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Absolument incontournable ! La Cène, qui orne la paroi nord du réfectoire de l’église du couvent dominicain Santa Maria delle Grazie, est l’une des plus somptueuses fresques du monde. Et donc très prisée ! Prenez vos précautions et réservez votre visite plusieurs jours (voire semaines !) à l’avance… Ce trésor du patrimoine, très fragile, n’est visible que sur rendez-vous (arrivez 20 minutes avant). Attention, votre découverte est limitée à 15 minutes seulement et par petit groupe d’une trentaine de personnes. Mais quel ravissement !
Réalisée entre 1495 et 1497, cette peinture murale, combinant détrempe, huile et vernis, est une commande de Ludovic Sforza. Pour l’artiste, qui représente le dernier repas du Christ, le tour de force aura été de rendre visible « les mouvements de l’âme » des treize protagonistes attablés : « Les silhouettes humaines doivent être représentées de telle manière que le spectateur puisse facilement reconnaître, de par leurs attitudes, les inventions de leur esprit », notait Léonard de Vinci à propos de son chef-d’œuvre, dans ses carnets. Après avoir contemplé La Cène, ne manquez pas de faire un tour dans l’église en briques rouges, dont le grand architecte Bramante a signé la « tribune ».
Léonard de Vinci, La Cène, 1495–1498
Tempera • 4,6 × 8,8m • © Alamy – hémis / Photo MB
Cenacolo Vinciano
Fermé le lundi.
2 Piazza di Santa Maria delle Grazie • 20123 Milano
cenacolovinciano.vivaticket.it
En sortant du cloître du couvent de Santa Maria delle Grazie, il suffit de traverser la rue pour découvrir un lieu hors du temps, où Léonard de Vinci a séjourné alors qu’il réalisait sa fresque de La Cène pour le duc. La Casa degli Atellani – du nom d’un de ses propriétaires, fidèle courtisan de Ludovic Sforza – abrite un trésor vivant. En 1498, en signe de reconnaissance pour ses travaux, le duc fait cadeau à l’artiste d’une parcelle de vignes. D’une surface approximative de huit hectares, elle s’étendait au fond du jardin de cette maison, qui a vécu plusieurs transformations au fil du temps mais qui vaut vraiment la visite (ne serait-ce que pour sa salle de Luini réunissant des portraits de la famille Sforza…). Après un incendie dans les années 1920 et les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le cépage de Léonard – la Malvasia di Candia, qui produit un savoureux vin blanc – a pu être replanté en 2015 dans son lieu originel.
Casa Atellani Giardino aux Vignes Léonard
Photo Filippo Romano
Après tant de découvertes, vous prendrez bien un petit en-cas (ou, soyons fous, une bonne assiette de charcuterie et de fromages) ? Marchez un peu pour gagner le quartier animé de Brera, où l’on trouve toujours de quoi ravir ses papilles… Terminez votre gueuleton avec un ristretto : le typique café très serré vous tiendra bien éveillé pour la suite !
Vue du quartier Brera à Milan
© Alamy – hémis / Photo Casimiro
Qui va piano va sano… En effet, on ne saurait apprécier au pas de course la visite de la pinacothèque Ambrosiana ! Cette célèbre institution milanaise doit son nom à Ambroise, le saint patron de la ville. Parmi tous les chefs-d’œuvre de la Renaissance (du Caravage, entre autres), vous commencerez en admirant, au premier étage, le carton de L’École d’Athènes, célébrissime fresque de Raphaël réalisée de 1508 à 1512. Récemment restauré, ce travail préparatoire au crayon est de toute beauté… Regardez bien, au centre, le personnage au doigt levé : Raphaël a prêté les traits de Platon à… Léonard !
Pour les fans de ce dernier, le clou se situe en fin de parcours. Une aile entière montre en effet l’influence de Léonard de Vinci sur ses élèves – notamment un Saint Jean-Baptiste peint par Salaï, un des plus fidèles garzone de l’artiste. Juste avant la sortie, une belle salle en boiseries expose, en plus du Portrait de musicien (vers 1485) de Léonard, quelques pages de son fameux carnet, le « codex atlanticus ». Ces feuillets révèlent les ingénieux projets du maître : hydraulique, optique, génie militaire, urbanisme, architecture… rien n’échappe à son imagination !
Léonard de Vinci, Portrait de musicien, vers 1485
Huile sur bois • 47 × 37 cm • © Veneranda Biblioteca Ambrosiana / Mondadori portfolio
Rejoindre le quartier universitaire de Biococca, loin du centre historique de la ville, vaut le coup rien que pour cette adresse. Dans un décor complètement baroque – une autruche en métal, un mur de bouteilles, des boiseries, des dorures –, la trattoria Arlatti régale depuis 1936 ! À la carte, les incontournables milanais comme l’osso bucco ou un fameux risotto que l’on sert sauté à la poêle (risotto salti).
Reconstruit au XVe siècle sur les ruines de la forteresse des Visconti, qui dominèrent la cité pendant deux siècles, le château des Sforza, au bout de la trépidante via Dante, en impose avec son allure en briques rouges. Pour embellir le siège de sa cour, Ludovic Sforza a sollicité les plus grands artistes de son époque, dont l’architecte Bramante, qui signe une passerelle couverte, et le peintre Bramantino, auteur d’une fresque dans la salle dite « du trésor ». Entre 1496 et 1498, c’est à Léonard de Vinci que revient de décorer la salle de l’axe (sala delle asse). Le maître investit alors les 267 m2 du plafond avec un splendide trompe-l’œil exécuté à la détrempe, où des branches de mûrier enchevêtrées s’épanouissent et enserrent le blason du duc. Dissimulée durant de longues années sous des couches d’enduit et des repeints, la fresque a été restaurée et fait l’objet d’une présentation multimédia. Toutes les cinq minutes, les visiteurs accèdent à la salle et découvrent les différentes étapes de création de l’œuvre, grâce à des animations projetées au mur et au plafond. Instructif !
Château Sforza à Milan
© Alamy – hémis / Photo Classic Image
C’est dans le quartier de la porte Garibaldi que vous trouverez de quoi rassasier votre petit creux et, pourquoi pas, craquer pour un bel objet design ! Le 10 Corso Como réunit à la fois un concept store, un restaurant, un café et un petit hôtel de trois chambres. Tout est sans fautes de goût et agrémenté d’une jolie terrasse.
Vue de de la rue Corso Como à Milan
© Alamy – hémis / Photo Casimiro
Toujours curieux d’en savoir plus, on file maintenant au musée national de la Science et de la Technologie Leonardo da Vinci. Dans cet ancien monastère du XVe siècle se trouve la plus grande exposition au monde dédiée à l’ingénieur et humaniste. Sur 1300 m2 se déploient une cinquantaine de maquettes réalisées dans les années 1950 d’après les carnets du maître, mais aussi des reproductions de peintures lombardes du XVIe siècle, largement inspirées par Léonard de Vinci. En plus de cela, le musée est aussi un centre de recherches et de ressources scientifiques. Résultat, vous n’aurez pas vu le temps passer…
Vue de la nouvelle galerie Léonard au Musée des sciences et des techniques Léonard de Vinci
© Lorenza Daverio
Museo Nazionale della Scienza e della Tecnologia Leonardo da Vinci
21 Via San Vittore • 20123 Milano
www.museoscienza.org
Pour tout savoir de Léonard de Vinci, ne ratez pas notre site documentaire interactif : https://beaux-arts.cosavostra.com/leonarddevinci/
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