Article proposé par Exponaute

© Vasco Gargalo
Qui aujourd’hui, ne connaît pas la toile Guernica réalisée par Pablo Picasso en 1937 ? L’œuvre monumentale, aujourd’hui visible au Musée Reina Sofía de Madrid après être restée jusqu’en 1981 aux États-Unis à la demande de Picasso, est de nos jours considérée comme une des réalisations les plus importantes de l’Histoire de l’art ; tant elle illustre avec force et intemporalité, les horreurs des conflits armés.
Elle avait été réalisée par l’artiste espagnol alors installé en France en 1937, après que celui-ci a appris, bouleversé, le bombardement de la petite ville basque espagnole de Guernica. L’attaque aérienne avait été menée par une quarantaine d’avions nazis appuyés par l’aviation italienne fasciste dans le but de soutenir le coup d’état nationaliste en Espagne.

© Vasco Gargalo
Vasco Gargalo, un artiste portugais âgé de 39 ans vivant à Franca de Xira a donc décidé de repenser la toile la plus célèbre de Pablo Picasso, tout en actualisant certains de ses éléments clés afin de parler de la guerre en Syrie, créant ainsi une œuvre baptisée « Alepponica ». L’œuvre Guernica s’avère en effet un moyen des plus efficaces et des plus universels pour tenter de dénoncer les atrocités des conflits dans le monde et surtout, chercher à diffuser un message pacifiste.

© Vasco Gargalo
Interrogé par le site internet Buzzfeed, Gargalo a expliqué systématiquement penser au village martyre de Guernica lorsqu’il croise les termes de « guerre civile », puisque la toile de Picasso est probablement l’œuvre la plus célèbre au monde parlant des horreurs de la guerre moderne, déshumanisée, où les bombes pleuvent sur des innocents.
Guernica par Picasso est donc repensé, mais sans pour autant être dénaturé : Gargalo n’a changé que quelques éléments afin d’ancrer le tableau dans notre époque contemporaine. L’artiste portugais a cependant infusé quelques éléments de son univers personnel, touchant à la caricature.

© Vasco Gargalo
Ainsi, nous pouvons reconnaître le président russe Vladimir Poutine transformé en bœuf menaçant, tandis que, sur la droite, Barack Obama se trouve transformé en cheval. Sous la lampe à gauche de la composition, on rencontre une colombe, maigre espoir de paix lorsqu’un peu plus loin, notre œil rencontre des avions de guerre russes s’apprêtant à venir porter main forte aux forces syriennes.
Le bras coupé tenant une kalachnikov représente, selon Vasco Garalo, la résistance syrienne souhaitant la destitution du président Bachar Al-Assad.

© Vasco Gargalo
Ce dernier d’ailleurs, est bien évidemment caricaturé à son tour, et en lieu et place de la femme tenant une bougie allumée sur l’œuvre originale, le président syrien serre dans son poing une fusée sur le point d’exploser. Sous la silhouette écrasante du dirigeant, on voit une femme, probablement une migrante, tenant dans un bras un bébé et dans l’autre, une valise frappée du sigle de l’Union Européenne.
Tout à droite de la composition, dans l’ombre, on devine une silhouette entièrement noire, affublée d’une ceinture d’explosifs. Le message est clair : il s’agit bien des extrémistes religieux de l’Organisation État Islamique.

© Vasco Gargalo
Une oeuvre pourra-t-elle changer le cours de l’Histoire ? Probablement pas. Mais l’artiste portugais espère bien un tant soit peu faire bouger les lignes, alarmer les consciences pour qu’enfin, une issue soit trouvée au conflit syrien. Et vite.
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