Entretien

Centenaire de la Cité internationale universitaire de Paris : « L’idéal humaniste demeure une source d’inspiration plus que jamais essentielle »

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Publié le , mis à jour le
Cent ans après la création de la Cité internationale universitaire de Paris, ce campus pour étudiants unique, véritable musée d’architecture et centre culturel dynamique, continue de se réinventer, comme nous le raconte Vanessa Scherrer, sa déléguée générale.
Récemment rénovée, la fondation Avicenne (1969), l’un des pavillons du campus, a pu rouvrir ses portes en offrant 111 logements étudiants.
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Récemment rénovée, la fondation Avicenne (1969), l’un des pavillons du campus, a pu rouvrir ses portes en offrant 111 logements étudiants.

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© Antoine Meyssonnier

Quelle est l’histoire de la Cité internationale universitaire ?

La Cité internationale est née d’un idéal pacifiste après la Première Guerre mondiale. Le projet était destiné à créer un « campus pour la paix » pour la jeunesse du monde afin de promouvoir le dialogue interculturel et de jeter les bases d’une paix durable, au cœur de Paris. Ce qui pouvait sembler utopique à l’époque est devenu une réalité : la Cité internationale continue de prospérer un siècle après sa création.

Aujourd’hui, elle regroupe 45 maisons, dont six sont classées ou inscrites au titre des monuments historiques, et accueille chaque année, au cœur d’un parc de 34 hectares, 12 000 étudiants, chercheurs et artistes issus de 150 nationalités. C’est aussi un lieu de culture ouvert à tous, avec plus de 1 000 manifestations par an, gratuites pour la plupart, ainsi qu’un patrimoine artistique et architectural hors du commun.

Depuis une dizaine d’années, la Cité connaît un essor sans précédent marqué par la création de neuf nouvelles maisons et le lancement de vastes projets de rénovation. La réhabilitation récente de la fondation Avicenne en est l’un des temps forts. Quels ont été les principaux défis de ce projet ?

« Nous avons choisi le thème du ‘rayonnement’ pour marquer cet anniversaire », indique Vanessa Scherrer.
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« Nous avons choisi le thème du ‘rayonnement’ pour marquer cet anniversaire », indique Vanessa Scherrer.

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© Antoine Meyssonnier

La fondation Avicenne est un bâtiment emblématique de l’architecture métallique du XXe siècle, conçu en 1969 par Claude Parent et l’ingénieur André Bloc, associés aux architectes iraniens Heydar Ghiai et Mohsem Foroughi. Pendant quarante-quatre ans, elle a été la dernière construction réalisée sur le campus. Bien connue des automobilistes empruntant le périphérique sud, elle était fermée depuis 2007 en raison de sa vétusté.

Il a fallu attendre dix-sept ans pour réunir les 24 M€ nécessaires à sa rénovation avec la Ville de Paris, la RIVP [Régie immobilière de la ville de Paris] et l’État, et inaugurer la maison. Le chantier, piloté par l’agence Beguin & Macchini, a débuté par un désamiantage important. L’un des principaux défis consistait à mettre le bâtiment aux normes actuelles tout en améliorant ses performances acoustiques et thermiques, et ce, sans altérer son esthétique d’origine. Un véritable tour de force.

« Célébrer un centenaire, c’est comme vivre un nouveau printemps et se réinventer tout en réfléchissant à notre identité. »

Allez-vous poursuivre cette dynamique ?

Oui, nous continuerons sur cette lancée. Au cours des quinze prochaines années, nous avons prévu un programme ambitieux de rénovation portant sur cinq à six maisons. Parmi celles-ci figure par exemple la fondation Lucien Paye, destinée à l’origine aux étudiants, chercheurs et artistes du continent africain, des Caraïbes et du Pacifique. Ce bâtiment, conçu en 1951 par Albert Laprade – une grande figure de l’entre-deux-guerres, aussi auteur du musée national de l’Histoire de l’immigration du palais de la Porte-Dorée –, abrite des œuvres d’art remarquables, notamment des tapisseries d’Aubusson réalisées par Roger Bezombes, classées monuments historiques.

Parallèlement, nous poursuivrons la rénovation de la fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe, la toute première maison du campus, construite en 1925. Ces projets nécessitant des investissements importants, nous lançons un appel au mécénat pour les soutenir. Enfin, nous prévoyons de construire une « Maison du centenaire » sur la dernière parcelle vacante. Ce nouveau bâtiment viendra clore notre campus de l’enceinte historique « Jourdan », compléter notre offre de logements tout en incarnant nos missions et nos valeurs.

La Cité internationale va fêter ses 100 ans. Quel message souhaitez-vous transmettre ?

Le thème du « rayonnement » célèbre le centenaire de la Cité internationale
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Le thème du « rayonnement » célèbre le centenaire de la Cité internationale, 2024

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© Antoine Meyssonnier

Célébrer un centenaire, c’est comme vivre un nouveau printemps et se réinventer tout en réfléchissant à notre identité. C’est pourquoi nous avons choisi le thème du « rayonnement » pour marquer cet anniversaire. La Cité internationale est un véritable joyau qui mérite d’être redécouvert. Dès mars et tout au long de l’année, nous proposerons un programme riche et varié : un cycle de conférences sur l’architecture, un « musée sans bâtiment » dans l’esprit de Yona Friedman, des chaises poétiques de l’artiste québécois Michel Goulet installées dans le parc, une nuit dédiée à la poésie, et bien plus… Dans un monde profondément fracturé, la Cité internationale reste un modèle unique du vivre-ensemble. Son idéal humaniste demeure une source d’inspiration plus que jamais essentielle.

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