Article réservé aux abonnés
Connu pour ses portraits de Johnny Depp, Robert De Niro ou Lady Gaga, ainsi que pour sa recomposition de La Cène de Leonard de Vinci, Maurizio Galimberti travaille le Polaroïd depuis 1983, décomposant et recomposant des images, détail par détail, afin de leur insuffler encore et toujours plus de mouvement. En 2019, l’artiste italien s’est amusé à photographier les parfums phare de la collection Signature of the Sun d’Acqua di Parma, sous différents éclairages ; afin d’en orner les flacons. Des impressions olfactives tout sauf cliché.
« Signature of the sun » par Acqua di Parma et Maurizio Galimberti
© Aqua Di Parma / Maurizio Galimberti
Capter l’essence de l’homme moderne, en revisitant les codes du street art. Voici le défi qui accompagnait le lancement du parfum Urban Hero de Jimmy Choo, en 2020, et qui se traduit en bouteille par des notes de citron caviar, de poivre noir, de bois de palissandre et de vétiver. Pour donner corps à ce mélange ambré, presque « cuiré », la marque a fait appel à Jules Dedet, alias L’Atlas (nom du titan condamné à porter le monde sur ses épaules dans la mythologie grecque, ndlr). Le choix du street artiste s’est alors porté sur une flasque chrome, dont les reflets métalliques évoquent l’effet produit par certaines bombes aérosols. Et si l’Urban Hero, c’était lui ?
« Urban Hero » de Jimmy Choo et L’Atlas
© Jimmy Choo
Depuis 1828, le destin de Guerlain se conjugue avec l’art. En 1939, Jean-Michel Frank, Christian Bérard et Alberto Giacometti co-signaient le décor de la boutique des Champs-Élysées. Cela fait désormais douze ans que la maison y accueille des expositions (Niki de Saint Phalle, Sarah Moon, Chiharu Shiota…). Parmi les dernières en date, « L’âme du temps » (du 13 novembre 2018 au 6 janvier 2019), qui trahit l’importance du parfum dans l’œuvre de Claudine Drai. La plasticienne intègre en effet depuis 2009 l’olfaction à ses créations. De ce projet est né une fragrance, L’Heure blanche, eau florale aux accents musqués, conçue par Delphine Jelk et Thierry Wasser. Son nom renvoie à L’Heure bleue, l’un des fleurons de la marque et à la (non-) couleur de prédilection de l’artiste. Le tout dans une version immaculée de l’incontournable flacon aux abeilles de Guerlain.
“L’Heure Blanche” par Guerlain et Claudine Drai
© Guerlain
Aēsop a le sens de la ligne. Chacune de ses boutiques est l’œuvre d’un designer de renom (Frida Escobedo, Snøhetta, Fernando et Humberto Campana…) et son compte Instagram est une démonstration de graphisme à lui tout seul. Quant au quatrième parfum de la marque, il rend hommage à l’architecte française Charlotte Perriand. Conçue en collaboration avec le nez Barnabé Fillion, Rōzu Eau de Parfum raconte plusieurs facettes de la vie de la designer. La dominante de rose évoque la pépinière japonaise Wabara créée en son honneur. À cette évocation florale se mêle – sur des accords de Shiso, d’un côté ; de patchouli et de myrrhe, de l’autre – une allusion à l’air des montagnes et aux eaux de Cologne masculines que Perriand aimait respectivement parcourir et porter. L’emballage arbore, quant à lui, une photographie issue des archives de la designer.
Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle l’« ennoblisseur des matières délaissées ». Le plasticien William Amor est capable de transformer un tas de détritus en un bouquet de roses. Pour la Maison Kenzo, ce roi de l’upcycling a réalisé 250 coquelicots, emblème de la marque et de son parfum Flower By, à partir de déchets divers (sacs plastiques, filets de pêche, métal, hêtre…). L’installation engagée avait donné lieu, en 2019, à une vente solidaire dont la moitié des bénéfices avaient été reversée au programme « Orange Blossom, pour un monde plus beau » qui tend à responsabiliser l’approvisionnement en fleurs d’oranger, tout en participant à l’émancipation des femmes au Maroc.
« Le coquelicot messager » par Kenzo Parfums et William Amor
© KENZO Parfums
Il était une fois un pépiniériste esthète, qui propose à Jean-Michel Othoniel, lui-même amoureux de la nature, de donner son nom à une fleur. Le choix du tandem s’arrête sur une rose, plantée en 2014 dans le jardin du musée Delacroix, et référencée depuis dans les registres de botanique. Le sculpteur espérait déjà en retrouver un jour l’odeur dans un parfum. Défi relevé, quelques années plus tard, par la Maison Diptyque, qui, pour le packaging de sa bougie et de son eau de toilette Othoniel Rosa, est allée jusqu’à reprendre un motif de l’artiste, exposé de mai 2019 à février 2020 dans la cour Puget du Louvre. Une rose, bien sûr, revisitée à l’encre et à l’aquarelle d’après un tableau de Pierre-Paul Rubens représentant le mariage de Marie de Médicis et d’Henri IV. Alliances parfaites !
Fragrance « Othoniel Rosa » / Création visuelle de la fragrance « Othoniel Rosa »
© Diptyque Paris
À sentir aussi…
Fragrances détermiNantes
La prochaine édition du Voyage à Nantes aura sa propre identité olfactive ! Les Nantais sont actuellement appelés à voter entre les propositions de trois nez, Marc-Antoine Corticchiato, Bertrand Duchaufour et Mélanie Leroux. Leur préférée sera ensuite commercialisée dans un flacon imaginé par Baptiste Ymonet et Vincent Jousseaume, de l’Atelier Polyhedre.
Le nez de Claude Monet
En 2019, à l’âge de 24 ans seulement, Andrea Berger, lançait Les Fleurs de l’Art, une marque de parfums inspirés d’œuvres. Après un hommage à Claude Monet (La Fleur de Claude et Le Pont de Claude), la jeune femme met cette fois-ci Degas à l’honneur avec La Danseuse.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique