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LE TOPO

Leonor Fini en 2 minutes

En bref

Peintre d’origine argentine et italienne, installée à Paris dans les années 1930, Leonor Fini (1908–1996) a produit une œuvre fantasque et onirique, où la femme occupe le premier rôle. Amie de Georges Bataille et de Max Ernst, elle a toutefois toujours conservé son indépendance et n’a jamais appartenu au groupe des surréalistes. Mais son goût pour les rêves, l’érotisme, les mythes, la littérature et le théâtre la rapproche de leur univers. Leonor Fini est également une grande portraitiste, mêlant réalisme et imaginaire. Elle cultive une passion pour les créatures fantastiques, mais aussi les chats, compagnons intimes de toute sa vie.

Léonor Fini, Autoportrait au scorpion
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Léonor Fini, Autoportrait au scorpion, 1938

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Huile sur toile • 80,3 × 59,8 cm • Coll. privée • © ADAGP 2023, Léonor Fini Artist’s Estate / Sotheby’s

On a dit d’elle

« Ce que j’aimais chez Leonor Fini était son panache, son élégance, sa liberté d’esprit, sa provocation, sa sauvagerie. » Henri Cartier-Bresson

Sa vie

De l’Argentine à l’Italie

Eleonor Fini est née en Argentine, mais sa mère quitte Buenos Aires pour s’établir à Trieste, d’où elle est originaire, dès la prime jeunesse de sa fille. Le couple parental, en effet, est en conflit. Elle demeure auprès de sa famille maternelle, privilégiée et cultivée. Adolescente, elle se passionne pour la lecture et la philosophie. Renonçant à toute perspective de vie classique, elle envisage d’être peintre dès l’âge de quinze ans.

Une autodidacte pleine d’imagination

La jeune fille a une imagination très féconde, aime se déguiser, est multiple et changeante, fantasque et excessive. Partiellement autodidacte, elle se forme au contact de tout un monde artistique à Trieste et surtout à Milan, où Leonor Fini s’installe à l’âge de 17 ans. Elle peint des sujets historicistes, dans la veine des artistes du Quattrocento qu’elle admire.

L’amie d’Henri Cartier-Bresson

Leonor Fini arrive à Paris en 1931. Elle fréquente la haute société et le milieu surréaliste, liant une profonde amitié avec le photographe Henri Cartier-Bresson, pour qui elle pose. Leonor Fini mène sa propre trajectoire et expose des œuvres très vite remarquées. Adepte de l’écriture automatique et des métamorphoses, elle fascine Georges Bataille, Man Ray et Max Ernst.

Une œuvre érotique et fantastique

L’érotisme est une notion clé dans l’œuvre de Leonor Fini. L’artiste représente très souvent des femmes nues, aux yeux clos, accompagnées de créatures fantastiques. Elle développe une iconographie très particulière, plaçant les hommes dans la position de dominés, asservis à la cruauté ou aux fantasmes des femmes, envoûtantes, ensorcelantes, parfois représentées sous la forme de sphinges.

Portraitiste à Monte-Carlo

Durant la Seconde Guerre mondiale, Leonor Fini s’établit à Monte-Carlo et se rapproche de Salvador Dalí. Elle développe une œuvre importante de portraitiste. En couple avec un diplomate italien, elle s’installe quelques temps à Rome puis revient à Paris en 1950. Elle fait alors une rencontre décisive, l’écrivain polonais Constantin Jelenski, qui devient son compagnon. Les deux hommes et l’artiste forment un « couple » à trois.

Une excentrique dans le Paris mondain

Toujours très excentrique, Leonor Fini cultive les apparitions spectaculaires dans les bals et soirées de la société parisienne des années 1950. Mais elle vit aussi de manière assez retirée, entre Paris, la Corse se passionnant pour la gravure et la lithographie. Elle illustre ainsi des volumes de Cocteau, Jean Genet, le marquis de Sade…

Une passion pour les chats

Leonor Fini s’investit aussi dans la création de décors et de costumes pour le théâtre, peignant moins que par le passé. L’artiste tourne son art vers la célébration du mystère des félins, les nombreux chats qui partagent son quotidien. Ces animaux la fascinent, lui offrent un miroir d’elle-même, profondément solitaire et indépendante. L’artiste décède en 1996 dans un hôpital près de Paris.

Ses œuvres clés

Léonor Fini, Portrait d’enfant
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Léonor Fini, Portrait d’enfant, 1935

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Huile sur toile • 65 × 46 cm • Coll. MAMVP, Paris • © ADAGP 2023, Léonor Fini Artist’s Estate / Paris Musées, musée d’Art moderne, Dist. RMN-Grand Palais

Portrait d’enfant, 1935

Les portraits sont très nombreux dans l’œuvre de Leonor Fini. Elle consacre ce talent autant à des personnalités très en vue, des célébrités, mais aussi à des anonymes. Ce portrait d’enfant est atypique, comme toutes les œuvres de Fini. Triste, songeur ou résigné, il paraît justement comme privé de toutes les joies de l’enfance, de toute légèreté, de tout rêve. Cette œuvre témoigne aussi de la grande culture artistique de Leonor Fini, évoquant la tradition réaliste espagnole du XVIIe siècle.

Léonor Fini, La Bergère des Sphinx
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Léonor Fini, La Bergère des Sphinx, 1941

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Huile sur toile • 46,2 × 38,2 cm • Peggy Guggenheim Collection • © ADAGP 2023, Léonor Fini Artist’s Estate / Peggy Guggenheim Collection, Venice (Solomon R. Guggenheim Foundation, New York)

La Bergère des Sphinx, 1941

Très représentative du style de Leonor Fini, cette œuvre met en scène une forme de Barbarella surréaliste, gardienne d’un peuple de sphinx qui s’avèrent être plutôt des sphinges. Inquiétantes, presque menaçantes pour certaines, elles prennent la position de fauves aux longues chevelures. Le paysage est désolé et jonché d’ossements et de fleurs fanées, comme après un carnage. L’érotisme trouble et étrange qui se dégage de cette œuvre dévoile l’univers onirique très particulier de l’artiste.

Léonor Fini, La grande parade des chats
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Léonor Fini, La grande parade des chats, 1973

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Lithographie • © ADAGP 2023, Léonor Fini Artist’s Estate / Mutualart

La Grande parade des chats, 1973

Comme de nombreux artistes et écrivains (Paul Léautaud, Foujita, Colette…), Leonor Fini est une grande amoureuse des chats. Elle vit avec un nombre considérable de félidés, les observant, les peignant tels des personnages mystérieux. En 1977, Leonor Fini consacre d’ailleurs un livre au thème des chats et préside l’association féline de France. À sa mort, elle demande à ses héritiers de conserver son appartement jusqu’à la mort de son dernier chat.

Par • le 12 juin 2023
Retrouvez dans l’Encyclo : Surréalisme Leonor Fini

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