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Un chien-robot critique d’art inauguré dans un musée madrilène

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Mario Klingemann, Portrait de l’AICCA (Artificially Intelligent Critical Canine) à la Colección SOLO de Madrid
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Mario Klingemann, Portrait de l’AICCA (Artificially Intelligent Critical Canine) à la Colección SOLO de Madrid, 2023

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Intelligence artificielle • Colección SOLO de Madrid • © Mario Klingemann / Photo Detallesdeunartista

L’intelligence artificielle n’a pas fini de nous surprendre… Pour preuve, le 7 juin, le Colección SOLO de Madrid a présenté à la presse un curieux animal : le tout premier chien-robot critique d’art de l’histoire ! Répondant au nom d’AICCA (Artificially Intelligent Critical Canine) – un clin d’œil à Laïka, célèbre chienne envoyée dans l’espace –, ce sympathique terrier en peluche (monté sur une planche à roulettes et doté d’une caméra placée dans son œil droit) est piloté par un algorithme complexe qui le rend capable, en se promenant dans un musée, une galerie ou une foire, de générer des critiques dans un style ampoulé… qu’il défèque sous la forme de petites notices semblables à des tickets de caisse, éjectées de son arrière-train ! Un détail un poil provocateur que les représentants du métier apprécieront…

Mario Klingemann, L’AICCA, le nouveau chien robot, en train d’éjecter sa critique d’art
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Mario Klingemann, L’AICCA, le nouveau chien robot, en train d’éjecter sa critique d’art, 2023

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Intelligence artificielle • Colección SOLO de Madrid • © Mario Klingemann / Photo Detallesdeunartista

Avec ses airs de jouet d’enfant, ce canidé est à mille lieues des effrayants chiens-robots tueurs aux articulations métalliques qui font actuellement frémir les spécialistes des technologies militaires. Mais le principe de « dressage » n’est pas si différent : afin de pouvoir tirer tout seul des réflexions à partir de ce qu’il voit, AICCA a été nourri de connaissances et entraîné grâce au machine learning. Et ses conclusions ne sont pas si bêtes : ainsi, le street-artiste espagnol Grip Face (de son vrai nom David Oliver) s’est déclaré stupéfait de constater que de nombreux éléments soulignés par l’animal correspondaient à ce qu’il avait en tête en peignant son tableau intitulé I am a victim of social labels (2022), à propos duquel le chien a conclu, au terme d’une analyse détaillée: « Cette œuvre joue remarquablement avec la couleur, la lumière et les formes, créant une atmosphère unique où le réel et l’imaginaire se rencontrent » !

Une œuvre d’art performative de Mario Klingemann

Portraits de l’AICCA et de son inventeur : Mario Klingemann
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Portraits de l’AICCA et de son inventeur : Mario Klingemann, 2023

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Collección SOLO de Madrid • © Mario Klingemann / Photo Detallesdeunartista

Ce toutou cultivé n’a pas été conçu comme un outil de médiation, mais comme une œuvre d’art performative. Son auteur, l’artiste allemand Mario Klingemann (à l’origine de Memories of Passersby I, la première œuvre pilotée par une IA à avoir été vendue par Sotheby’s en 2019), cherche ainsi à « bousculer le rôle traditionnel de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’art », en repoussant encore les frontières de ses applications déjà nombreuses. Quid de la touche d’humour fécal ? Rien de méchant, nous rassure Klingemann, qui promet « n’avoir aucune dent » (ni croc ?) contre les critiques d’art, très « importants » pour les artistes !

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Colección SOLO de Madrid

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