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Lucas Museum of Narrative Art, préfiguration depuis Vermont Avenue
Courtesy Lucas Museum of Narrative Art
Flashback en 2014 : le réalisateur et producteur américain George Lucas et son épouse Mellody Hobson lancent un appel à candidatures pour la conception d’un musée d’art narratif à Chicago. Et MAD Architects, entreprise basée à Pékin, de remporter le concours. Un an plus tard, en raison d’un procès intenté à la Ville de Chicago par une association opposée à la construction du site, le chantier, à peine entamé, est délocalisé en Californie. En lice avec San Francisco, Los Angeles hérite finalement du projet. L’édifice, qui devait ressembler à un volcan immaculé, change alors de forme…
Est-ce un vaisseau spatial, tout droit sorti de la saga Star Wars, ou un nuage ? Ni l’un ni l’autre. L’architecture du Lucas Museum of Narrative Art est qualifiée « d’organique, de sculpturale et de dynamique » par ses équipes. Elle occupe 4,45 hectares, à l’endroit d’un ancien parking, au sein d’Exposition Park (64,5 hectares), quartier peuplé d’institutions culturelles telles que le National History Museum of Los Angeles County ou le California African American Museum. Le bâtiment, qui comprend deux ailes de trois et quatre étages, s’étend sur près de 28 000 m2, dont 9 300 d’espaces d’exposition au total.
Plus de 100 000 pièces devraient s’y voir transférées d’ici l’année prochaine. La plus ancienne, venue d’Égypte, date de 2 200 avant J.-C. Les acquisitions de George Lucas reposent sur le concept d’art narratif, « un art qui raconte des histoires et qui, en convoquant l’imagination, peut transformer notre vision du monde. »
Ralph McQuarrie, Star Wars épisode IV : Un nouvel espoir (R2D2 et C-3PO laisse le module dans le desert), 31 janvier 1975
peinture • Coll. Lucas Museum of Narrative Art, Los Angeles • © ™ Lucasfilm Ltd. 2020 All Rights Reserved
« Nous cherchons à comprendre et expliquer comment les images de masse ont modelé les individus à travers le temps et l’espace. »
Sandra Jackson-Dumont
Outre l’intégralité des archives de Star Wars et Indiana Jones, la collection inclut des fonds précis, celui de l’artiste et activiste américaine Judy Baca et celui de « Separate Cinema » (37 000 objets documentant l’histoire du septième art afro-américain de 1904 à nos jours), ainsi que des œuvres à part entière de Frida Kahlo, Auguste Renoir, Norman Rockwell, dont Steven Spielberg – membre du conseil d’administration de l’institution – s’avère également un fervent admirateur.
Sandra Jackson-Dumont
« Nous ne sommes pas un musée du cinéma. Los Angeles a déjà l’Academy Museum of Motion Pictures qui remplit parfaitement cet office. Nous sommes un musée d’art visuel. Nous cherchons à comprendre et expliquer comment les images de masse ont modelé les individus à travers le temps et l’espace », explique la directrice Sandra Jackson-Dumont, qui sera notre guide durant cette avant-première exclusive.
La visite commence sous l’oculus, puits de lumière en cours de végétalisation, percé au cœur de l’édifice. « J’ai envie que cela devienne un lieu de rendez-vous incontournable », poursuit la numéro 1. Cap sur l’entrée nord où se dressent trois ascenseurs cylindriques en verre. Au rez-de-chaussée, cohabiteront une boutique, un café, deux salles de cinéma de 299 places, et une galerie d’exposition de 930 mètres carrés, dont le parquet fait secrètement office de placard technique.
Préfiguration du hall d’accueil nord du Lucas Museum
Courtesy Lucas Museum of Narrative Art
Au moindre problème, il suffira de soulever une dalle en bois pour accéder à une partie du système électrique : du jamais-vu ! « Watch your step! » (« Attention à la marche ! »), lance Michelle au détour d’échafaudages et de plots bicolores.
« C’est le meilleur endroit pour apprécier l’architecture de MAD. »
Sandra Jackson-Dumont
Direction l’aile sud du musée, laquelle abritera notamment une salle de conférence, des ateliers et des salles de classe. De part et d’autre du lobby, s’élèvent deux escaliers. Michelle nous invite exceptionnellement à emprunter le monte-charge, afin d’atteindre le quatrième et dernier étage qui offre 740 m2 de galeries supplémentaires et, cerise sur le gâteau, une vue spectaculaire sur Los Angeles ! Le fameux Hollywood Sign se profile à l’horizon. C’est ici qu’un restaurant et un espace événementiel accueilleront le visiteur. Au troisième, il sera possible de s’asseoir, de bavarder ou de rêvasser, à l’ombre des plantes vouées à habiller l’oculus. « C’est le meilleur endroit pour apprécier l’architecture de MAD », ajoute Sandra Jackson-Dumont. Les salles d’exposition de 7 600 m2 sont ici délimitées par des murs méandreux qui épousent et reflètent parfaitement les courbes extérieures du bâtiment.
Construction du Lucas Museum of Narrative Art, 31 mars 2023
Photo Hunter Kerhart
Au premier étage, pour ne pas dire au rez-de-jardin, la bibliothèque en forme de fer à cheval et ses impressionnantes baies vitrées donnent directement sur le parc dessiné par Mia Lehrer de Studio-MLA. Planté de 200 arbres, ce vaste espace vert réunira un jardin suspendu, un amphithéâtre en plein air, une prairie, une cascade, des points de rencontre, une fontaine aussi agréable qu’utile, puisqu’elle contribuera à réguler la température du musée. « Ainsi s’achève cette première visite guidée », conclut Sandra Jackson-Dumont, avant de confirmer la date d’inauguration du Lucas Museum of Narrative Art : « Nous devrions pouvoir ouvrir, comme prévu, en 2025 ».
Lucas Museum of Narrative Art
États-Unis
700 Exposition Park Drive • 90037 Los Angeles
lucasmuseum.org
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