La Banane de Maurizio Cattelan qui valait 120 000 $
© GETTY IMAGES via AFP / Photo Cindy Ord
La banane la plus célèbre (et absurde) de l’histoire de l’art n’a pas fini de faire parler d’elle ! Intitulée Comedian, cette simple banane fixée à un mur blanc avec un morceau de scotch gris par l’artiste italien Maurizio Cattelan, œuvre dont la première et la deuxième édition avaient été vendues (causant une savoureuse polémique) 120 000 dollars pièce lors de la foire Art Basel à Miami, vient d’être dévorée au Leeum Museum of Art de Séoul (Corée du Sud), où elle faisait partie d’une exposition temporaire.
Devant des visiteurs stupéfaits, un étudiant coréen a détaché le fruit, puis l’a tranquillement épluché et mangé. Filmé par un ami, le jeune homme a ensuite pris soin de rescotcher la peau au mur, avant de s’en aller avec un petit sourire satisfait !
Interrogé par le musée sur la raison de son geste, le trublion a simplement répondu qu’il avait faim après avoir sauté le petit-déjeuner. Une réponse délicieusement naïve qui faisait en réalité partie d’un happening prémédité. À la chaîne de télévision KBS, l’auteur du méfait, Noh Hyun-soo, a en effet déclaré « qu’endommager une œuvre d’art pouvait aussi être de l’art. J’ai pensé que ce serait intéressant… N’est-elle pas scotchée là pour être mangée? » Avant d’ajouter qu’il considérait le travail de Cattelan comme une rébellion contre l’autorité, et qu’en ce sens, son geste devait être interprété comme une « autre rébellion contre la rébellion ».
David Datuna mangeant la « Banane » de Maurizio Cattelan à Art Basel en 2019
© EDH
Pour des raisons évidentes liées à sa dégradation naturelle, le fameux fruit est remplacé tous les deux ou trois jours sur l’installation, dont la valeur tient plutôt à l’idée. « Pas de problème », a donc réagi Maurizio Cattelan, qui n’engagera aucune poursuite contre le plaisantin.
Ce n’est de toute façon pas la première fois que sa banane a fini dans l’estomac d’un performeur : en 2019, l’artiste d’origine géorgienne David Datuna avait en effet englouti une version de l’œuvre, juste après qu’elle ait été vendue 120 000 dollars sur le stand de la galerie Perrotin à Art Basel Miami. Provoquant à la fois le rire, et un débat sur l’indécence d’une certaine forme d’art contemporain, à l’heure où la faim touche plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde…
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