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L’époque est incertaine ? Elle vous tourmente et vous angoisse ? Pourquoi ne pas trouver un peu de réconfort dans les cartes ? Un livre publié chez Taschen retrace l’histoire passionnante du tarot et de ses multiples symboles. Nombreux sont les artistes à s’être emparés de ce jeu divinatoire auréolé de mystère, comme Salvador Dalí (dont les cartes ont aussi fait l’objet d’une réédition chez Taschen) ou encore Niki de Saint-Phalle et son Jardin des Tarots, situé à Capalbio, en Italie, et inspiré des 22 arcanes majeurs. Pour appréhender l’avenir avec créativité ! I. B.
« Tarot. Une histoire visuelle », éditions Taschen, 2020
©Taschen
Tarot. Une histoire visuelle
C’est une première ! Les éditions Phaidon consacrent un ouvrage au couple Albers, pionnier de l’art moderne, formé au début des années 1920 sur les bancs de la mythique école du Bauhaus à Weimar. Lui, est peintre, designer et professeur émérite ; elle, révolutionnera les arts textiles et s’imposera comme théoricienne. Toutefois, il aura fallu attendre des années avant que le talent d’Anni, trop longtemps éclipsé par le travail de son mari Josef, soit enfin reconnu à sa juste valeur ! On se réjouit donc de la publication de cet épais (et beau !) volume qui revient, séparément d’abord, sur les jeunes années de l’un et l’autre, avant d’explorer leur rapport conjoint à la création ainsi qu’à leurs amitiés artistiques (Paul Klee, Marcel Breuer, Robert Rauschenberg…). Le tout richement illustré et documenté d’archives personnelles et émouvantes de ce couple mythique de l’art. I. B.
« Anni & Josef Albers : égaux et inégaux » de Nicolas Fox Weber, éditions Phaidon, 2020
©Phaidon
Anni & Josef Albers : égaux et inégaux
Par Nicholas Fox Weber
Plus d’un million d’abonnés se délectent, sur Instagram, de ses dessins épurés et délicatement osés. Alors lorsqu’il leur a demandé de lui raconter, en message privé, une anecdote érotique et personnelle, sans doute l’illustrateur Simon Frankart ne s’attendait-il pas à recevoir autant de retours… 1500 ! En résulte ce délicieux livre-objet où se dévoilent, littéralement, par un petit œilleton voyeur, 25 histoires savoureusement coquines, illustrées à l’encre. Au fil des pages, Simon Frankart lève les tabous sur la sexualité, le désir, le plaisir mais aussi les sentiments. Une odyssée à la fois intime et universelle, à mettre (presque) dans toutes les mains. I. B.
« Le Diascope des Petites Luxures » de Simon Frankart, éditions Hoëbeke, 2020
©Hoëbeke
Le Diascope Petites Luxures
Par Simon Frankart
Fan de cinéma, vous connaissez peut-être déjà ce compte Instagram jubilatoire qui compile les photographies de paysages ou d’architectures qui évoquent l’univers tout en symétrie et tons pastel ou sépia des films de Wes Anderson. Deux-cents de ces images au charme délicieusement rétro sont désormais publiées dans un livre qui ressuscite l’esprit de la Famille Tenenbaum et autre Grand Budapest Hotel. De quoi patienter en attendant la sortie de The French Dispatch, prochain film du cinéaste américain au casting cinq étoiles. I. B.
“Accidentally Wes Anderson” de Wally Koval, éditions Wes Anderson, 2020
©Wes Anderson
Accidentally Wes Anderson
Par Wally Koval (préface de Wes Anderson)
En 1889, Verlaine publie selon ses propres mots « un livre orgiaque, sans trop de mélancolie », un recueil de poèmes hanté par les amours sulfureuses de l’auteur, mais aussi par son identité ambiguë, à la fois pêcheur et catholique fervent, mari et amant… Un an après la mort du poète, en 1900, le marchand Ambroise Vollard propose à Bonnard d’illustrer ce texte. Le chef de file des Nabis couvre alors les pages de lithographies roses et licencieuses. Femmes nues et poses lascives, lits défaits et étreintes sensuelles donnent corps à ce texte magistral, dont la charge érotique demeure intacte. I. B.
« Bonnard-Verlaine parallèlement » de Stéphane Guégan, éditions Hazan, 2020
©Hazan
Bonnard-Verlaine. Parallèlement
Par Stéphane Guégan
Palais abandonnés, villas oubliées, demeures délabrées… Depuis 2016, le photographe français Thomas Jorion sillonne l’Italie et ses ruines ; des bâtisses jadis luxueuses du XVIIIe au XXe siècle, dont on se demande parfois comment elles tiennent encore debout. Devant l’objectif du photographe les voilà magnifiées et curieusement puissantes, habitées d’une force invisible, qui se manifeste pourtant dans chaque fissure, chaque trou béant. L’œuvre du temps ainsi suspendue, elles renouent avec leur grandeur passée et nous offre une réflexion sur notre propre vanité. Un voyage méditatif dans le temps, porté seulement par les images du photographe (aucun texte, si ce n’est une brève introduction par Giovanni Fanelli, professeur d’histoire de l’architecture à l’université de Florence). Pour le plaisir des yeux. I. B.
« Veduta » de Thomas Jorion, éditions de la Martinière, 2020
©Thomas Jorion
Veduta
Par Thomas Jorion
Un récit muet et en noir et blanc à travers seulement vingt-cinq dessins. C’est le principe de la collection « 25 images », créée par l’éditeur Martin Halleux, suivant le format inventé en 1918 par le pionnier du roman graphique Frans Masereel. Et il n’en faut pas plus pour happer le lecteur. Dans ce premier opus, un jeune garçon s’échappe de funérailles pour s’enfoncer dans les bois tout proches. À chaque pas, chaque planche, c’est un nouveau précipice à franchir, un nouveau spectre à affronter… Jusqu’à la rencontre finale. Grâce au procédé de la « carte à gratter », dont il s’est fait une spécialité, l’auteur et illustrateur Thomas Ott déploie un univers visuel dense et somptueux. Où la forêt se fait labyrinthique, étrange, ambiguë, majestueuse. Un magnifique récit initiatique et métaphorique imprimé avec tout le soin apporté à un livre d’art. F.G.
“La Forêt” de Thomas Ott, éditons Martin de Halleux, 2020
©Éditions Martin de Halleux
La Forêt
Avec son esthétique léchée et tapageuse, ses dragons furieux et ses guerrières hypersexualisées, le fantasy art a longtemps été dédaigné. Pourtant, le genre compte autour du globe des armées de fans et se trouve associé à d’immenses succès populaires tels Le Seigneur des Anneaux. Cet ouvrage de poids, richement illustré, lui rend ses lettres de noblesse en remontant à ses origines picturales, de Jérôme Bosch à William Blake, et en retraçant méticuleusement l’histoire indissociable de celle des comics, de la science-fiction ou de la littérature médiévale fantastique. Une place de choix est réservée aux grands artistes de la fantasy que sont H.G. Giger – père de l’effroyable créature de la saga Alien –, les Français Moebius et Philippe Druillet – co-fondateurs de la mythique revue Métal Hurlant – ou les frères Hildebrandt, illustrateurs des célèbres cartes Magic. Bref, une véritable bible. F.G.
« Masterpieces of Fantasy art », éd. Taschen, 2020
© Taschen
Masterpieces of Fantasy Art
Par Dian Hanson
Romancier, poète, homme engagé et… dessinateur. C’est une facette méconnue et pourtant fascinante de l’homme de lettres que met en lumière ce (très) beau livre de Gérard Audinet, directeur des maisons Victor Hugo où sont conservés plus de 700 dessins de l’artiste. Au fil des pages, on plonge dans une œuvre puissamment romantique, aux noirs ténébreux, où se mêle fusain, charbon, suie et même du café ! Victor Hugo se fait tour à tour caricaturiste grinçant, rêveur tourmenté et même typographe inspiré, aussi bien passionné par les ruines gothiques inquiétantes que par les arts décoratifs chinois. On croise, sur ses précieuses feuilles, des sorcières maléfiques, des bourreaux sans pitié, des architectures hallucinées ou encore des arbres solitaires… Sublime et surprenant, l’esprit fiévreux de ce génie français n’a pas fini de nous hanter. I.B.
Coffret « Victor Hugo. Dessins », éd. Paris Musées, 2020
©pierre Antoine
Victor Hugo. Dessins
Par Gérard Audinet
Éd. Paris Musées • 384 p. • 49 €
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