Recoupement de deux sépultures de la fouille du boulevard de Port-Royal en 2023, datant du IIe siècle de notre ère
Implantée au sud de Lutèce • © Camille Colonna, Inrap
Le sous-sol parisien regorge de trésors, dont certains restent encore à déterrer. Et ce sont souvent des travaux liés aux transports souterrains ou à la construction de parkings qui mènent à d’importantes découvertes. Sur un chantier du RER B qui avait pour but de réaliser une étude préalable à la construction d’une nouvelle sortie pour la gare Port-Royal, dans le sud de Paris, les pelleteuses ont été mises à l’arrêt pour laisser place le 6 mars à des fouilles archéologiques qui prendront fin le 28 avril. Ces dernières ont permis de dévoiler une cinquantaine de sépultures datant du IIe siècle, soit la plus grande nécropole gallo-romaine de Lutèce (nom de Paris lorsque la ville était sous domination romaine) connue à ce jour !
Cette impressionnante découverte a été faite avenue de l’Observatoire (non loin de l’Observatoire de Paris), entre le tunnel du réseau ferroviaire et la voie de circulation. Sur une parcelle de 200 m², les archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) s’activent à mettre au jour les squelettes d’adultes et d’enfants et les objets qui composent ces sépultures anciennes remarquablement conservées. Si le temps a eu raison des cercueils en bois dont il ne reste que des clous en fer, les ossements sont toujours présents, ainsi que des céramiques, des objets en verre, des bijoux et des ceintures.
Vue générale de la fouille du boulevard Port-Royal, en 2023, datant du IIe siècle de notre ère
Implantée au sud de Lutèce • © Camille Colonna, Inrap
En réalité, cette nécropole, dite « de Saint-Jacques », avait été partiellement découverte lors des travaux d’Haussmann au XIXe siècle, mais rapidement délaissée, faute de contenir des matières précieuses. Minutieusement consignées puis envoyées au laboratoire, ces trouvailles pourraient aujourd’hui nous permettre d’améliorer nos connaissances des pratiques funéraires antiques, avant que l’Église chrétienne n’impose de nouvelles normes. Après avoir été étudiés durant deux ans, ces objets seront récupérés par l’État, et, peut-être, ensuite exposés au public.
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