« Leonor Fini, peintre internationale de grand renom, a une passion bien connue : les chats ». Ainsi débute, au son des violons, cet entretien télévisuel réalisé en 1982 au domicile de l’artiste et de ses dix-sept compagnons à quatre pattes, « indispensables pour une vie harmonieuse ».
Née en 1907 à Buenos Aires, d’un père argentin et d’une mère italienne, Leonor Fini a embrassé une carrière d’artiste en Europe. Bien que proche des surréalistes, c’est surtout en solitaire qu’elle a trouvé sa voie. Profondément onirique, son œuvre explore des mondes imaginaires peuplés d’énigmatiques chimères, de silhouettes érotiques, et de chats bien sûr. Un sujet bien difficile à peindre reconnaît-elle (« ils bougent tout le temps »), auquel l’artiste a aussi consacré un livre (Miroir des chats, paru en 1977).
Confortablement installée dans son salon, dans lequel défilent, à pas de velours, Moufti, Beauty, Baphomet ou encore Obéron, la peintre explique que cette passion féline lui vient de l’enfance et se souvient avec tendresse de Ciocci, le chat de sa grand-mère italienne. « J’ai ensuite eu beaucoup d’autre chats, même si petite on ne me permettait pas d’avoir plus d’un chat à la fois », raconte celle qui préside aussi l’Association féline de France. Impossible pour Leonor Fini d’imaginer sa vie sans ses animaux, qu’elle choie comme ses propres enfants : séance de brossage quotidienne, repas à volonté (« la nourriture, ce n’est pas seulement de l’appétit, de la voracité, c’est une aventure qui les amuse beaucoup ! »), airs d’opéra… L’artiste se soucie aussi de leur bien-être par-delà la mort. Dans son testament, elle avait ainsi prévu qu’après son décès ses fidèles félins puissent poursuivre paisiblement leur existence dans son appartement !
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