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Elle emprunte son nom au dernier tome d’À la recherche du temps perdu, et ceci n’est pas un hasard ! À Cabourg, la Villa du Temps retrouvé offre aux visiteurs un voyage à la Belle Époque. La Villa Bon Abri, dans laquelle est installée l’institution, fut construite par les Parent, une famille d’architectes proche de Proust. Et si ce dernier n’est pas à proprement parler le personnage principal de ce musée, c’est tout de même lui (ou plutôt sa statue en bronze) qui accueille les visiteurs dans le jardin ! La duchesse de Guermantes, Swann, Albertine… À peine a-t-on passé la porte qu’on a l’impression que pourraient surgir les personnages de la Recherche. Dans cette maison-musée, l’expérience est inédite : d’une part parce que les œuvres présentées changent chaque année, grâce à des prêts d’institutions importantes comme le musée d’Orsay ou le Mobilier National, mais aussi parce que les visiteurs sont rois. On peut s’asseoir dans les canapés douillets, feuilleter des livres dans la bibliothèque, et même jouer quelques notes de piano ! À l’étage, rendez-vous cet été avec Gustave Eiffel, autre figure incontournable de la Belle Époque dont l’empreinte est particulièrement visible en Normandie, le temps d’une petite exposition qui met en lumière ses projets moins connus du grand public. Après la visite, une balade dans Cabourg (devenu « Balbec » sous la plume de Proust), s’impose. L’esprit de l’écrivain est partout, du Grand Hôtel où il avait ses habitudes à la promenade en bord de mer qui porte son nom.
Edgar Duvivier, Marcel Proust, 2017 ; Salon de musique, Villa du Temps retrouvé, Cabourg
© Ville de Cabourg
Villa du Temps retrouvé
15 Avenue du Président Raymond Poincaré • 14390 Cabourg
villadutempsretrouve.com
« Les soirs où, assis devant la maison sous le grand marronnier, autour de la table de fer, nous entendions au bout du jardin, non pas le grelot profus et criard qui arrosait, qui étourdissait au passage de son bruit ferrugineux, intarissable et glacé toute personne de la maison qui le déclenchait en entrant « sans sonner », mais le double tintement timide, ovale et doré de la clochette pour les étrangers, tout le monde aussitôt se demandait : « Une visite, qui cela peut-il être » ? » Cette clochette, que décrit Proust dans Du côté de chez Swann, on peut encore l’admirer à l’entrée du 4 rue du docteur Proust, à Illiers-Combray ! C’est ici que se trouve la maison qui appartenait autrefois à Jules et Élisabeth Amiot, la tante paternelle de l’écrivain, qui lui a inspiré le personnage de Tante Léonie. Cette maison tient une place essentielle dans le roman, c’est ici que l’auteur situe, par exemple, la fameuse scène de la madeleine. Fermée pour d’importants travaux de restauration, elle abrite en temps normal la collection de la Société des Amis de Marcel Proust, qui a trouvé refuge à quelques pas de là…
Maison de Tante Léonie à Illiers-Combray
© Société des Amis de Marcel Proust
Société des Amis de Marcel Proust - Maison de Tante Léonie
19 Rue de Chartres • 28120 Illiers-Combray
www.amisdeproust.fr
Toujours situé à Illiers-Combray, ce musée éphémère, sis dans une maison bourgeoise du centre-ville, accueille la collection de la Société des Amis de Marcel Proust le temps des travaux de la maison de Tante Léonie. On y admire la reconstitution de la chambre de cette dernière, mais aussi des manuscrits (et leurs drôles de « paperolles »), des photos de famille et des œuvres, parmi lesquelles un émouvant dessin de Paul César Helleu (qui a inspiré le personnage d’Elstir), figurant l’écrivain sur son lit de mort. De quoi aider les proustophiles à patienter jusque juin 2023, date de réouverture annoncée de la maison de Tante Léonie.
Musée éphémère Marcel Proust à Illiers-Combray
© Société des Amis de Marcel Proust
Otto Wegener, Marcel Proust, Probablement le 27 juillet 1896
Coll. privée • © Otto Wegener / TopFoto / Roger-Viollet
Le saviez-vous ? Il reste encore des facettes inexplorées de la vie et l’œuvre de Proust ! En témoigne l’exposition « Marcel Proust. Du côté de la mère », qui pour la première fois présente l’auteur par le prisme de sa judéité. Le parcours thématique, qui rassemble près de 230 œuvres et documents (dont certains déjà présentés l’année dernière au musée Carnavalet pour « Marcel Proust, un roman parisien »), met en lumière les liens de l’écrivain avec sa famille maternelle, les Weil, avant de revenir notamment sur son engagement dans l’affaire Dreyfus ou encore sur sa vision complexe de l’homosexualité – en cette fin XIXe, juifs et homosexuels étaient frappés d’opprobre et donc contraints à la plus grande discrétion. Une exploration inédite et passionnante de celui dont on croyait avoir tout dit.
Marcel Proust. Du côté de la mère
Du 14 avril 2022 au 28 août 2022
Musée d'art et d'histoire du Judaïsme • 71 Rue du Temple • 75003 Paris
www.mahj.org
On s’y rend comme on fait un pèlerinage ! Salle incontournable du musée Carnavalet, la chambre de Marcel Proust permet de se glisser dans l’intimité de l’écrivain, et de se figurer les coulisses de la création de son grand œuvre. De santé fragile, Marcel Proust passait en effet le plus clair de son temps dans sa chambre, dont les murs étaient couverts de liège pour s’isoler du bruit extérieur (on peut y admirer encore une petite plaque). Au milieu de la pièce trône donc le grand lit en fer de l’auteur, autour duquel sont présentés des objets qui lui ont appartenu. À commencer par son épais manteau noir, mais aussi sa canne, son plumier… On croirait l’écrivain tout juste sorti de la pièce !
Manteau et mobilier ayant appartenu à Marcel Proust
Musée Carnavalet - Histoire de Paris • © Antoine Mercusot ; © Pierre Antoine
Musée Carnavalet
Accès gratuit aux collections permanentes.
23 Rue de Sévigné • 75003 Paris
www.carnavalet.paris.fr
Tombe de Marcel Proust au cimetière du Père Lachaise, Paris
© Alamy / Hemis / Photo Frédéric Reglain
C’est dans la 9e division du cimetière du Père Lachaise que se trouve l’ultime demeure de Marcel Proust, emporté en 1922 par une pneumonie. Un conseil, ouvrez bien les yeux ! Car on peut facilement passer à côté de sa tombe, sans même la remarquer. Si sa sépulture est si discrète, c’est parce qu’elle a été entièrement restaurée et modernisée suite à une violente attaque, qui visait en fait la tombe voisine. Il n’est pas rare de voir, à même le marbre noir, des madeleines, déposées là par quelques admirateurs de passage…
Marcel Proust. feuillet 10, paperolle posée verticalement et enroulée sur elle-même
BnF, Paris • © BnF
Les célébrations du 150e anniversaire de la naissance de Marcel Proust sont à peine achevées que la BnF s’apprête déjà à fêter un nouvel anniversaire : le centenaire de la mort de l’auteur ! Pour ce faire, l’institution consacre à la Recherche une grande exposition, « La fabrique de l’œuvre ». Organisée tome par tome, elle détaillera toutes les étapes de la composition du roman qui, bien que resté inachevé, est devenu un monument de la littérature mondiale. Une plongée au cœur du chef-d’œuvre de l’écrivain, notamment à travers ses manuscrits si singuliers, sortis pour l’occasion de l’exceptionnel fonds de la BnF. Rendez-vous à la rentrée !
Marcel Proust. La fabrique de l’œuvre
Du 11 octobre 2022 au 22 janvier 2023
BnF • Quai François Mauriac • 75013 Paris
www.bnf.fr
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