Article proposé par Exponaute

Yayoi Kusama, Infinity Mirrored Room © Hishhorn Museum of Washington
Des points. Des points de toutes les tailles. Partout. Et des lignes aussi. Beaucoup de lignes. Qui viennent recouvrir des citrouilles. Ici et là, ce sont des tentacules couverts de points blancs et noirs qui s’étirent vers le plafond d’une pièce fermée, dont les murs sont des miroirs. Nous perdons le sens de l’équilibre, de l’espace. Nous nous retrouvons en voyage au milieu de la voie lactée dans un espace plongé dans la pénombre et où scintillent seulement des centaines de petites LED colorées rappelant les merveilles que le télescope Hubble immortalise chaque jour. Oui oui, nous sommes bien là dans l’univers de l’artiste japonaise Yayoi Kusama !
La créatrice, dont les formes et les figures répétitives jusqu’à l’obsession ont fait d’elle une des artistes les plus célèbres de notre époque contemporaine, est sur le point d’ouvrir son propre musée dans le quartier très animé de Shinjuku, à Tokyo, le 1er octobre.

Votre humble servante dans l‘Infinity Mirrored Room du Boijmans van Beuningen Museum de Rotterdam
Le musée, dont le bâtiment a été conçu par l’architecte Kume Sekkei, est achevé depuis 2014 mais Yayoi Kusama était restée délibérément silencieuse à ce sujet. Tout au plus l’artiste aujourd’hui âgée de 87 ans avait elle fait une légère allusion à cette ouverture lors d’une interview accordée au Washington Post, au mois de février dernier. Elle avait alors expliqué, lorsque le journaliste lui demanda quel avait été l’élément le plus marquant de sa carrière : « Il doit encore advenir. Je vais le créer dans un futur proche. »
L’institution culturelle sera dirigée par Tensei Tatebata, le président de l’Université d’Art Tama et directeur du Musée d’Art Moderne de Saitama. Tous les espaces du musée seront bien évidemment consacrés au travail de Yayoi Kusama, avec deux expositions temporaires par an, tandis qu’un des cinq étages sera exclusivement consacré à ses célèbres « infinity room » et autres installations spectaculaires dont elle a le secret. Le dernier étage, quant à lui, accueillera une bibliothèque ainsi que des archives.

Yayoi Kusama © Seattle Art Museum
La toute première exposition de ce nouvel espace culturel sera intitulée : « La création est une quête solitaire, l’amour est ce qui vous rapproche le plus de l’art ». Ouverte du 1er octobre 2017 jusqu’au 25 février 2018, elle présentera au grand public une série de toiles récentes intitulée « Mon âme éternelle ». Le droit d’entrée sera de mille yen, ce qui nous donne environ 7.6 euros. Un indice cependant : un créneau horaire de visite sera précisé sur chaque billet, insinuant que l’institution s’attend d’ores et déjà à attirer les foules.
Et c’est effectivement ce qui risque d’arriver. La dernière exposition en date de Kusama, qui se tient toujours au Hirshhorn Museum de Washington (visible jusqu’au 10 septembre prochain) rencontre un tel succès que certains journaux américains se sont amusés à publier des « guides de survie » à l’exposition de l’artiste japonaise… À bon entendeur !
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