Le Louvre Abu Dhabi, sur l’île de Saadiyat
© GUIZIOU Franck / hemis.fr
En voilà un musée qui a fait couler beaucoup d’encre, et ce bien avant son ouverture en 2017 ! Le Louvre Abu Dhabi, premier musée universel du monde arabe, est le fruit d’une coopération entre la France et les Émirats arabes unis. Chantier pharaonique (et polémique), architecture titanesque, collections ambitieuses, diplomatie, enjeux géopolitiques, soft power… Une saga qui en dit long sur l’aventure muséale au XXIe siècle. Installé sur l’île de Saadiyat – « lieu de la félicité » – ce musée des civilisations présente des œuvres acquises récemment ou issues de prêts (du Louvre notamment). Afin d’abolir les frontières entre les cultures, les salles (une cinquantaine) se succèdent dans un parcours chronologique et thématique, qui associe des œuvres de tous les continents, du paléolithique à nos jours. Fin 2021, la licence de la marque « Louvre » est étendue jusqu’en 2047, témoignage du succès de ce partenariat inédit. Garantie pour la France de rayonnement culturel.
En 2007, les deux pays signent un accord formalisant la création du musée à 500 mètres au large de la capitale des Émirats, sur une île destinée à accueillir un district culturel de renommée mondiale, édifié par les « starchitectes » Frank Gehry, Zaha Hadid et Tadao Andō. Le Louvre Abu Dhabi est donc, sans surprise, dessiné par Jean Nouvel. L’architecte s’inspire des moucharabiehs et des coupoles du monde arabe pour ériger un dôme argenté. Percée de milliers d’étoiles, cette structure est aussi lourde que la tour Eiffel ! À l’intérieur, une pluie de lumière arrose les visiteurs. On parcourt les différents bâtiments du musée comme une médina, à travers espaces publics et ruelles. Une prouesse architecturale de 97 000 m²… Sur fond de controverses liées aux conditions de travail des ouvriers sur le chantier.
Les collections du Louvre Abu Dhabi évoluent au gré des prêts et des acquisitions. Parmi les peintures, la Vierge à l’enfant de Bellini (1480–1485) est un sublime témoignage des débuts de la Renaissance vénitienne. Un rare exemple de Princesse de Bactriane (Asie centrale, 2300–1700 av. J.-C.), représentée debout et non assise, comme la plupart de ces statuettes, ravira les amateurs d’antiquités orientales. La Composition avec bleu, rouge, jaune, noir de Mondrian (1922) est emblématique de la collection d’art moderne, quand l’arbre de bronze et d’acier de la série Germination de Giuseppe Penone (2016) dialogue avec la canopée de Jean Nouvel.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique