Il est l’homme qui peint avec de l’eau sur des pierres, observant le passage du temps effacer progressivement ses traces. Mais n’allez pas lui parler de minimalisme ! Contrairement à Frank Stella qui affirmait : « Ce que vous voyez est ce que vous voyez », Lee Ufan (né en 1936) veut attirer l’attention sur ce qui n’est pas visible. Car l’artiste sud-coréen aime à faire sentir le vide qui entoure ses touches de peinture sur toile vierge. Idem pour ses installations de pierres sur plaque de verre ou de métal, qui font dialoguer deux états différents d’un même élément minéral. Ses travaux résonnent avec l’espace d’exposition, et instaurent un temps d’imprégnation chez le spectateur. Tout en douceur…
Mises à l’honneur dans une grande rétrospective au Centre Pompidou-Metz, les œuvres de Lee Ufan révèlent différentes réflexions de l’artiste, également critique d’art, au fil des années. Dès la fin des années 1960, il expérimente une méthode de peinture et « sonde l’infini grâce à la répétition », souligne Jean-Marie Gallais, commissaire de l’exposition. Dans les années 1970 arrivent les pierres façonnées par les mouvements de rivière, qu’il met en relation avec différents matériaux manufacturés. Aujourd’hui, et pour la toute première fois, ses installations, peintures et dessins dialoguent avec une bande-son de Ryūichi Sakamoto, compositeur japonais qui enregistre des sons d’objets – sons qui s’invitent dans la perception silencieuse des œuvres de Lee Ufan, et interpellent.
Lee Ufan. Habiter le temps
Du 27 février 2019 au 30 septembre 2019
Centre Pompidou-Metz • 1 Parvis des Droits de l'Homme • 57020 Metz
www.centrepompidou-metz.fr
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