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Le modernisme viennois est né en 1897 lors de l’exposition de la Sécession, courant artistique qui rêvait d’un art total. Elle réunissait notamment l’architecte Otto Wagner (1841–1918), le peintre Gustav Klimt (1862–1918) et le designer Koloman Moser (1868–1918). La ville leur rend un hommage appuyé tout au long de l’année (à partir du mois de février). Le tissu urbain conserve de nombreux témoignages de leurs interventions. Commencez à midi pile devant le carillon de la Hoher Markt et ses douze personnages dessinés par Klimt, son frère Ernst et Franz Matsch. Puis jetez un coup d’œil aux atlantes de Jože Plečnik sur la façade de la Zacherlhaus (Brandstätte 6), avant de conclure par le pavillon de la Sécession, conçu par Otto Wagner, avec son emblématique couronne dorée et, à l’intérieur, la Frise Beethoven de Klimt. Pour tenir le coup, faites une halte au célèbre stand de saucisses Bitzinger devant l’Albertina !
Gustav et Ernst Klimt, Franz Matsch, Carillon, Hoher Markt
© akg-images / Imagno / Urs Schweitzer
Secession
Friedrichstrasse 12 • www.secession.at
Bitzinger
Albertinaplatz • www.bitzinger-wien.at
Programme de l'année moderniste 2018
Klimt et ses camarades accordaient une grande importance à la décoration murale. Dans le somptueux Kunsthistorisches Museum (dont le cabinet de curiosités a rouvert en 2013 après onze ans de travaux), Klimt a peint les médaillons sur la voûte de l’escalier : observez ces figures féminines inspirées de l’Égypte antique, de la Grèce ou du Quattrocento, dans lesquels on reconnaît clairement sa patte. Après vous être fait un torticolis au nom de l’art (une passerelle sera installée en février à cet effet), réconfortez-vous au café sous un autre plafond vertigineux. À quelques pas de là, la ville a créé le MuseumsQuartier. S’y est notamment installé, dans un parallélépipède blanc et austère – parfait contrepoint aux stucs abondants de l’architecture habsbourgeoise –, le Leopold Museum. Il conserve la bagatelle de 32 Schiele – la plus grande collection au monde. Plus jeune que les autres artistes du modernisme viennois, le peintre est lui aussi mort en cette terrible année 1918, terrassé par la grippe espagnole à l’âge de 28 ans.
Musée Léopold
© MQ
Moins connu que ses pairs, Adolf Loos (1870–1933) est un architecte mythique, ennemi de l’emphase décorative (Ornement et Crime est le titre d’un de ses ouvrages). Il a bâti dans la ville plusieurs boutiques d’une étonnante sobriété, dont le tailleur Knize, un écrin rêvé pour s’offrir un veston : tout est resté en l’état, des placages aux poignées cuivrées des tiroirs. S’il vous reste des fonds après ce pèlerinage, l’étape suivante est tout indiquée : le minuscule Loos Bar, aussi appelé American Bar. Un comptoir, trois alcôves de cuir vert, le portrait de son ami écrivain et noctambule Peter Altenberg, des vitres d’onyx… L’atmosphère est rendue encore plus suggestive par les volutes de cigarettes : à Vienne, on peut fumer dans certains bars en sirotant son G’spritzter, mélange de vin blanc et d’eau gazeuse.
Knize
Graben 13 • +43 1 512 21 19 • www.knize.at
Loos Bar
Kärntner Durchgang 7 • +43 1 512 32 83 • www.loosbar.at
La question des cafés viennois est épineuse. Le célèbre Café Central est évidemment le marqueur de la Belle Époque, avec sa salle au format cathédrale. Dès le matin, les touristes patientent devant : Zweig et Freud auraient-ils encore plaisir à y lire Die Presse ? Préférez donc une alternative, comme le café Prückel, repaire d’étudiants. La décoration actuelle date des années 1950, mais ses volumes témoignent du passé 1900. Mieux encore : le Palmenhaus, installé depuis 1998 dans les serres ouvertes en 1902 pour l’empereur François-Joseph. En sortant, passez voir les papillons dans la serre contiguë puis poussez jusqu’à l’Albertina, qui renferme en son palais une colossale collection de dessins de Schiele, rarement montrés en raison de leur fragilité.
Palmenhaus Café
© Gregor Lechner | phoenics.eu
Café Central
Herrengasse 14 • +43 1 533 37 63 • www.cafecentral.wien
Café Prückel
Stubenring 24 • +43 1 512 61 15 • www.prueckel.at
Palmenhaus
Burggarten • +43 1 533 10 33 • www.palmenhaus.at
Au MAK, découvrez les couverts, la vaisselle, les meubles et les tapis produits par les ateliers Wiener Werkstätte, pionniers du design moderne. Retrouvez-y Josef Hoffmann ou Koloman Moser, deux des figures les plus brillantes du mouvement Sécession, mais aussi Max Laeuger ou Leopold Forstner. Le musée offre des scénographies inventives – notamment à la galerie des chaises, tout en ombres chinoises. Ne manquez pas le carton préparatoire à la frise du palais Stoclet, à Bruxelles, par Klimt. Le café-restaurant Salonplafond mérite une visite, rien que pour ses schnitzels (escalopes panées) et son extraordinaire plafond à caissons.
Attention, il peut être « inférieur » ou « supérieur » : le palais du Belvédère, construit pour Eugène de Savoie au début du XVIIIe siècle, se dédouble… Passez au premier, qui montre des expositions temporaires (récemment une confrontation Vienne-Zagreb), mais n’oubliez surtout pas le second, qui abrite la plus belle collection de Klimt. N’y cherchez plus le Portrait d’Adele Bloch-Bauer I, acheté par le magnat Ronald Lauder après avoir été restitué à ses propriétaires légitimes spoliés pendant la guerre, mais savourez ce qui reste, largement époustouflant : 24 tableaux, dont Judith et Holopherne et le célébrissime Baiser. En sortant, accordez un au revoir ému à Vienne en contemplant les perspectives impeccables des jardins à la française. L’Empire avait de la majesté…
Face Nord du Belvedere
© Belvedere, Vienna
En savoir plus
Paris-Vienne : en route !
Vols directs au départ de Paris, mais aussi de Lyon, Nice, Nantes, Marseille, Toulouse, Bordeaux.
Où se loger ?
Ruby • Lissi Fleischmarkt 19 • +43 1 205 55 180 • www.ruby-hotels.com
Ouvert au printemps dans un esprit bohème (décoration à base de coffres, de raquettes et de vieux téléphones), il partage curieusement l’entrée d’un bureau de poste. Bien placé, non loin de la cathédrale. À partir de 75 € la nuit.
Motel One • Elisabethstrasse 5 • +43 1 585 05 05 • www.motel-one.com
Hôtel design et lumineux, idéalement situé à côté de l’opéra et du café Museum, fréquenté par des générations d’intellectuels. Parfois un peu bruyant, mais ses tarifs sont très convenables. À partir de 80 € la nuit.
Où manger ?
Julius • Meinl Graben 19 • +43 1 532 33 34 • www.meinlamgraben.at
C’est un temple de la gastronomie viennoise. Après avoir examiné les empilements de délicatesses sucrées et salées, prenez une table au premier étage et dégustez un carpaccio ou un parfait à la noix de coco en observant l’animation du Graben, la grande artère chic. Menu à partir de 39 €.
Motto am Fluss • Franz-Josefs-Kai 2 • +43 1 25 255 10 • www.mottoamfluss.at
Il ressemble à un bateau sans en être un, et permet de manger les yeux sur le canal du Danube. Conçu par l’agence BEHF, il vaut pour son design et propose une cuisine internationale (risotto au safran, épaule de veau braisée).
Heuer am Karlsplatz • Treitlstrasse 2 • +43 1 890 05 90 • www.heuer-amkarlsplatz.com
Un restaurant au concept très « locavore » : des accords ont été conclus avec des fermes proches pour la fourniture de filets de truite ou de champignons de couche, qui poussent sur le marc de café fourni par le restaurant ! Déco simple avec bocaux sur des étagères… Plat du jour autour de 15 €.
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