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Peggy Guggenheim. Le choc de la modernité
« Je ne suis pas une collectionneuse d’art, je suis un musée. » Voilà le lecteur de cette biographie consacrée à Peggy Guggenheim (1898–1979) prévenu. Fascinée par la personnalité anticonformiste de la célèbre mécène américaine, Francine Prose (auteure d’une vingtaine d’ouvrages en tout genre) en dresse un portrait enlevé, rappelant toutes les audaces et provocations dont était capable cette grande boulimique d’art et d’artistes. En prise avec les épisodes tragiques d’un XXe siècle tourmenté, mais aussi truffé d’anecdotes croustillantes sur ses frasques, le récit suit la riche héritière, amie de Marcel Duchamp et d’André Breton, qui se prit de passion pour les avant-gardes européennes, dont elle acquit les œuvres des plus éminents représentants. En quête perpétuelle de beauté et d’émotions, amoureuse à l’appétit insatiable, Peggy Guggenheim doit lutter contre ses démons intérieurs.
La Rose de Saragosse
« La gravure est l’art des rebelles. Elle détourne encre et papier de l’usage que leur ont assigné les scribes. […] Elle oblige à voir autrement. » Saragosse, à la fin du XVe siècle, dans le milieu des conversos (les Juifs convertis au catholicisme), Angel, mercenaire effrayant et graveur de génie, croise sur sa route la jeune Léa, artiste en quête d’indépendance. Au coeur d’un scandale impliquant le meurtre d’un prêtre, les caricatures de responsables religieux et des graffitis blasphématoires sur les murs de la ville, leurs destins se précipitent dans les ténèbres de l’Inquisition. Un roman exaltant, ode à la liberté de penser et de créer.
La Diagonale du Désir
Commissaire d’exposition, enseignante en esthétique, Sinziana Ravini explore dans son travail les liens entre art et littérature, avec un net penchant pour les œuvres autofictionnelles. Dans son premier roman, elle poursuit l’aventure et met en scène une femme qui part à la recherche de « son véritable désir ». La narratrice s’invente un double littéraire, Madame X, et demande à des femmes qu’elle admire (artiste, actrice, philosophe…) de lui confier des missions, qu’elle transforme en performances, afin d’explorer son inconscient avec le concours d’un psychanalyste à qui elle conte ses aventures. D’une écriture limpide, faussement ingénue, elle entraîne le lecteur dans un monde sensuel à fleur de peau.
À l’impossible nul n’est tenu ! Partout dans le monde, des architectes ont bravé les éléments naturels pour concevoir des maisons au bord, au-dessus, voire sur l’eau. Dans le Montana, aux États-Unis, le Chalet des bassins a ainsi été construit autour d’un ensemble d’étangs, malgré les caprices du niveau des eaux. En Belgique, un refuge de bois, érigé au coeur d’un marais, semble flotter comme par magie sur une vaste étendue liquide, et, sur l’île norvégienne de Manshausen, des petits bâtiments ont été perchés sur des môles rocheux face à la mer. Exigeant des prouesses de réalisation, ces habitats s’adaptent au paysage pour en devenir l’une des parties intégrantes.
Habiter sur l’eau
Habiter sur l’eau
Kill my Mother
Le célèbre dessinateur de presse, scénariste et auteur de BD américain Jules Feiffer n’a, à 89 ans, pas dit son dernier mot. Il sort chez Actes Sud un roman graphique succulent, polar au trait nerveux et spontané. L’enquête démarre en 1933 dans le bureau de Neil Hammond, enquêteur privé alcoolique et râleur – heureusement assisté de la brillante Elsie –, avec la visite d’une grande blonde au destin trouble, voire triple… Le dénouement a lieu dix ans plus tard, en plein conflit mondial, sur l’île de Tawara, scène d’affrontement entre marines et soldats japonais, où les masques de cette funèbre comédie tombent enfin.
« Peindre d’après nature, ce n’est pas copier l’objectif, c’est réaliser ses sensations », disait Cézanne. Et c’est à Aix-en-Provence qu’il put le faire pleinement. Des célèbres paysages géométrisants du maître de la modernité à la psychédélique fondation Vasarely, de l’architecture audacieuse du palais de justice esquissée par Claude Nicolas Ledoux au Pavillon noir consacré à la danse de Rudy Ricciotti, de l’imposant cours Mirabeau aux ruelles en pierre de taille, la ville dévoile les trésors de son patrimoine à travers ce guide richement illustré.
Le grand guide d’Aix-en-Provence
Le Grand Guide d’Aix-en-Provence
Par Daniel Chol (photos Camille Moirenc)
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