Jean-Paul Rouve est David Rousseau et Guillaume Gouix est l’adjudant Louvetot dans Polar Park, 2023
Photo Pascal Chantier / arte
Attention, voici une petite pépite d’humour décalé qui ne vous laissera pas de glace ! Diffusée sur Arte du 2 au 9 novembre, Polar Park a rassemblé 1,31 millions de spectateurs pour le premier épisode, soit le meilleur score 2023 de la chaîne dans la catégorie séries.
Disponibles intégralement en replay jusqu’en avril 2024, ces six épisodes de 52 minutes créés par Gérald Hustache-Mathieu, reprennent les personnages du film Poupoupidou (2011) et son décor enneigé : Mouthe, ville de Franche-Comté réputée la plus froide de France. Dans une ambiance de comédie noire à mi-chemin entre Fargo des frères Coen, Twin Peaks de David Lynch, Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud et Misery de Rob Reiner (entre autres références savoureuses), l’intrigue suit les pérégrinations de David Rousseau, un auteur de romans policiers en panne d’inspiration et aux ouvrages de qualité douteuse (mais aux titres tordants, tels Orange balsamique et Vegan psycho), incarné par l’irrésistible Jean-Paul Rouve.
Scène de crime du premier épisode de « Polar Park »
© Arte
En visite à Mouthe dans l’espoir d’y retrouver son père, ce dernier voit son attention piquée par la découverte d’une oreille coupée dans le « parc polaire » (une ferme pédagogique locale) et d’un facteur assassiné, dont le corps sans vie a été déguisé et mis en scène pour reproduire le fameux Autoportrait à l’oreille bandée et à la pipe de Vincent van Gogh. Suivent rapidement d’autres meurtres qui recréent des œuvres célèbres : la Marilyn Monroe d’Andy Warhol, le David de Michel-Ange, un portrait féminin de Picasso, ou encore une compression de César. Qui est donc ce terrible serial killer amateur d’art, qui sème derrière lui de véritables installations contemporaines aussi belles que cruelles ?
En s’immisçant dans l’enquête du naïf adjudant Louvetot (Guillaume Gouix), lui-même aux ordres de la commandante Bellerose (Firmine Richard, vue dans Huit Femmes), en se laissant envoûter par la voix d’une jolie chanteuse, Niki (Soliane Moisset), et en tentant d’éviter une prof de français un peu trop fan de son œuvre (India Hair, parfaite), l’écrivain part à la poursuite du coupable.
Serait-ce l’un des religieux de ce décidément très étrange monastère ? Ou bien le jeune bibliothécaire aux centres d’intérêt morbides, campé par Gaspard Meier-Chaurand, génial dans le genre pince-sans-rire ? Semée de détails surréalistes, l’enquête l’emmènera sur des chemins inattendus, jusqu’à un tipi indien et à une rencontre improbable entre le Ku Klux Klan et la Cène de Léonard de Vinci. Soignée, la photographie offre notamment une belle référence finale à un célèbre tableau d’Edward Hopper, Nighthawks. Un bijou totalement givré, parfait pour passer une longue soirée d’hiver !
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