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En partenariat avec Institut pour la photographie

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L’Institut pour la photographie de Lille, lieu d’explorations XXL

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Publié le , mis à jour le
Regarder une photographie, c’est évident. Mais la toucher, la sentir, l’entendre… Est-ce possible ? L’Institut pour la photographie de Lille, ouvert en 2019 avec la volonté de décloisonner ses champs d’explorations, le prouve avec pas moins de huit petites expositions entre ses murs. Portrait d’un lieu à la programmation fraîche, transdisciplinaire et profondément généreuse.
Bertrand Gadenne, Les Papillons
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Bertrand Gadenne, Les Papillons, 1988

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Installation avec projection aérienne d’une diapositive • © Bertrand Gadenne

Rue de Thionville, en plein cœur du Vieux-Lille. Classé aux monuments historiques, le bâtiment de l’Institut pour la photographie de Lille a autrefois accueilli une école pour jeunes filles, un lycée, un centre d’information et d’orientation… Et s’il a choisi d’en garder des traces, à la fois sur certains murs non repeints et dans une salle dédiée à l’histoire des lieux, il s’apprête à entrer dans une importante phase de travaux de restauration, prévue pour 2024 et orchestrée par l’agence d’architecture spécialisée en scénographie Berger&Berger. En attendant, il est encore temps de découvrir ses missions, ses envies d’ouverture, son atmosphère chaleureuse et sa programmation exigeante, portée par la Région (une volonté de son président Xavier Bertrand, qui en a fait un axe majeur de sa politique culturelle) ainsi que par les Rencontres d’Arles (Sam Stourdzé, figure historique des Rencontres, fait partie des membres de l’association).

Cédric Gerbehaye, Odyssées et Horizons
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Cédric Gerbehaye, Odyssées et Horizons, 2019

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© Cédric Gerbehaye

Ouvert gratuitement du jeudi au dimanche, l’Institut s’explore aussi bien pour ses expositions que pour son côté lieu de vie, avec ses chaises longues au soleil, sa bibliothèque ouverte à tous, son salon d’accueil et son café, tous deux meublés grâce à un partenariat avec une recyclerie, sa librairie (les livres sont sélectionnés par la librairie du Palais, enseigne arlésienne spécialisée dans la photographie), son photomaton à l’ancienne, sa grande salle dédiée aux jeux d’enfants… En entrant, jetez un œil au tableau noir : les activités du moment y sont annoncées en couleurs. Visites guidées, ateliers pour jeune public, rencontre avec des photographes de la région, « siestes sonores »… En mai, la radio Comala sera en résidence ici et proposera, tous les dimanches, un DJ set en plein air. À venir également : le 10 juin, une brocante photo, et les 17 et 18 juin, un marché aux livres.

Les huit expositions visibles actuellement sont de petit format, et s’étendent sur une salle ou deux, maximum trois. Une première pièce très didactique fait office d’introduction en analysant les différents procédés photographiques inventés depuis le XIXe siècle – avec des daguerréotypes, des tirages papier, des Polaroids… Une piqure de rappel historique, qui s’assortit de deux photographies de Bettina Rheims (née en 1952) et d’une vidéo extraite d’un documentaire d’Agnès Varda (1928–2019) – les deux artistes ayant légué deux importants fonds de photographies à l’Institut. À ces dons, qui constituent les prémices de la collection, s’ajoute celui de Jean-Louis Schoellkopf (né en 1946), dont on découvre à l’étage un bel accrochage de portraits de travailleurs de l’industrie.

Jean Louis Schoellkopf, Les Travailleurs, Mulhouse
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Jean Louis Schoellkopf, Les Travailleurs, Mulhouse, 2022

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©Jean Louis Schoellkopf

Ici, on le comprend vite, chaque exposition fait sens et témoigne des différentes missions que se donne l’Institut (elles sont au nombre de cinq : conservation, diffusion, édition, transmission et soutien à la recherche et à la création, ceci grâce à quatre bourses annuelles dotées de 15 000 euros). Une salle est dédiée à un partenariat avec les écoles d’art de la région, qui y mettent à l’honneur un ou plusieurs de leurs élèves. Dans une boîte noire, un diaporama de photographies prises dans les Hauts-de-France par Harry Gruyaert (né en 1941) saisit le cœur, rythmé par une bande-son mélancolique de Tuur Florizoone. Des vitrines montrent des livres du pionnier William Klein (1926–2022), et rappellent la mission éditoriale de l’Institut.

Harry Gruyaert, Berck plage
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Harry Gruyaert, Berck plage, 2007

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© Harry Gruyaert

À l’étage, une très belle pièce met en lumière le travail récent de Hugo Clarence Janody (né en 1987), jeune photographe lillois invité par l’Institut à effectuer une résidence au sein d’un centre d’accueil de personnes en exil. Il y a produit de délicats portraits, et obtenu de ses modèles qu’ils écrivent des cartes postales pour évoquer par petites touches leur vécu. Quant à Marine Leleu (née en 1993), dernière photographe du parcours, elle est lauréate d’un appel à candidatures initié par l’Institut, « Openfolio », et montre ici des paysages de lisières anonymes, rendus poétiques et évanescents par son utilisation étonnante de l’impression A4.

À gauche : Hugo Clarence Janody / À droite : Hideyuki Ishibashi, Je passe où j’écris / Atlas #6, Metasequoia glyptostroboides
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À gauche : Hugo Clarence Janody / À droite : Hideyuki Ishibashi, Je passe où j’écris / Atlas #6, Metasequoia glyptostroboides, 2022–2023 / 2021

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© Hugo Clarence Janody / © Hideyuki Ishibashi

La jolie idée de cet ensemble d’expositions printanières est, on l’a dit en préambule, de solliciter quatre des cinq sens, et par là prouver les multiples possibles permis par la photographie. C’est la vue, bien sûr, réveillée par les photomontages crayonnés de Katrien de Blauwer (née en 1969), l’odorat, chatouillé par les feuilles de platanes ou de ginkgo biloba collectées par Hideyuki Ishibashi (né en 1986), le toucher, les mains du visiteur étant appelées à effleurer les projections de papillons de Bertrand Gadenne (né en 1951), l’ouïe, bercée par la musique de Tuur Florizoone chez Harry Gruyaert… Et pour le goût, rendez-vous au café !

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