El Paro, Nodo
© Yann Monel
Tout au sud de Paris, la Cité internationale universitaire héberge 7 000 étudiants venus du monde entier. Les bâtiments, dont certains sont signés de grands noms de l’architecture comme Le Corbusier, sont dispersés au sein d’un parc de 34 hectares, dont l’accès est gratuit. Du 30 avril au 28 septembre, il accueille la 8e édition du parcours « Jardins du monde en mouvement ».
Celle-ci résonne avec le centième anniversaire de la Cité universitaire et constitue une belle occasion de redécouvrir ce site bucolique des marges parisiennes, lové contre le boulevard périphérique. Soutenu par la Caisse des dépôts, l’événement permet d’approcher cinq jardins créés par de jeunes artistes qui travaillent avec le vivant pour faire naître des visions humanistes, écologiques et printanières.
Originaire de Chalifert en Seine-et-Marne, le plasticien Elparo investit une pelouse juste devant le bâtiment principal avec une monumentale sculpture de bois, sorte de serpent enroulé sur lui-même pour former un « 8 » infini tout en courbes. Intitulée Nodo (« nœud » en espéranto), l’œuvre évoque la profondeur et la complexité des liens qui se nouent ici, dans ce lieu d’accueil où vivent des milliers d’étudiants étrangers.
De leur côté, les paysagistes Sidonie Kuentz et Anne-Emmanuelle Cretier entrent elles aussi en dialogue avec l’hospitalité des lieux : pour Sous l’arbre à palabre, elles ont imaginé un jardin minimaliste qui invite les passants à s’asseoir à l’abri d’un arbre, sur un sol en pierres sèches et à côté de quelques herbacées, signes discrets d’un travail du paysage « artisanal ».
Architecte, paysagiste et doctorante, Chensi Shen donne quant à elle forme à une grande Rivière intemporelle, qui fait écho au centenaire de ces lieux et zigzague dans le campus ; en s’approchant, on aperçoit des boîtes à souvenirs qui y flottent, emplies de petites choses modestes laissées par les résidents et anciens étudiants…
Chensi Chen, Rivière intemporelle
©Yann Monel
Plus massive, l’installation créée par le duo du Selah Creative Office (Achille Anjoras et Théo Braghini) est un étonnant cube de nature sens dessus dessous, qui inverse le sol et le ciel en conviant une riche végétation au plafond. Enfin, on finit cette charmante visite chez l’architecte Arnaud Thomas, dont Le Parlement des vivants réunit de fascinantes micro-architectures pour non-humains, comme des hôtels à insectes ou des abreuvoirs pour oiseaux. D’une poésie toute douce…
Jardins du monde en mouvement
Du 30 avril au 28 septembre 2025
Pour en savoir plus, consultez le site de la Cité internationale universitaire
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