrey Epstein sur le National Mall à Washington, 23 septembre 2025

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© IMAGO / Gent Shkullaku / SIPA

Une belle complicité scellée dans le bronze ? Ce mardi 23 septembre au matin, une vision aussi cocasse qu’inattendue faisait son apparition sur le National Mall de Washington : une statue de trois mètres de haut montrant Donald Trump et Jeffrey Epstein gambadant gaiement main dans la main, avec le Capitole en arrière-plan.

Créée par un groupe d’artistes anonymes baptisé « The Secret Handshake », cette représentation ironique des liens très critiqués entre le président américain et l’homme d’affaires condamné pour crimes sexuels, qui devait normalement rester en place jusqu’au dimanche 27 septembre au soir, a été retirée ce mercredi 24 vers 17h30, puis partiellement détruite

Une sculpture rappelant les liens étroits entre Trump et Epstein

Intitulée Best Friends Forever (« Meilleurs amis pour toujours »), cette œuvre en bronze de style réaliste, qui détournait avec humour les codes esthétiques de la sculpture de propagande, était assortie d’une plaque tout aussi ironique : « En l’honneur du mois de l’amitié. Nous célébrons le lien durable qui unit le président Donald J. Trump et son ‘plus proche ami’, Jeffrey Epstein ». La sculpture faisait ainsi référence aux relations étroites entre les deux hommes, qui remontent aux années 1990.

Plaque entre les deux sculptures de Donald Trump et Jeffrey Epstein
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Plaque entre les deux sculptures de Donald Trump et Jeffrey Epstein, 23 septembre 2025

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© Andrew Leyden / ZUMA / SIPA

Condamné en 2008 pour sollicitation de prostitution de mineures, puis arrêté en 2019 pour trafic et abus de mineures, avant de se suicider en prison la même année, Epstein aurait été invité à plusieurs reprises dans le club privé de Trump à Mar-a-Lago. « C’est un type génial. Il est très amusant à côtoyer. On dit qu’il aime autant les belles femmes que moi, et beaucoup sont très jeunes », fanfaronnait le président dans une interview en 2002. En 2007, tous deux ont été poursuivis par la même plaignante pour agression sexuelle – une affaire classée sans suite après une rétractation jugée suspecte.

En 2019, en plein scandale médiatique, Trump affirmait avoir coupé tout lien avec Epstein « depuis 15 ans ». Mais leur proximité vient à nouveau d’être mise en lumière par la révélation, le 8 septembre dernier, d’une lettre suggestive accompagnée d’un croquis de buste féminin que Donald Trump aurait écrite à Jeffrey Epstein en 2003 se concluant par : « Joyeux anniversaire. Que chaque jour soit un autre merveilleux secret ».

Une série d’œuvres satiriques

Le groupe The Secret Handshake n’en est pas à son premier fait d’armes. Ces derniers mois, il avait déjà installé plusieurs sculptures politiques à Washington, telles que The Resolute Desk (une réplique du bureau du président, surmontée d’un étron géant en bronze sur le National Mall) et The Donald J. Trump Enduring Flame (une torche tiki en bronze sur la Freedom Plaza) en 2024, ou encore Dictator Approved (un gros poing doré au pouce levé écrasant la tête de la statue de la Liberté), ainsi qu’un poste de télévision doré surmonté d’un aigle impérial (toutes deux sur le National Mall) en juin dernier – une référence directe à Trump, connu pour ses intérieurs chargés d’or.

L’installation de cette série de sculptures politiques, Best Friends Forever comprise, avait été autorisée par le Service des parcs nationaux (National Park Service, NPS), qui disait vouloir ainsi « défendre la liberté d’expression ». Chargée de gérer les parcs et monuments nationaux, cette agence dépendant du gouvernement fédéral américain s’était vue ordonner par Trump, début septembre, de supprimer plusieurs expositions et œuvres en lien avec l’histoire du racisme aux États-Unis, dont la célèbre photographie en noir et blanc The Scourged Back (1863) exposée à la National Gallery de Washington – le portrait d’un esclave noir montrant, avec gravité et dignité, son dos atrocement mutilé par de multiples coups de fouet, qui avait influencé l’opinion publique en faveur de l’abolition de l’esclavage.

Une nouvelle preuve de la menace qui pèse sur la liberté d’expression aux États-Unis

Le groupe « The Secret Handshake », responsable de la statue, a fourni des images de sa destruction à CNN
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Le groupe « The Secret Handshake », responsable de la statue, a fourni des images de sa destruction à CNN, 24 septembre 2025

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Courtesy The Secret Handshake via CNN

Le NPS aurait-il de nouveau cédé aux pressions du gouvernement, révélant une fois de plus l’ingérence du président américain dans la culture et une fragilisation grandissante de la liberté d’expression aux États-Unis ? « La statue a été retirée parce qu’elle n’était pas conforme au permis délivré », a assuré, de son côté, à CNN une porte-parole du ministère de l’Intérieur, Elizabeth Peace. Une non-conformité qui serait simplement liée à « la hauteur » de la sculpture.

Patrick, un membre du groupe auteur de l’œuvre, qui n’a pas souhaité donner son nom par peur de représailles, s’est étonné de ce revirement du NPS, qui avait « toujours été amical jusqu’à présent ». Autorisé à voir la sculpture après son démantèlement, le groupe l’a retrouvée gravement endommagée, avec « la tête de Trump fendue en deux », comme en attestent des photographies. Selon Patrick, cet acte s’apparente aux menaces proférées il y a quelques jours par le président américain à l’encontre de l’animateur Jimmy Kimmel et de la chaîne ABC. Une façon de plus en plus directe de museler les critiques et de faire régner la terreur sur le monde de la culture…

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