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Week-end arty

À Bruxelles, l’art est une fête

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Publié le , mis à jour le
À l’occasion de la grande foire Art Brussels, suivez notre parcours arty dans la capitale belge, où essaiment galeries à la renommée internationale, lieux d’exposition pointus et espaces alternatifs.

1. Avenue Louise, galeries françaises et belges rivalisent d’excellence

Quartiers Saint-Gilles et Ixelles

Autour de la paisible avenue Louise, les galeries ont poussé comme des champignons, se surpassant en espaces majestueux. La Française Valérie Bach a gagné haut la main la compétition : elle s’est offert l’ancienne Patinoire royale, dont les amples volumes autorisent toutes les folies aux artistes, telle Jeanne Susplugas jusqu’au 22 avril. Son voisin quasi immédiat, Daniel Templon, mise quant à lui sur le plus local de ses poulains, mais pas le moins scandaleux, à savoir le Flamand Jan Fabre, qui célèbre à l’occasion de cette foire de printemps la figure de Bacchus (du 18 avril au 26 mai). Autre mastodonte, Rodolphe Janssen dévoile dans sa double galerie les dernières oeuvres de Sam Moyer (jusqu’au 5 mai).

Si l’on traverse l’avenue, c’est pour tomber sur les deux espaces d’Albert Baronian, figure du marché bruxellois. Le représentant de Gilbert & George ou encore de Robert Wilson expose Olaf Holzapfel (du 19 avril au 2 juin). Né en Allemagne de l’Est, l’artiste, qui a été à l’honneur de la dernière Documenta, transgresse les frontières, glissant de peinture en sculpture, de photographie en film. À quelques encablures, une autre historique Française, Nathalie Obadia, installée ici depuis cinq ans, met en avant l’ultra-éclectique Flamand Joris Van De Moortel (du 18 avril au 9 juin). Presque en face, la Loge propose une expérience radicalement différente. Installée dans un ancien temple franc-maçon, cette structure dédiée au dialogue entre architecture, art et théorie accueille symposiums, performances et expositions. À partir du 19 avril, l’exposition « Voici des fleurs » y confronte nos concitoyennes Pauline Curnier Jardin et Caroline Mesquita à la Belge Akarova et à la Britannique Hanne Lippard.  

Galerie Templon
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Galerie Templon

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De même que Daniel Templon, plusieurs galeries parisiennes voient depuis quelques années Bruxelles comme un nouvel eldorado.

© Courtesy Galerie Templon/Photo Serge Brison.

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Galerie Valérie Bach

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Galerie Daniel Templon, Bruxelles

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Galerie Rodolphe Janssen

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Galerie Albert Baronian

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Galerie Nathalie Obadia, Bruxelles

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La Loge

2. De l’art africain aux poètes bétonneurs

Quartier de l’Abbaye

Un peu plus loin sur l’avenue Louise, une autre concentration de galeries d’excellence. Notre préférée : Meessen De Clercq, installée dans une élégante demeure où elle donne à voir une scène passionnante, représentée notamment par Fabrice Samyn et Evariste Richer. Non loin de là, la Française Almine Rech, elle aussi en heureux exil, met à l’honneur à partir du 18 avril le peintre Marcus Jahmal. Nouvelle structure dans le quartier, les galeries Rivoli rassemblent au sein d’un immeuble seventies une dizaine d’espaces. En tête de proue, Xavier Hufkens, qui a également gardé son lieu d’origine dans la même rue. Quant aux amateurs d’art africain, ils se précipiteront chez Didier Claes.

Le quartier est aussi doté de deux lieux d’exposition notables. La fondation CAB propose ce printemps un projet aussi singulier que bien pensé. Le commissaire Matthieu Poirier, spécialiste de l’art cinétique, s’est penché avec « The Brutal Play » sur l’ère constructiviste du tout-béton, versant art contemporain. Soit trois générations de poètes bétonneurs s’inspirant de l’architecture brutaliste, de Donald Judd à Valentin Carron. Enfin, la fondation Boghossian, installée dans la villa Empain, bijou de l’Art déco, se la joue mélancolique. Humeur saturnienne déclinée d’Orient en Occident, de l’Antiquité à nos jours, de la philosophie à la peinture.

Fondation Boghossian
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Fondation Boghossian

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Abritée dans la villa Empain, bijou d’Art déco, elle propose jusqu’au 19 août l’exposition « Melancholia », dont fait partie l’oeuvre ci-dessous : Sans titre, de Claudio Parmiggiani (2013–2015).

© Photos Georges De Kinder.

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Galerie Almine Rech

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Galerie Didier Claes

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Fondation CAB

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Fondation Boghossian - Villa Empain

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Galeries Rivoli

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Galerie Meessen De Clercq

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Galerie Xavier Hufkens

3. Ancienne brasserie, hangar réhabilité… abritent le meilleur de la création

Quartier Forest

Loin des sentiers battus, le centre d’art Wiels, installé dans une ancienne brasserie, propose des monographies d’anthologie. Dernière en date, celle de Saâdane Afif : le Français y rejoue jusqu’au 22 avril certaines de ses expositions passées, comme autant de partitions. Sur les murs, les paroles de chansons que ses oeuvres ont inspirées à une flopée d’auteurs, univers que tout un chacun peut investir dans un studio d’enregistrement de luxe. Moteur d’un quartier autrefois déshérité, le Wiels a attiré de nouveaux acteurs de l’art contemporain.

Installée à Brooklyn et Manhattan, la galerie Clearing occupe depuis un an un ancien hangar. Elle y déploie les oeuvres de ses artistes, de la Française Lili Reynaud Dewar au Thaïlandais Korakrit Arunanondchai, à l’honneur pendant Art Brussels. En avril, Clearing accueille une nouvelle voisine : la collectionneuse Galila Barzilaï-Hollander, qui se définit comme « artcoolique ». Pleins feux sur les artistes émergents, dans cette fondation à valeur pédagogique où « l’expérience de chacun sera valorisée », promet la veuve du grand antiquaire belge Jacques Hollander. En face, une autre férue d’art, issue de la famille Ullens, a ouvert la fondation A Stichting dévolue à la photographie. Un espace précieux pour la qualité de sa programmation, de Walker Evans à Robert Adams.

Wiels
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Wiels

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Le centre d’art vient de franchir le cap des dix ans et s’impose plus que jamais comme une institution essentielle.

© Wiels.

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Wiels

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Galerie Clearing

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Fondation Galila Barzilaï-Hollander

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Fondation A Stichting

4. Le temple de l’art conceptuel

Quartier des Petits et Grands Sablons

Grosse concentration artistique entre ces deux places réservées aux antiquaires. Thuriféraire de l’art conceptuel dernière génération, Jan Mot y a ouvert une superbe galerie. Pendant Arts Brussels, il présente un florilège de la collection de la Stichting Egress Foundation d’Amsterdam, riche de pièces amassées par Seth Siegelaub, l’un des dieux en ce domaine des plus pointus (avec notamment Carl Andre et Sol LeWitt).

Autre site époustouflant, l’immeuble du 67, rue de la Régence. Ceux qui l’ont réhabilité sont hélas partis, comme Micheline Szwajcer, retournée à Anvers, ou Catherine Bastide, exilée à Marseille. Mais la galerie israélienne Dvir s’y est substituée : elle y dévoile jusqu’au 14 avril les dernières sculptures d’Adel Abdessemed, l’un de ses artistes phares. Il sera suivi de Miroslaw Balka, du 19 avril au 2 juin. En remontant, ne pas rater la galerie Gladstone, grand appartement bourgeois dévolu aux stars internationales. Enfin, il ne faut pas hésiter à se faufiler dans la boutique Hermès du boulevard de Waterloo. Tout au fond, l’espace de la Verrière s’ouvre trois fois par an à une programmation pointue, orchestrée par Guillaume Désanges. Marie Cool & Fabio Balducci y présentent leurs dernières performances, durant lesquelles un simple geste, une feuille de papier suffisent à créer une danse magique. 

Dvir Gallery
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Dvir Gallery

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C’est l’une des dernières arrivées des galeries étrangères : venue de Tel-Aviv, Dvir a investi l’un des plus beaux espaces du centreville. Ici, des sculptures de la série Feux d’Adel Abdessemed, en bois de tilleul carbonisé (2018).

© Courtesy Dvir Gallery, Bruxelles-Tel Aviv & Adel Abdessemed © Marc Domage & Isabelle Arthuis.

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Galerie Jan Mot

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Dvir Gallery

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Galerie Gladstone

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La Verrière - Fondation d'entreprise Hermès

5. Affinités électives

Quartier Sainte-Catherine

Autour de la charmante place Sainte-Catherine, où se sont réfugiées quelques galeries, une poignée de lieux d’intérêt. Premier d’entre eux, la Centrale for Contemporary Art. Souvent tournée sur la scène française, elle s’ouvre en ce printemps aux collectionneurs bruxellois, une espèce pas du tout en voie de disparition ! Onze d’entre eux dévoilent leurs trésors, oeuvres d’artistes belges comme internationaux. Si la Vanhaerents Art Collection est également recommandée, il faudra attendre septembre pour la voir ouvrir à nouveau. Argos, en revanche, est bien ouvert, et propose une exposition autour du thème de la rencontre. Dialogue intergénérationnel, affinités électives, « Si loin, si proche » fait converser les oeuvres de Louise Bourgeois, Berlinde De Bruyckere, Duane Michals, Alfredo Jaar ou Yun-tien Chu (jusqu’au 22 avril).

Centrale for Contemporary Art
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Centrale for Contemporary Art

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L’ancienne centrale électrique est devenue un lieu d’art ouvert à tous les publics, qui mise sur la pédagogie. Ici, Self Portrait as a fountain, de Paul Pfeiffer (2000).

© Vanhaerents Art Collection, Bruxelles.

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Centrale for Contemporary Art

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Vanhaerents Art Collection

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Argos

6. Une seconde vie grâce au street art

Quartier de Molenbeek

Le quartier à la mauvaise réputation est décidé à ne pas sombrer ! Les espaces alternatifs y bourgeonnent, à commencer par le Mima (Millennium Iconoclast Museum of Art), dévolu au street art. En avril, il invite Akay & Olabo, créateurs d’installations souvent illégales dans des lieux publics, des entrepôts condamnés, des immeubles abandonnés. Aussi recommandé, l’espace Société défend l’art numérique et s’interroge sur l’impact des nouvelles technologies sur les esprits et les sociétés, à travers « Earth & Sky », du 19 avril au 30 juin, avec Dennis Oppenheim, Mark Geffriaud & Géraldine Longueville…

Mima
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Mima

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Cet espace alternatif expose jusqu’au 22 avril le duo Akay & Olabo (ci-dessous, vue de l’oeuvre Nomads).

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Mima

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Société

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Bientôt un Centre Pompidou en Belgique !

Ça crisse encore un peu dans le milieu de l’art belge : l’arrivée du Centre Pompidou à Bruxelles ne se fera sans doute pas sans mal. Pour montrer patte blanche, l’institution propose, à partir du 5 mai 2018 jusqu’à fin juin 2019, une exposition de préfiguration dans l’ancien garage Citroën, laissé brut avant d’être réhabilité pour devenir le pôle culturel Kanal-Centre Pompidou. Un projet pluridisciplinaire, ADN de Beaubourg, imaginé par le directeur du musée national Bernard Blistène, qui offrira une belle place à la scène belge. À terme, le garage de 37 000 m2, situé à l’intersection de la place de l’Yser et du quai de Willebroeck, abritera un musée d’Art moderne et contemporain, le Civa (Centre international pour la ville, l’architecture et le paysage), ainsi que des espaces publics polyvalents.

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