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Célébrant à la fois l’héritage et la créativité, Hermès incarne l’élégance à la française. Depuis sa fondation par Thierry Hermès, en 1837, le cheval est au cœur de ses métiers. La plus artisanale des grandes maisons de luxe est aussi la plus familiale : Hermès est dirigé par Axel Dumas, gérant depuis 2013, tandis que Pierre-Alexis Dumas en est le directeur artistique général. Tous deux sont membres de la sixième génération de la famille fondatrice. Cette constance tient à un attachement indéfectible aux métiers qui ont rendu célèbre la manufacture au XIXe siècle, et c’est précisément la mise en valeur patrimoniale qui a permis à la maison de rayonner depuis sa création.
Aujourd’hui, elle se distingue par le foisonnement créatif des collections, signées par des directeurs artistiques inventifs comme Martin Margiela (de 1997 à 2003) ou Jean-Paul Gaultier (de 2004 à 2010). Plus récemment, Nadège Vanhee-Cybulski, créatrice du prêt-à-porter féminin, a remis les classiques au goût du jour en leur apportant une touche urbaine et décontractée, tandis que Véronique Nichanian, son homologue pour le prêt-à-porter homme, développe un vestiaire masculin centré sur l’essentiel. Les belles matières et l’artisanat d’excellence restent les critères de référence du sellier parisien, directement inspirés par l’élégance du cheval.
Saut Hermès 2018 sous la coupole du Grand Palais
© Stefanie Moshammer
Par ailleurs, depuis 2010, Hermès célèbre cet animal athlète au cœur de Paris avec le Saut Hermès au Grand Palais, compétition équestre internationale de saut d’obstacles.
Grâce à sa Fondation d’entreprise créée en 2008, qui soutient le savoir-faire artisanal et la création, le mécénat Hermès investit également le design, la photographie et l’art contemporain. La fondation a ainsi créé le Prix Émile Hermès, fondé une résidence d’artistes et organise régulièrement des expositions dans cinq espaces dédiés, en Europe et en Asie. Soucieuse de la transmission, la maison organise tous les deux ans une Académie des savoir-faire.
C’est en 1837 que naît la maison Hermès, lorsque l’artisan d’excellence, Thierry Hermès, harnacheur fraîchement débarqué à Paris, installe son premier atelier près du Boulevard de la Madeleine. En 1880, Charles-Émile Hermès, son fils, déménage et ouvre un magasin au 24, rue du Faubourg Saint-Honoré. À la fabrication de harnais s’ajoutent bientôt les selles, ainsi que l’équipement du cavalier et de sa monture. L’enseigne acquiert vite une réputation internationale.
Le déclin du cheval comme moyen de transport est loin de marquer une crise : au tournant du siècle, son petit-fils Émile-Maurice Hermès se lance dans la création d’objets liés à l’urbanité, au voyage et au transport ; sautant ainsi l’obstacle de la diversification, en s’appuyant sur la maîtrise des matières premières et de sa culture artisanale.
Dans les années 1950, Robert Dumas et Jean-René Guerrand, gendres d’Émile Hermès, poursuivent la diversification tout en respectant l’intégrité de la marque : vêtements, bijoux, montres, agendas, carrés de soie… À partir de 1978, Jean-Louis Dumas, avec d’autres membres de la cinquième et de la sixième génération, insuffle un nouvel élan grâce à l’apport de nouveaux métiers et à la mise en place d’un réseau mondial de magasins Hermès.
Adresse historique d’Hermès au 24, rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris
© Benoit Teillet
Depuis 1987, un thème annuel vient éclairer les collections et les activités de la maison. Cette envie de raconter une histoire est déjà perceptible dans le logo de la maison, qui représente un duc, modèle de voiture sportive tirée par deux chevaux. Il doit son inspiration au Duc attelé, groom à l’attente, un dessin à la mine de plomb signé par le peintre Alfred de Dreux. Émile-Maurice Hermès en avait fait l’acquisition pour son cabinet de curiosités, qui se trouve encore aujourd’hui au deuxième étage du magasin Hermès du 24, rue du Faubourg Saint-Honoré. Une reproduction stylisée de ce dessin devient définitivement le logo de la maison en 1945.
Hermès s’incarne dans une nuance d’orange vif, énergique, brillante et qui détonne dans le panorama feutré du luxe. Le choix de cette couleur n’est pourtant que le résultat de circonstances fortuites. À l’origine, les boîtes Hermès étaient blanches, puis d’une couleur crème proche de celle d’un cuir naturel. Ces deux couleurs deviennent cependant introuvables lors de la Seconde Guerre mondiale, et la seule teinte dont la manufacture parvient à s’approvisionner est le orange. Appréciée et adoptée, elle habille encore aujourd’hui les boîtes de la maison.
Confection d’un sac sur-mesure Hermès
© Benoit Teillet
Le cuir et la soie sont deux matières particulièrement mises à l’honneur dans les collections Hermès.
Le savoir-faire du cuir est hérité du métier de sellier – harnacheur de la maison parisienne à ses origines. Depuis la fondation d’Hermès, six générations de passionnés transmettent à leurs héritiers le culte de la belle matière et l’amour des beaux objets faits pour durer, conjugués à une volonté constante d’innovation.
Ainsi, en 2017, au terme de cinq années de recherche, avec la complicité d’artisans perfectionnistes – notamment un tanneur anglais au savoir-faire végétal ancestral –, Hermès a ressuscité le mythique cuir de Russie, fidèle à ses qualités et à sa beauté originelle.
La soie Hermès est également un héritage précieusement cultivé : celui des casaques des jockeys. Aujourd’hui, elle est surtout employée pour fabriquer l’iconique foulard carré de 90 × 90 cm qui, depuis 1937, est synonyme de chic à la française pour les femmes du monde entier. Le twill de soie est toujours tissé dans la région Rhône-Alpes et chaque carré, roulotté à la main, nécessite environ 450 km de fil. Ce foulard, devenu un grand classique de la mode, s’orne de motifs graphiques colorés sans cesse renouvelés.
Jan Bajtlik, Carré « Animapolis », 2018
Carré twill de soie • 90 × 90 cm • © Hermès
Parmi la multitude des collections de sacs Hermès, certains sont entrés dans la légende en prenant le nom de leur marraine, comme le sac Kelly ou le Birkin. Dans leurs gènes sont inscrits les caractères qui ont fait la réputation de la maison : un cuir exceptionnel, une élégance indémodable, une solidité à toute épreuve, et le luxe discret de détails raffinés.
Le Kelly
Dans les années 1930, Robert Dumas crée un sac à main à l’esthétique rigoriste, en rupture avec le décoratif en vigueur à l’époque. Conquise, la princesse de Monaco, alias Grace Kelly au cinéma, en commanda une demi-douzaine dans des nuances variées. Mais un jour de 1956, alors qu’elle descend de voiture, le modèle qu’elle porte lui sert de bouclier contre les paparazzi qui la guettent, et devient ainsi le premier garde du corps de son enfant à naître quelques mois plus tard… La photo fait le tour du monde, et le sac trouve son nom de scène. C’est donc sous cette nouvelle identité que le « Kelly » continue son histoire et enrichit sa collection de multiples déclinaisons.
Sac Kelly Sellier 28 version Kellygraphie, Collection Automne/Hiver 2018
© Hermès
Le Birkin
Grand sac fourre-tout souple, le cousin du Kelly a été dessiné en 1984 pour Jane Birkin. L’actrice, qui utilisait un vieux cabas à bout de souffle capable de contenir tous ses indispensables, se plaignit un jour à Jean-Louis Dumas, son voisin d’avion, qu’aucun sac ne lui convenait. Il lui proposa de créer pour elle un sac assez grand pour transporter « sa maison », et assez stylé pour qu’ils en soient tous deux fiers. Une nouvelle icône de la maison était née.
Sac Birkin, Collection Automne Hiver 2018
© Studio des Fleurs / Hermès
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