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Cinéma

Nos 4 coups de cœur du festival d’Annecy

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Publié le , mis à jour le
La situation sanitaire s’étant nettement améliorée, la 62e édition du Festival international du film d’animation d’Annecy a pu ouvrir ses portes au public du 14 au 19 juin. Beaux Arts y a repéré pour vous 4 merveilles, et autant de réalisateurs à suivre de près !

1. Bestia, un monde sans repère

Une lumière douce, des têtes de poupées en porcelaine étonnamment expressives et un chien de laine au pelage nuageux composent l’univers singulier de ce court-métrage signé Hugo Covarrubias. Si l’animation, et l’atmosphère calme qui s’en dégage, procureraient presque un sentiment de bien-être, le scénario fait rapidement basculer le spectateur dans des visions cauchemardesques. Ce contraste entre un graphisme chaleureux – presque riant – et une trame glaçante dans le contexte troublé de l’Argentine à la veille du putsch des généraux de 1976 est formidablement mis en scène. Notamment à travers le personnage d’Ingrid, quinquagénaire célibataire quelque peu détraquée par son infâme travail.

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Sélection L’Officielle

Bestia

2. People in motion, « Battle Royale » d’un nouveau genre

Dans un monde obscur où le soleil n’apparaît qu’une seule heure par jour, des marionnettes survivent, isolées les unes des autres. Le décor ? Une effrayante cité lacustre, dont les maisons et leurs habitants semblent avoir été surpris par une montée des eaux violente et définitive… Ne sachant pas nager, chaque personnage est condamné à vaquer à ses occupations – lire, écrire ou bricoler – pendant l’unique heure d’ensoleillement quotidienne, avant de replonger dans une torpeur obscure et anxiogène. Un jour, une boule de lumière remonte à la surface de l’eau ; les personnages redoublent alors d’inventivité et de cruauté pour se l’approprier. Avec ses marionnettes comiques et inquiétantes, le réalisateur Christoph Lauenstein livre une fable qui dresse un portrait peu reluisant de l’humanité et de la fin du monde.

Christoph Lauenstein, People In Motion
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Christoph Lauenstein, People In Motion, 2021

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© Lauenstein & Lauenstein Filmproduktion

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Sélection L’Officielle

People in motion

3. Angakuksajaujuq, rêve au pays des Inuits

Dans de magnifiques lumières polaires et de brasiers de cheminées, le réalisateur Zacharias Kunuk met en scène une jeune angakuk – chamane en inuktitut – et sa grand-mère. Ensemble, elles partent à la rescousse d’un homme de la communauté immobilisé, dont l’esprit semble altéré. Pour tenter de le sauver, les deux femmes entreprennent un voyage mental sous psychotropes pour aller interroger la déesse Kanaaluk, « celle d’en bas », sur les origines du mal qui ronge le jeune Inuit. Les couleurs luminescentes et la sobre animation des personnages invitent le spectateur au plus près de la mythologie inuite, à travers une quête psychédélique où les relations du chamane avec sa communauté et d’une petite-fille avec sa grand-mère se rejoignent de façon extrêmement touchante.

Hugo Covarrubias, Angakuksajaujuq
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Hugo Covarrubias, Angakuksajaujuq, 2021

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© Taqqut Productions Inc., Isuma

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Sélection L’Officielle

Angakuksajaujuq

4. Divare Chaharom, dissensions familiales

Si vous appréciez les jeux Super Paper Mario, vous allez être conquis par l’animation de Divare Chaharom ! Ici, les personnages et les éléments d’une cuisine s’entremêlent pour conduire un dialogue graphique audacieux en deux et trois dimensions. Un jeune garçon, étranglé entre ces deux dimensions, projette au sein de la cuisine familiale ses angoisses et les névroses de ses proches : une mère dépressive qui ne fait plus qu’une avec sa machine à laver, et un père alcoolique et colérique littéralement cloué au réfrigérateur. Le réalisateur Mahboobeh Kalaee rend compte d’un quotidien particulièrement animé, ponctué d’invectives, et transmet avec brio le sentiment d’être coincé dans un kaléidoscope de couleurs, de pleurs et de rires.

Mahboobeh Kalaee, Divare Chaharom
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Mahboobeh Kalaee, Divare Chaharom, 2021

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Sélection Off-Limits

Divare Chaharom

Visuel à la une : Angakuksajaujuq de Zacharias Kunuk (2021)

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