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Ces images sont aujourd’hui célèbres. Pourtant, rien ne les destinait à connaître pareil sort. Publiée en 1898 aux éditions de la Revue Blanche en seulement 30 exemplaires, cette série de 10 xylogravures signées Félix Vallotton a bien failli tomber à jamais dans l’oubli. D’autant plus que son auteur, mécontent du résultat, détruisit ensuite les matrices, les réduisant à des blocs de bois dont il ne gardera que 10 exemplaires. Ces reliques, aujourd’hui conservées au musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, n’avaient jamais été présentées au public, ni même publiées dans un livre. C’est désormais chose faite avec Félix Vallotton – Intimité(s), paru aux éditions Martin de Halleux. L’ouvrage, qui présente également les séries L’Intime au cœur noir (1898) et Les Instruments de musique (1896) est enrichi de textes signés Katia Poletti (conservatrice à la Fondation Félix Vallotton) et de l’écrivain Jean-Philippe Toussaint. « J’avais le sentiment qu’on m’avait confié un trousseau de clés qui ouvraient toutes les portes de la demeure mentale de Félix Vallotton ».
Félix Vallotton, “Intimité(s) et le regard de Jean-Philippe Toussaint”, 2019
© Ed. Martin de Halleux
Félix Vallotton – Intimité(s)... et le regard de Jean-Philippe Toussaint
Comment partir à la découverte du patrimoine et de ses richesses lorsque l’on est déficient visuel ? Si des efforts indéniables sont faits sur les sites pour accueillir les publics empêchés, le monde de l’édition se met lui aussi à la page de l’accessibilité. Preuve en est avec cet objet éditorial publié aux éditions du Patrimoine et qui propose de partir à la découverte de la villa Cavrois, chef-d’œuvre d’architecture moderne signé Robert Mallet-Stevens – situé à Croix dans le Nord –, du bout des doigts ! Composé d’un CD avec des textes enregistrés, d’un livre aux illustrations contrastées et de planches cartonnées reproduisant en volumes l’architecture de la villa, ce bel objet a valu à Christian Bessigneul, graveur, et Laurent Nogues, gaufreur, le prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main.
Villa Cavrois, 2019
© Ed. du patrimoine
Villa Cavrois
Par Jocelyn Bouraly et Hoëlle Corvest
À l’heure où nous n’avons jamais autant été submergés d’images, et où chacun peut, avec son smartphone, s’improviser photographe, Tami Notsani, elle, prend le temps. Le temps d’observer son environnement, de s’attarder sur des détails a priori insignifiants, de produire des images et enfin de les montrer. « Tami Notsani semble investie d’une mission : harponner, puis figer le temps, l’épingler », écrit d’ailleurs le commissaire d’exposition Ami Barak à son sujet. Dans ce livre intitulé Poste restante, la jeune femme, autrefois mécanicienne dans la marine israélienne, fait dialoguer ses photographies avec des textes signés de personnalités du monde de l’art, critiques, curateurs, artistes, mais aussi des écrivains ou encore des psychanalystes. Souvent intimes, les mots offrent ici à l’œuvre de Tami Notsani, un éclairage singulier et émouvant. Un livre introspectif, qui invite chacun à prendre le temps d’observer les images.
Tami Notsani, Sans Titre, 2010
© Adagp, Paris, 2019
Poste restante
Par Tami Notsani
éd. [KA]art • 191 p. • 32 €
Juin 1940. Charlotte Perriand embarque pour le Japon. Sur l’invitation du ministère impérial du Commerce et de l’Industrie, elle devient alors conseillère pour l’art industriel. Pendant deux ans, elle arpentera l’archipel à la découverte de la culture nipponne qui l’inspire. Elle réinterprètera d’ailleurs sa célèbre chaise basculante (co-signée avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret)… en bambou ! C’est cette aventure créatrice qui a inspiré l’auteur de bande dessinée Charles Berberian pour son roman graphique Charlotte Perriand, une architecte française au Japon. Dessins à la ligne claire et aquarelle illustrent la fascination de l’architecte pour le pays du Soleil levant, tout comme ses engagements esthétiques. Souvent teinté d’humour, le regard de Charles Berberian offre un nouvel éclairage de l’œuvre de cette pionnière du design, actuellement à l’honneur à la Fondation Louis Vuitton.
Charles Berberian, Illustration tirée de « Charlotte Perriand, une architecte française au Japon (1940–1942) », 2019
© Ed. du Chêne
Charlotte Perriand, une architecte française au Japon
Le monde nouveau de Charlotte Perriand
Du 2 octobre 2019 au 24 février 2020
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
Dans ces enfers-là, nulle trace de Lucifer, d’âmes damnées ou de visions apocalyptiques. Pénétrer dans les Enfers de la bibliothèque Nationale, c’est au contraire pousser les portes d’un monde de plaisirs, de sensualité et de luxure longtemps tenu secret. À partir des années 1830, des ouvrages jugés contraires aux bonnes mœurs furent en effet relégués dans cette section spéciale, avant d’être rejoints par des gravures et des photographies considérées comme obscènes. Douze ans après l’exposition éponyme de la BnF, Marie-Françoise Quignard et Raymond-Josué Seckel – co-auteurs du catalogue de l’époque – signent une nouvelle anthologie des plaisirs licencieux où les anonymes côtoient les plus grands artistes et dont émane un parfum de scandale et de transgression. À feuilleter sans modération à partir du 7 novembre.
L’Enfer de la bibliothèque. Éros au secret, 2019
© BnF
L'Enfer de la Bibliothèque. Éros au secret
Par Marie-Françoise Quignard et Raymond-Josué Seckel
À paraître le 7 novembre
De Nadia Léger, on ne savait à peu près rien. Pourtant, celle qui fut aussi la compagne de Fernand Léger, est l’auteure d’une œuvre prolifique et engagée, qui puise autant dans les abstractions de l’avant-guerre que dans l’esthétique soviétique. Dans un imposant ouvrage très documenté, l’ancien journaliste Aymar du Chatenet revient sur le parcours de cette fervente communiste qui n’a pas hésité à mettre son art au service du régime (elle a notamment réalisé d’imposantes fresques à la gloire de Lénine et Eisenstein). Un portrait tout en contraste de celle qui fut pendant longtemps considérée comme une simple « femme de ».
Nadia Léger. L’histoire extraordinaire d’une femme de l’ombre, 2019
© Ed. Imav
Nadia Léger. L'histoire extraordinaire d'une femme de l'ombre
Par Aymar du Chatenet
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